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Aux États-Unis, près de la moitié des tweets demandant la fin du confinement étaient publiés par des robots

Aux États-Unis, près de la moitié des tweets demandant la fin du confinement étaient publiés par des robots

82 % des 50 principaux retweeters influents étaient des robots. | © Unsplash / Claudio Schwarz

Technologie

Attention aux théories du complot qui ont des « conséquences dans le monde réel ».

Au milieu du mois d’avril, quelques centaines d’Américains étaient descendus dans les rues pour crier leur envie de mettre fin au confinement et de relancer l’activité économique. Les arguments sont multiples : certains veulent reprendre le chemin du travail car la pandémie a rendu leur condition de vie encore plus précaire, alors que d’autres veulent simplement retrouver leur liberté individuelle. Un avis partagé par nulle autre que le président lui-même, Donald Trump, qui appelait les gouverneurs de différents États à les « libérer ». La protestation était présente principalement sur Twitter, où les partisans du président américain n’hésitaient pas à partager leur point de vue.

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Selon une étude de l’Université de Carnegie Mellon, en Pennsylvanie, il semblerait que plus de la moitié des tweets postés contre le confinement étaient en fait de faux messages publiés par des robots. Les chercheurs ont collecté 200 000 millions de tweets sur le coronavirus depuis janvier, et ils ont découvert que 82 % des 50 principaux retweeters influents sur la plateforme étaient des robots, et que 62 % des 1 000 principaux retweeters étaient également des bots, révèle CTV News.

« Nous observons jusqu’à deux fois plus d’activité de robots que ce que nous avions prédit sur la base des catastrophes naturelles, des crises et des élections précédentes », a déclaré Kathleen Carley, professeur d’informatique à Carnegie Mellon. À titre d’information, un bot est généralement considéré comme un logiciel qui contrôle les comptes Twitter et automatise des tâches comme tweeter ou retweeter. De cette manière, il est possible pour une seule personne de contrôler des milliers de comptes. Selon Kathleen Carley, l’augmentation de l’activité des robots peut être attribuée au fait que davantage de personnes étaient chez eux dû au confinement, et qu’ils avaient ainsi le temps de créer leurs propres robots.

Aux États-Unis, près de la moitié des tweets demandant la fin du confinement étaient publiés par des robots
« Débloquez notre économie », peut-on lire sur cette pancarte dans l’Ohio, le 17 avril 2020. © Belga Image / Adam Cairns / Columbus Dispatch

Le danger des théories du complot

Les chercheurs ont découvert que certains tweets demandant la fin du confinement citaient des théories de conspiration sans fondement, comme la théorie démystifiée liant le coronavirus aux tours de téléphonie cellulaire 5G. « Les gens ont de réelles préoccupations concernant la santé et l’économie, et les gens en profitent pour créer des divisions », regrette Kathleen Carley. Selon elle, la diffusion de théories du complot peut conduire à des comportements plus extrêmes avec des « conséquences dans le monde réel » comme l’influence sur le comportement électoral et « l’hostilité envers des groupes ethniques », explique CTV News.

Les chercheurs demandent aux internautes d’être extrêmement vigilants sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter. Quelques signes peuvent indiquer qu’il s’agit d’un robot, comme le partage de liens avec des fautes de frappe, la publication très rapide de plusieurs tweets, ou un nom d’utilisateur et une image de profil qui ne semblent pas correspondre.

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