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Google vous suit à la trace, que vous le vouliez ou non

En 2017, une étude réalisée par l'Université de Yale a repéré des "trackeurs" de localisation, en général publicitaires, sur plus de 75% des applications. | © Unsplash / Timon Studler.

Technologie

À l’ère du smartphone roi, la géolocalisation vous traque toujours plus.

L’action en justice intentée contre Google par Napoleon Patacsil, un homme originaire de San Diego aux États-Unis qui reproche au géant américain de continuer à le géolocaliser contre sa volonté, rappelle que nous sommes suivis à la trace via nos appareils chéris, bien souvent sans le savoir. Une semaine après la publication d’une enquête Associated Press qui révélait que l’entreprise collecte la géolocalisation d’invidus qui ont pourtant désactivé cette option, et confirmée par plusieurs spécialistes, cette plainte est susceptible de se transformer en action de classe, un procédé qui permet à plusieurs personnes de porter une même requête devant la justice. Des millions de personnes pourraient ainsi se joindre à Napoleon Patacsil.

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Petite histoire de la géolocalisation

La géolocalisation est aussi ancienne que l’apparition du téléphone mobile. Avant même l’arrivée des smartphones, il y a plus de 10 ans, il était possible de géolocaliser une personne grâce à son téléphone portable. Afin de fonctionner, le téléphone est sans arrêt en contact avec les antennes relais les plus proches. Or, avec trois bornes téléphoniques, il est possible de localiser l’émetteur d’un appel : c’est ce qu’on appelle la triangulation.

Google vous traque, vous espionne et collecte vos données de localisation pour mieux cibler les contenus publicitaires. © BELGA PHOTO / VIRGINIE LEFOUR

Avec l’apparition du smartphone, la géolocalisation s’est affinée, combinant d’un côté la triangulation via le réseau mobile et de l’autre le GPS (Géo-positionnement par satellite), désormais intégré sur tous les modèles. Dès l’apparition des smartphones, en 2007, avec le tout premier iPhone, la question de la géolocalisation a été intégrée. Et dès 2009, celle-ci fut employée par la plupart des grands acteurs du secteur, Apple, Google, Yahoo! ou Microsoft.

Une surveillance de tous les jours

Mais la géolocalisation est également utilisée par les industriels de la téléphonie. Les opérateurs téléphoniques peuvent potentiellement savoir à tout moment qui est connecté au réseau et où la personne se trouve. En France, par exemple, ils ont d’ailleurs obligation depuis 2006 de conserver un an ces données, en cas d’enquête judiciaire. Les fabricants suivent également le cheminement de leurs appareils.

La géolocalisation est intégrée dans de nombreux usages quotidiens. Via les applications de cartographie, parmi les plus utilisées sur smartphone, mais surtout via une multitude de services : transports avec les sociétés de VTC, livraisons de repas, rencontres amoureuses, etc. Ou même simplement des jeux, à l’image du très populaire Pokemon Go en 2016. Sans oublier le tourisme, avec le développement d’applications permettant de parcourir une ville ou un territoire en découvrant ses trésors cachés.

Attention, de nombreuses applications vous suivent au pas, alors que certaines ne proposent même pas de géolocalisation dans leurs services. © Unsplash / Rami Al-Zayat.

La géolocalisation est évidemment une aubaine pour cibler les contenus publicitaires. C’est la raison pour laquelle, lorsqu’un usager de smartphone voyage à l’étranger, il verra apparaître sur son smartphone des publicités en lien avec le pays où il se trouve.

Trois applications sur quatre vous traquent

En 2014, une étude réalisée par le gendarme français de l’internet, la Commission nationale informatique et liberté (Cnil), et par l’Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria) estimait qu’entre un quart et un tiers des applications téléchargées sur smartphone avaient accès à la localisation de l’appareil. En 2017, une étude réalisée par l’Université de Yale a repéré des « trackeurs » de localisation, en général publicitaires, sur plus de 75% des applications.

De nombreux organismes tentent régulièrement d’alerter sur l’intrusion dans la vie privée que représente ce qu’ils estiment être une traque constante. L’étude réalisée par la Cnil en 2014 soulignait que certaines applications accédaient au positionnement du smartphone plus d’un million de fois durant les trois mois d’étude, soit un accès par minute.

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En juillet dernier, ce sont des chercheurs des Pays-Bas qui ont alerté sur une application de suivi des activités physiques, Polar, permettant de collecter des données sensibles sur des soldats et membres de services de renseignements de 69 pays. L’application a alors désactivé ses fonctions de localisation.

Alerté par des analystes spécialisés, le Pentagone avait lui revu en janvier dernier les règles d’utilisation d’une autre application pour sportifs, Strava, car elle permettait de révéler les mouvements de militaires sur les bases américaines dans le monde.

(Avec Belga)

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