Au Japon, des taxis scannent votre visage pour vous proposer des publicités ciblées

Au Japon, des taxis scannent votre visage pour vous proposer des publicités ciblées

japon taxis

Image d'illustration. | © Unsplash / Dan Freeman.

Technologie

Un système de reconnaissance faciale incrusté dans le siège avant qui pourrait devenir le nouveau fantasme de tous les publicitaires.

Combien de fois n’avez-vous pas déjà atteint ce point de non retour lorsque, au détour d’une page web, vous vous apercevez que toutes les publicités que vous voyez sont le fruit d’une surveillance. Une petite recherche sur le coût des billets d’avion pour s’envoler à Marrakech et hop, voilà que tout le Web ne vous parle plus que des vols Marrakech. On appelle ça du data marketing, autrement dit un procédé bien rôdé où vos données sont collectées pour vous proposer un contenu hyper ciblé. Attention, vous n’avez encore rien vu, le turfu s’annonce bien pire. Et c’est au Japon que les publicitaires / ingénieurs de demain testent des solutions un brin flippantes.

Lire aussi > En Chine, l’équivalent de Airbnb utilise la reconnaissance faciale

Big Brother

Un bon paquet d’entre nous peuvent maintenant débloquer leur téléphone grâce à la reconnaissance faciale. Pratique, direz-vous, mais celle-ci pourrait aller bien plus loin et faire de nous des profils clients juste en fonction de notre âge ou de notre sexe. Imaginez-vous, assis tranquillement sur la banquette arrière d’un taxi, et d’un coup être scanné par une tablette incrustée dans le dossier du siège avant, dotée d’une caméra et d’un système de reconnaissance faciale afin de personnaliser les publicités qui défilent sous vos yeux. 

taxis reconnaissance faciale
Capture d’écran (dena-taxiad.jp).

Mise au point par la société japonaise de services mobiles et électroniques DeNA, cette technologie, baptisée Premium Taxi Vision, est mise en service depuis le début de l’année dans 8000 taxis roulant dans plusieurs villes de l’archipel, nous apprend focuSur.

Pas de données récoltées, vraiment ?

Les données établissant le profil du passager sont automatiquement envoyées et traitées par l’agence de publicité nippone Geniee, qui diffuse alors une publicité adaptée en haute définition. L’objectif est, d’après DeNA, d’assurer aux passagers « une expérience plus confortable ».

Un procédé qui n’a pas manqué de faire réagir. Rosa Golijan, une ingénieure spécialisée dans la protection de la vie privée chez Google, a diffusé une photo de la tablette en question. On peut y lire une explication de son fonctionnement, qui précise que « ni la tablette, ni le serveur ne conservent la data récoltée ».


Le site de DeNA se veut d’ailleurs rassurant : « Nous accordons la plus grande importance au respect de la vie privée des clients ». Il précise également que le système de reconnaissance faciale utilisé ne permet pas d’identifier le nom des passagers. Et que ces derniers ont la possibilité de désactiver le ciblage publicitaire s’ils le souhaitent.

Lire aussi > L’amour sous algorythme : Comment Tinder manipule vos rencontres

Quelques garanties qui ne nous empêchent pas d’être un peu sceptiques face à ce nouveau type de ciblage hyper intrusif. Le futur s’annonce d’ores et déjà comme l’ère de la reconnaissance faciale. Pour le meilleur, et surtout pour le pire.

CIM Internet