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Les Belges sont en faveur des robots et de l’intelligence artificielle mais s’en méfient aussi

Les Belges sont sceptiques et craignent surtout pour leur avenir professionnel. | © Photo by Philippe LOPEZ / AFP

Technologie

Pas moins de sept Belges sur dix se disent en faveur de ces technologies ressort-il d’une enquête menée par la Vrije Universiteit Brussel (VUB) auprès de 1.000 Belges autour des technologies intelligentes dans la vie quotidienne.

 

Cette étude s’inscrit dans le cadre de la sortie du livre Homo Roboticus, présenté ce jeudi 07 févrieri à la Monnaie par des professeurs de l’université. Pourquoi les Belges jugent favorables les robots et l’IA ? Car ils peuvent effectuer des tâches routinières au travail ou à la maison. La plupart des répondants à l’enquête (8 sur 10) estiment même que les robots sont nécessaires pour assumer des tâches trop dangereuses ou trop lourdes pour l’homme.

Cependant, les Belges sont également sceptiques et craignent pour leur avenir professionnel.  Plus de la moitié des sondés estime qu’un robot peut faire son travail et deux personnes sur trois pensent, qu’avec les robots et l’IA, il y aura plus de jobs qui disparaîtront que de créations d’emplois. Cette dualité fait partie intégrante des débats autour de l’émergence de l’intelligence artificielle…

« C’est contradictoire car les gens craignent pour leur propre travail, mais beaucoup pensent aussi qu’il y a des avantages, comme pour le ménage ou les travaux ennuyeux. La sensibilisation est très importante pour apprendre à saisir les opportunités et les dangers, et mettre en place les bons modèles économiques« , explique Bram Vanderborght, professeur de robotique à la VUB.

Boom des des enceintes intelligentes en Belgique ? Une question de temps…

Récemment, le cabinet d’audit et de conseil Deloitte, dans son rapport annuel sur les prévisions en matière de technologie, médias et télécommunications, expliquait que 2019 sera l’année de la 5G, de l’impression 3D et des enceintes intelligentes. Selon les estimations de Deloitte, les appareils comme Google Home et Amazon Alexa devraient générer quelque 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans le monde cette année, soit près de deux fois plus qu’en 2018. « En Belgique, ces équipements restent marginaux pour l’instant: seuls 3% des Belges utilisent un haut-parleur intelligent. Mais 26% des Belges utilisent des assistants vocaux sur leur smartphone et un quart d’entre eux le font quotidiennement. Il ne s’agit donc que d’une question de temps », constate Deloitte. Dans le monde des affaires, Deloitte prévoit que les entreprises feront de plus en plus appel à des logiciels et services d’intelligence artificielle en cloud (informatique en nuage).

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Explosion mondiale des inventions

Photo by DAVID MCNEW / AFP

Les Nations unies ont indiqué début février que les demandes de brevets en rapport avec l’intelligence artificielle, ou l’IA, ont bondi ces dernières années, la majeure partie ayant été publiées depuis 2013. Les nouveaux chiffres publiés par l’Organisation de la propriété intellectuelle (Ompi), une agence spécialisée de l’ONU, font état de la récente augmentation massive des inventions fondées sur l’IA.

« Nous pouvons nous attendre à un nombre considérable de nouveaux produits, applications et techniques fondées sur l’intelligence artificielle qui changeront notre vie quotidienne, et qui façonneront également la future interaction humaine avec les machines que nous avons créées », a déclaré le directeur général de l’Ompi, Francis Gurry. L’IA est la science dont le but est de faire exécuter par une machine des tâches que l’homme accomplit en utilisant son intelligence et ses capacités cognitives.

Grâce à de récentes avancées technologiques, les algorithmes, autrefois simples exécutants, ont acquis une certaine indépendance et décident par eux-mêmes des actions pour atteindre leur objectif. L’IA fait désormais partie de notre vie quotidienne: des smartphones aux cyber-assistants, en passant par les véhicules autonomes, par exemple. Elle est aussi utilisée par les militaires et en médecine. La police en étudie aussi l’utilité dans son travail de terrain au quotidien.

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Selon l’étude de l’ONU, les demandes de brevets en lien avec l’IA représentent environ 0,6% de toutes les demandes, mais ce pourcentage devrait évoluer. L’étude révèle aussi que 26 des 30 principaux déposants de demandes de brevet dans le domaine de l’IA sont des entreprises, les quatre autres étant des universités ou des organismes de recherche publics.
IBM détenait le plus grand portefeuille de demandes de brevet dans le domaine de l’IA avec 8.290 inventions à la fin de 2016, suivie de Microsoft, avec 5.930 inventions. Viennent ensuite Toshiba (5.223), Samsung (5.102) et NEC (4.406). Quant aux Chinois, ils représentent 17 des 20 principales universités ayant déposé des demandes de brevet dans le domaine de l’IA.

Avec Belga. 

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