Paris Match Belgique

Une appli luttant contre les mutilations génitales féminines en course pour le Prix Sakharov

mutilation

Au Kenya, une femme sur cinq a été victime de mutilations génitales féminines. | © Facebook / Restorers @iCutApp

Technologie

Cinq étudiantes kényanes ont mis au point une application pour aider les jeunes filles à faire face aux mutilations génitales féminines.

 

Trois finalistes ont été désignés ce mardi 8 octobre pour le Prix Skharov 2019. Le Parlement européen a créé cette prestigieuse récompense il y a 31 ans pour récompenser les personnes qui se sont engagées pour la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Lire aussi > Together With Girls : Le clip choc et puissant qui dénonce les mutilations génitales féminines

Parmi les finalistes, le très connu Chef Raoni éclipse (presque) à son insu les autres prétendants. On retrouve aussi « The Restorers », un groupe de cinq étudiantes kényanes qui ont mis au point une application pour aider les jeunes filles à faire face aux mutilations génitales féminines (MGF). L’Organisation Mondiale de la Santé a reconnu dans la fin des années 1980 « les MGF comme une atteinte aux droits humains ». Plus de 200 millions de filles et de femmes – actuellement en vie – ont été victimes de ces mutilations, établie l’Unicef.

Une femme sur cinq au Kenya a été victime de mutilations génitales

L’application mobile i-Cut a pour mission de mettre fin à l’excision, c’est-à-dire l’ablation du clitoris, comme l’expliquait déjà TV5 Monde en août 2017, au moment du lancement de cette application. Stacy Owino, Cynthia Otieno, Purity Achieng, Mascrine Atieno et d’Ivy Akinyi ont eu l’idée de créer cette appli afin d’aider les jeunes femmes à trouver de l’aide dans un centre de secours, ou d’alerter les autorités. Âgées de 15 à 17 ans à l’époque du lancement, ces jeunes kényanes racontaient être touchées de près par l’excision.

Lire aussi > Au Kenya, des ados créent une application pour lutter contre l’excision

« Nous étions très proches, mais après qu’elle se soit faite coupée, elle n’est jamais revenue à l’école » raconte Purity Achieng à propos d’une amie auprès de CNN. « Si vous aviez 13 ans au Kenya, vous seriez en route vers une pratique douloureuse et barbare, morte de peur, tandis que votre propre mère célébrerait le fait que vous allez passer un cap » dénoncent-elles dans une vidéo pour promouvoir l’application, comme nous vous le relations il y a deux ans. Pour mener à bien leur combat, elles se font appeler #TeamRestorers, soit « les restauratrices ».

Bien que la loi au Kenya interdise les MGF depuis 2001, la situation est loin d’être idéale. Malgré des avancées, ces pratiques perdurent dans le pays. Une femme sur cinq, âgée entre 15 et 49 ans, a été victime de MGF. De l’autre côté de la frontière, en Somalie, le chiffre grimpe à 98 %. L’application, encore en développement, permettra aux femmes d’avoir accès à plus d’informations et d’échanger avec d’autres femmes.

Lire aussi > Lutte contre l’excision : Des petits papiers pour dénoncer les mutilations génitales féminines

« I Cut », qui veut littéralement dire « je coupe », se veut un véritable soutient aux filles dans le besoin. L’application comportera cinq boutons selon les informations de TV5 Monde :

  • « Sauvez » pour directement alerter la police en cas de danger,
  • « Racontez » pour celles qui veulent témoigner et relater les faits aux autorités,
  • « Aidez » qui orientera les femmes vers des centres d’accueil,
  • « Informations » pour en savoir plus sur les mutilations génitales, et
  • « Faire des dons » permettra de soutenir le projet.

L’application n’en est pas à sa première distinction, sachant que les cinq filles ont déjà remporté le Grand Prix Netexplo 2019 (en partenariat avec l’UNESCO) en avril dernier. Pour connaître le prochain lauréat du Prix Sakharov, il faudra attendre le 24 octobre prochain. Une cérémonie remettra le prix à Strasbourg par la suite le 18 décembre.

CIM Internet