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La 3G débarque enfin à Cuba… Mais à un prix inaccessible pour les Cubains

30 dollars pour 4 gigabites... Or le salaire moyen à Cuba, pour les employés publics est de 30 dollars ! | © Photo by YAMIL LAGE / AFP

Technologie

Cuba est devenu l’un des derniers pays au monde à activer l’internet sur les téléphones mobiles, une mesure très attendue par les habitants, mais beaucoup d’entre eux n’auront sans doute pas les moyens de se payer ce service.

 

Le service est proposé aux clients de l’entreprise publique de télécommunications Etecsa dont le numéro commence par 52 et 53. Les autres numéros devant être progressivement connectés dans les prochains jours.

Dans une rue de La Havane, Idalmis Mendoza, employée d’un bureau de change, confiait sa frustration: « Les prix sont un peu élevés, mais bon, peut-être qu’avec le temps, s’il y a beaucoup de connexions, ils pourraient baisser ».

« Internet, à Cuba, c’est pour les gens qui ont de l’argent, car ceux qui n’en ont pas ne peuvent pas beaucoup se connecter », a renchéri Hector David, 28 ans, content toutefois de la connexion « rapide, très rapide, presque trop rapide je dirais ». Le tarif est de 10 centimes de dollar par mégabyte, avec des forfaits allant de 7 dollars pour 600 MB à 30 dollars pour 4 GB.

Or le salaire moyen à Cuba, pour les employés publics – une grande majorité de la population active -, est de 30 dollars par mois. Mais étonnamment, 5,3 millions de lignes de téléphone mobile sont déjà activées sur l’île, sur une population de 11,2 millions d’habitants.

Les Cubains sont très demandeurs de connectivité

Photo by YAMIL LAGE / AFP

« Nous continuons d’avancer dans l’informatisation de la société », s’est félicité sur Twitter le président Miguel Diaz-Canel, qui avait profité de son déplacement en septembre à New York, à l’occasion de l’assemblée générale de l’ONU, pour rencontrer les dirigeants de plusieurs géants de l’internet comme Google, AirBnB et Twitter. Le président, qui a succédé en avril à Raul Castro, était devenu début octobre le premier chef d’Etat cubain à ouvrir son compte Twitter, et depuis une dizaine de ministres de son gouvernement l’ont imité.

Cuba, soumis à un embargo économique des Etats-Unis depuis 1962, avait signé fin 2016 un accord avec Google pour une connexion plus rapide aux contenus en ligne du géant américain.
L’accès à internet reste pourtant très limité, lent et d’un coût élevé à domicile. La plupart des habitants n’ont donc pas d’autre choix que de se connecter aux quelque 1 200 points wifi publics, au prix d’un dollar par heure. Il existe aussi 670 cafés internet, selon les chiffres officiels.

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Et la demande est forte, dans le pays: plus de deux millions de Cubains vivent à l’étranger et leurs familles veulent pouvoir rester facilement en contact avec eux. Le prix n’est pas le seul facteur à entrer en ligne de compte. Il y a aussi l’aspect technologique de la nouvelle offre. Internet sur le mobile « est une bonne option, mais il faut qu’Etecsa ait vraiment les capacités techniques pour fournir un service stable, contrairement à ce qui s’est passé lors des essais, qui ont saturé les serveurs », selon Enrique Rivero, ingénieur informatique.

Etecsa avait effectué ces derniers mois plusieurs tests de la 3G, perturbés de son propre aveu par « des difficultés de connexion et un encombrement important des services de voix et données, en raison de l’instabilité d’une partie du réseau ».

Avec Belga.

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