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Facebook va noter votre fiabilité pour lutter contre les Fake News

Les géants du Web, tels Facebook, Google ou Twitter, tentent par tous les moyens de lutter contre la désinformation sur leurs plateformes. | © Netflix, "Black Mirror" / "Nosedive".

Technologie

Facebook a décidé de noter la crédibilité de ses utilisateurs sur une échelle de 0 à 1, au nom de la lutte contre la désinformation et ses responsables. Le problème, c’est qu’il garde son barème secret.

L’apogée du Web 2.0 et des réseaux sociaux a vu apparaître la démultiplication des systèmes de notes. Qu’il s’agisse d’évaluer votre dernier restau sur Yelp, votre chauffeur Uber ou la dernière série que vous regardez sur telle ou telle plateforme, nous pouvons donner notre avis sur presque tout. Et cette fois, c’est l’inverse qui se produit : autrement dit le service qui note ses utilisateurs.

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Lundi 21 août, le Washington Post a publié un article affirmant que Facebook déployait actuellement un nouveau système de notation sur la fiabilité de ses utilisateurs. Le réseau social a déclaré que cet outil visait à combattre les informations mensongères et les faux comptes qui les propagent. Sur une échelle de 0 à 1, vous serez donc jugés plus ou moins dignes de confiance selon votre comportement. Bien que la méthode derrière cette notation reste très floue, Facebook semble s’appuyer notamment sur le fait que certains internautes signalent abusivement des messages comme mensongers.

Un fonctionnement qui reste flou

Interrogée par le Washington Post, Tessa Lyons, cheffe de projet en charge de la lutte contre la désinformation sur le réseau social, a toutefois expliqué une partie du fonctionnement de ce système : « L’un des signaux que nous utilisons est la manière qu’ont les gens d’interagir avec les articles. Par exemple, si quelqu’un a signalé un article comme faux, et qu’un vérificateur indépendant lui donne raison, nous pourrions mieux considérer les futurs signalements de cette personne, par rapport à quelqu’un qui passe son temps à dénoncer la véracité d’articles sans discernement, alors que certains sont vrais. »

(La semaine dernière, 652 comptes Facebook provenant de Russie et d’Iran ont été liés à des campagnes de désinformation et ensuite supprimés)

Parmi les différentes mesures prises par Facebook pour lutter contre les fausses informations après la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis, le réseau social offre désormais à ses utilisateurs la possibilité de signaler des contenus qui leur semblent mensongers. Mais certains utilisateurs abusent du système. « Si les gens ne signalaient que des choses [réellement] fausses, le travail serait tellement facile, lance Lyons dans le Washington post. Les gens signalent souvent des choses avec lesquelles ils ne sont pas d’accord, pas plus. »

Le pouvoir de l’algorithme

Grâce à sa nouvelle technique d’analyse, le réseau social semble désormais mieux armé contre les contenus nocifs. Reste qu’il se garde bien de dévoiler les variables exploitées par son outil. Ce nouveau système de notation est loin d’être le seul critère sur lequel se base Facebook pour déterminer la crédibilité des utilisateurs. Et les autres paramètres restent indéterminés, tout comme l’utilisation que fait la firme de ce score et le nombre de personnes concernées par cette notation.

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Les géants du Web, tels Google ou Twitter, tentent par tous les moyens de lutter contre la désinformation sur leurs plateformes. Facebook propose ici une solution dont on verra les effets futurs. Mais un bémol subsiste et ne plaira pas à tout le monde : l’idée d’être jugé et noté par un algorithme, qui n’est pas des plus rassurantes.

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