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Clichés volés : Big Brother vous regarde sur les réseaux sociaux

Le clash du réel et du virtuel | © Egor Tsvetkov

Technologie

« Your face is big data » : le titre d’un projet photo qui sonne comme un avertissement. À l’aide de logiciels de reconnaissance faciale, le photographe russe Egor Tsvetkov a marié les photos des profils sociaux d’individus à des clichés pris dans la rue. Attention, Big Brother vous regarde. 

Angle flatteur, lumière optimale et filtre hype, les réseaux sociaux sont devenus une galerie d’autoportraits, partagés avec enthousiasme par les utilisateurs du monde entier. Qui, s’ils sont ravis de s’exposer sur la plage ou dans des paysages paradisiaques, le seraient sans aucun doute un peu moins le teint blafard dans la vie quotidienne. C’est pourtant ce qui est arrivé à des Russes, sujets malgré eux du projet d’Ego Tsvetkov, « Your face is big data ». L’objectif : attirer l’attention sur les dangers du partage compulsif de photos sur les réseaux.

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Egor Tsvetkov

Surexposés

Pour ce faire, le photographe russe s’est aidé de logiciels de reconnaissance faciale pour lier clichés sur le vif aux portraits flatteurs postés en ligne par ses sujets. Pendant plusieurs mois, il a capturés des portraits volés dans le métro, avant de tenter de retrouver les visages en ligne. Banco : les logiciels de reconnaissance ont pu matcher 70% des personnes qu’il avait photographiées. « Sur les réseaux sociaux, les gens se montrent sous un certain angle, qui n’a souvent rien à voir avec le visage qu’ils présentent au quotidien. Psychologiquement, c’est tout à fait compréhensible, explique Egor. Le problème, c’est qu’ils ne prennent pas en compte qu’en s’exposant de la sorte, ils ouvrent la porte à toutes sortes de dérives ». Par exemple, la possibilité d’être tracé n’importe où, à n’importe quel moment. Et sans filtre.

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