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Nintendo Switch : plaisirs partagés

La Switch doit faire oublier l'échec de la Wii U. | © AFP PHOTO / TOSHIFUMI KITAMURA

Technologie

Après l’échec cuisant de sa console Wii U, Nintendo se devait de retrouver des couleurs. Et si tout se passe comme prévu, l’été sera chaud pour le géant de Kyoto, du moins on lui souhaite…

 

Par faute d’un concept fumeux et d’une communication catastrophique, Nintendo s’est épuisé à clamer des années durant que sa Wii U n’était ni une tablette, ni un bonus de la Wii. Il y a deux ans déjà, à propos de sa console de salon, le papa de Pokemon faisait son mea culpa et l’autocritique de sa machine équipée d’un second écran à même la manette.

« Nous nous sommes rendu compte qu’avoir quelque chose sur le GamePad et faire des aller-retours de l’écran de la télévision au GamePad perturbait la concentration du joueur et son expérience du jeu. Le système GPS de voiture est sur votre tableau de bord, s’il est sur vos genoux, vous courez à l’accident »

Très loin du succès de la Wii (plus de 100 millions d’exemplaires), la Wii U plafonnait à 13 millions d’unités écoulées. Mais est-ce étonnant lorsqu’on connait le nombre de « vieilles » Wii qui trainent encore dans les foyers ? Sans être officiellement abandonnée, le futur de la Wii U s’assombrissait alors qu’un projet, objet de tous les phantasmes, nommé « NX » se dessinait. Conscient que, pour protéger sa console portable 3DS, il avait délaissé trop longtemps le marché des tablettes et smartphones, Nintendo préparait sa revanche sous l’œil terriblement inquiet de ses fans les plus conservateurs.

Ceci n’est pas une tablette

Switch pas de main, je sens que ça vient !

Pour la sortie de sa nouvelle console, forcé de réussir son pari, le géant de Kyoto écarte tout malentendu possible en baptisant sa nouvelle machine d’un nom inédit et sans équivoque, la Switch. Basée sur un concept une nouvelle fois alambiqué, la Switch est une console à la fois nomade et sédentaire, comprenez qu’elle pourra s’emporter loin du canapé, telle une tablette qu’on aurait affublée de boutons. Et si des amis viennent à s’inviter dans la partie, les manettes détachables de cette petite merveille d’ingéniosité permet d’accueillir jusqu’à huit jouteurs, avec ou sans écran de télévision.

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Trop hybride pour être pratique ? Eh bien non car, ici encore, Nintendo a revu sa copie et rend l’approche pratique de sa Switch très intuitive. Là où la configuration des accessoires de l’illustre Wii relevait des études polytechniques, les nouvelles Joy-Cons (le nom donné aux manettes) s’emboitent et se déboitent sans qu’on ait à se soucier des conséquences. Toutefois, si la sobriété de l’interface n’a d’équivalent que l’intuitivité de sa prise en main, toute les tailles de main ne seront pas égales face à l’ergonomie des commandes. À ce petit point faible, Nintendo trouve la parade en proposant une manette Pro dédiée, plus grande, plus confortable mais en option du prix relativement élevé de 299 euros pour une Switch. Si à cela, on ajoute une housse de protection, la dite manette Pro et un jeu, la note peut s’en retrouver sensiblement alourdie.

Un concept, une console, mille possibilités

 

Dans sa version 100% portable, c’est loin de son dock d’accueil que ce nouveau complice vidéoludique vous fera vivre la grande aventure et ponctuer vos ennuyeux trajets en transports en commun. Switch en poche, il sera possible de profiter de son écran d’une hallucinante qualité durant environ trois heures. Attention toutefois, si la Switch est une console de nouvelle génération, elle n’a pas le répondant technique de ses concurrentes (Playstation 4, XBoxOne) et on s’étonnera parfois des écarts de qualité d’affichage entre l’écran de votre console et celui de votre salon, notamment pour les jeux exigeants en graphisme. En d’autres termes, si l’image de l’écran dans sa version portable ravit la rétine, son report sur écran de salon, par manque de définition, pique parfois l’œil.
Malgré ce défaut, la Switch envoie la Wii U aux oubliettes et devrait apporter à Nintendo ce vent de succès qui le boude depuis de longues années.

Zelda et puis c’est tout ?

Comme toutes les consoles balbutiantes, la Switch souffre du manche de richesse de son catalogue. Si historiquement, elle a toujours apprécié marcher seul et créer son propre contenu, la marque Nintendo, comme elle a revu sa position sur le jeu mobile, a aussi réévalué l’opportunité de s’ouvrir aux éditeurs tiers et aux indépendants. Cela permet ainsi à la Switch de prendre son envol avec un line-up moins ridicule que prévu avec par exemple l’apport d’un Just Dance ou le renfort des Skylanders, si chers à nos têtes blondes. Arriveront ensuite les Fifa, NBA2K et autre Minecraft pour prouver la détermination d’ouverture du géant nippon.
Pour les sorties exclusives à Nintendo, voici le programme dans l’ordre :

The Legend Of Zelda : Breath Of The Wild (3 mars également sur Wii U)

Attendu comme le messie, c’est pourtant un Link endormi et amnésique qu’on retrouve au début de cette aventure, une vieille habitude mêlée à celle de se perdre dans des donjons dont il est toujours compliqué de s’extraire. Mené par Eiji Anonuma et Shigeru Miyamoto, ce nouveau Zelda est le Graal que les fans attendaient depuis « Ocarina Of Time ». En long et en large très vite sur le site.

 

 

1 – 2 – Switch (3 mars)

Composés de petits jeux allant de la traite de vaches au duel de cowboy, le concept 1-2-Switch permet de se familiariser avec la Switch et ses Joy-Cons et de découvrir la fameuse notion de « vibration HD », certes assez bluffant. Pour une durée de vie d’environ 28 minutes, ce titre mériterait d’être offert avec la console plutôt que d’être vendu séparément.

 

 

Mario Kart 8 Deluxe (avril 2017)

Rien de plus qu’une version augmentée du Mario Kart 8 que l’on connaît déjà. Destiné à ceux qui avaient boudé la Wii U

 

 

 

Arms (printemps 2017)

Inspiré du mythique Punch Out, Arms permettra de boxer en toute décontraction dans son salon. Coloré, fun et terriblement bordélique.

 

 

 

 

Splatoon 2 (été 2017)
Seul véritable succès de la Wii U, Splatoon s’offre une suite, on l’espère innovante, pour notre plus grand plaisir. À nous les batailles de peinture en bandes tout à fait désorganisées !

 

 

 

Super Mario Odyssey (hiver 2017)

Un jeu qu’on aime déjà pour le plaisir de parcourir le monde avec notre plombier préféré, pour la joie de découvrir un nouvelle aventure de plate-forme en 3D et cerise sur le gâteau, pouvoir utiliser la casquette de Mario comme arme de destruction ludique.

 

« Le concept perturbait la concentration du joueur » : Eiji Aonuma, producteur de Zelda.

 

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