Paris Match Belgique

Instagram, plateforme privilégiée de l’extrême droite ?

Instagram

Le #Soros, du nom du financier milliardaire américain et juif d'origine hongroise, est régulièrement utilisé pour partager du contenu d'extrême droite. | © Luke van Zyl / Unsplash

Technologie

Alors que la plupart des réseaux sociaux tentent de bannir les contenus inappropriés, des utilisateurs connus pour leurs idées d’extrême droite, les contenus violents, antisémites et complotistes continuent de prospérer sur Instagram. 

 

Le climat de violence ambiant et la responsabilité portée par ces les réseaux sociaux dans celui-ci a poussé Facebook et Twitter à prendre des mesures drastiques contre les porteurs de messages de haine. Face à cette problématique – révèle le média Slate – Instagram semble faire figure d’exception. En dépit de son image plutôt lisse, le réseau serait même devenu un des terrains d’expression privilégié par les extrêmistes. Ainsi, Alex Jones, un conspirationniste connu pour nier l’existence de la fusillade de l’école Sandy Hook, a été banni de presque tous les réseaux sociaux, mais possède toujours un compte Instagram sur lequel il est suivi par plus de 230 000 personnes.  Milo Yannopoulos, persona non grata sur Twitter, est suivi par  400 000 personnes sur Instagram, et ses publications sont régulièrement au centre de polémiques. Après l’affaire des colis piégés visant CNN, il s’était notamment désolé du fait que les bombes n’avaient pas explosé. L’ire publique qui s’en était suivi avait forcé l’application à censurer la publication.

Lire aussi > Quand les mouvements suprémacistes blancs utilisent les sports de combat comme moyen de recrutement

Antisémitisme, complotisme

George Soros
George Soros ©  EPA/Zsolt Szigetvary

Même si elles ont été depuis supprimées, de nombreuses théories complotistes et antisémites ont été partagées avec le hashtag #Jewsdid911. Le #Soros, du nom du financier milliardaire américain et juif d’origine hongroise, est régulièrement utilisé pour partager du contenu d’extrême droite. D’autre part, souligne encore Slate, des hashtags tels que #georgesorosmustdie, #georgesorosnazi ou #georgesorosisaterrorist, sont peu utilisés mais extrêmement bien référencés puisqu’ils apparaissent immédiatement en suggestion en tapant le nom du milliardaire. Sans oublier la présence de #georgesoroscaravan, encourageant la théorie complotiste selon laquelle les migrants de la caravane viennent grâce à des fonds offerts par le magnat de la finance. Une théorie qui avait, notamment, convaincu le tueur de Pittsburgh. Le constat est interpellant, Instagram étant censé être soumis aux mêmes règles de censure que Facebook. Le géant du web se montre-t-il plus laxiste avec la plateforme de partage de photos, ou manque-t-il (de nouveau) – de moyens pour la contrôler ?

Lire aussi > Fusillade à Pittsburgh : Trump a-t-il une part de responsabilité dans cette attaque antisémite ?

CIM Internet