Paris Match Belgique

L’intelligence artificielle, nouvelle arme d’Amazon pour licen­cier ses ouvriers

amazon

Image d'illustration. | © Unsplash / Rohan G.

Technologie

D’après des documents obtenus par le média américain The Verge, Amazon utilise un dispositif automatique pour connaître le taux de productivité de ses employés, et licencier les moins performants.

Amazon surveille décidément ses employés de très près. Le média américain The verge a dévoilé ce jeudi comment le géant américain scrute ses employés avec des systèmes spécialement conçus pour non seulement les épier, mais aussi évaluer leur productivité, voire de décider de leur licenciement de manière automatique. Les employés sont constamment sous le contrôle de dispositifs qui « génèrent des messages d’alerte en cas d’arrêt de travail ou de baisse de productivité sans l’intervention d’un superviseur humain ».

Lire aussi > Polémique autour de l’idée d’un bracelet électronique pour les salariés d’Amazon

Certains salariés évitent même les pauses toilettes

Dans les faits, le dispositif se base sur le nombre de paquets scannés. Si jamais un employé arrête trop longtemps de s’occuper des colis, le système génère un avertissement qui, dans le pire des cas, peut aboutir à un licenciement. The Verge rapporte même que certains salariés évitent les pauses toilettes pour garder un taux de productivité élevé. D’après les documents rassemblés par le média américain, Amazon aurait ainsi licencié des « centaines » d’employés dans un seul entrepôt entre août 2017 et septembre 2018. Le motif ? Ils n’auraient pas atteint les quotas de production, qui peuvent atteindre 100 paquets par heure, toujours selon le média spécialisé.


Ce n’est pas la première fois qu’Amazon est critiqué pour les mauvaises conditions de travail imposées à ses employés ou personnes travaillant pour son compte. En France, des enquêtes de Libération ont déjà révélé la pression dont font l’objet les livreurs de colis.

Lire aussi > Comment Amazon s’en met plein les poches grâce à ses consommateurs ivres

Aux États-Unis, Bernie Sanders, sénateur et candidat pour l’élection présidentielle américaine de 2020, avait également dénoncé l’exploitation des employés d’Amazon en 2018. Sous la pression de l’homme politique, le PDG du géant américain, Jeff Bezos, avait finalement accepté d’augmenter le salaire minimum de tous ses travailleurs américains. Alors qu’il est actuellement de sept dollars et vingt-cinq centimes sur tout le territoire, il a plus que doublé pour atteindre les quinze dollars pour les salariés américains d’Amazon.

CIM Internet