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Le mariage de Proximus et d’Orange, cela va changer quoi concrètement pour l’utilisateur ?

La 5G est un gros enjeux pour les opérateurs télécoms en Belgique. | © Photo by Tolga Akmen / AFP

Technologie

Ce mariage est un gros coup de semonce sur le marché des opérateurs télécoms belges. Que se cache-t-il derrière cette alliance ? 

 

Par L.Dp

Le communiqué est tombé ce jeudi 11 juillet, jour de la fête de la communauté flamande. Proximus et Orange Belgium ont signé un document en vue de conclure un accord de partage du réseau d’accès mobile d’ici la fin 2019. Une co-entreprise, détenue à 50% par chacun des deux opérateurs télécoms, sera créée. Cette démarche vise à permettre aux deux entreprises de répondre à la demande croissante des clients en matière de qualité de réseau mobile et d’une meilleure couverture intérieure. Cela permettra également un déploiement plus rapide et plus complet de la 5G en Belgique.

Il faut d’abord voir ce rapprochement, ce mariage de raison en réalité, comme une première « attaque » dans la guerre de la 5G qui se profile. Et ce n’est sans doute pas fini. Comme on le sait probalement déjà, ce mouvement implique presque de facto un rapprochement Telenet-Voo, les autres opérateurs sur le marché belge. Et cela malgré l’annonce faite dans la foulée ce vendredi selon laquelle Telenet souhaite discuter avec Orange et Proximus de la possibilité de prendre part au projet d’accord de partage du réseau d’accès mobile. La g, les opérateurs vont devoir casser leur tiire-lire pour la développer. C’est très cher.

Stratégie et répercussions

Ce projet est donc avant tout stratégique pour tenter d’être numéro un sur une technologie qui va bousculer le mode de consommation mobile.

Dans un premier temps, cela devrait permettre une couverture plus large sur le territoire national. C’est évidemment un solide argument de vente que celui d’offrir du bon réseau partout ou presque partout chez nous.

Dans un second temps, malgré un investissement de départ qui s’élèverait à quelques 140 millions d’euros, l’opération devrait permettre aux deux opérateurs de réaliser de belles économies. Proximus estime ainsi que la coentreprise lui permettrait de réaliser des économies annuelles de 35 à 40 millions d’euros d’ici 2024. Chez Orange, comme le détaille La Libre, on parle de 300 millions d’euros économisés en 10 ans. Comment ? En diminuant les frais de location, d’énergie, de réparation et de maintenance mais aussi grâce la baisse des investissements pour le déploiement de la 5G, les nouveaux sites et les déménagements de sites.

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Développer un réseau 5G implique de gros frais pour les opérateurs. ©Belga

Dans un troisième temps, cette réduction de la consommation totale d’énergie d’environ 20%, comparable à la consommation de 10.000 ménages en Belgique va rendre les coûts de gestion et d’entretien du réseau moins élevés. Une bonne nouvelle pour la facture consommateur final ? A voir… Pour Test-Achats, en tout cas, la réponse au stade actuel est plutôt non.

Et pour la vitesse de téléchargement mobile ? L’utilisateur va-t-il profiter du mouvement ? A priori, rien ne change. Chez Proximus, on explique que les backbones (coeur du réseau) restent indépendants. Chacun les siens. Ce sont les antennes et pylônes qui vont être mutualisés.

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Enfin, le journal L’Echo rappelle que ce type de joint venture existe déjà dans d’autres pays comme au Royaume-Uni et en Espagne, où Vodafone s’est associé avec un certain… Orange. Et l’Etat belge ne devrait pas sortir perdant de ce rapprocheùent puisque Orange et Proximus resteront concurrents. Il y aura donc deux licences 5G a payer !

Avec Belga. 

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