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Quand la réalité virtuelle permet (aussi) de s’entraîner à licencier des employés

réalité virtuelle

Image d'illustration. | © Pexels

Technologie

Les simulateurs ne sont pas réservés aux pilotes. Désormais, même les responsables de ressources humaines en ont.

Licencier un employé en douceur n’est pas une tâche aisée. C’est pourquoi l’entreprise Talespin spécialisée dans l’application de la réalité virtuelle, a tenté de la rendre plus facile, en intégrant cette technologie dans la formation du personnel. Longtemps présentée comme l’avenir du divertissement, comme le souligne Slate, la VR brille désormais dans le domaine professionnel.

En plus d’apprendre aux employés à effectuer des tâches dangereuses sans se blesser, Talespin offre de la visualisation de data en 3D, mais aussi des simulations de relations sociales grâce à ce qu’elle appelle ses « humains virtuels ». C’est ainsi qu’elle a créé Barry, un personnage conçu pour réagir à l’annonce de son licenciement. Entièrement modélisé en 3D, il peut comprendre ce qu’on lui dit et adapter ses réactions au discours du patron. Si l’utilisateur est trop rude, Barry peut éclater en sanglots, mettre sa tête entre ses mains, se mettra à pleurer ou bien s’énerver et hurler. Au contraire, s’il est renvoyé en douceur et en finesse, sa réaction sera plutôt calme et silencieuse.

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Soft skills

Selon Talespin, ce programme vise à aider les cadres à développer leurs « soft skills », leurs compétences relationnelles de plus en plus convoitées en entreprise. Outre le licenciement en douceur, il peut également faire passer des entretiens d’embauche, évaluer des performances, ou encore identifier les meilleures pratiques de diversité et d’inclusion. La prestation peut ensuite être observée et commentée par ses collègues ou sa direction.

Même si son apparence est convaincante, l’efficacité de Barry est atténuée par son manque de réalisme. Le fait qu’il se contente de suivre un script rend les interactions peu naturelles. Selon Slate, ce n’est pas plus mal. Se confronter un nombre illimité de fois à une telle situation de manière réaliste pourrait être un bon moyen de désensibiliser les employeurs.

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