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Amen 3.0 : quand les robots remplacent les prêtres

Robot capable de traduire les passages de la Bible en Allemand, Anglais, Français, Espagnol, Polonais. | © Captude d'écran / Installation "BlessU-2"

Technologie

Pour commémorer les 500 ans de la Réforme protestante, un pasteur allemand a installé dans son église un robot capable de donner des bénédictions en cinq langues différentes.

Policiers, pilotes d’avion, ou encore chefs cuistots, les robots remplacent de plus en plus les humains. Et en Allemagne, même les prêtres se font voler la vedette. Dans la ville de Witteberg, à l’est du pays, un robot capable de bénir les fidèles en cinq langues différentes est né.

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Activé depuis une dizaine de jours, le robot est muni d’une tête, de deux bras articulés et d’un écran au niveau de son torse. Baptisé « BlessU-2 » (pour : « Je te bénis aussi »), ce pasteur 3.0 est capable de traduire les passages de la Bible en Allemand, Anglais, Français, Espagnol, Polonais ainsi que de citer la phrase « Dieu vous bénisse et vous protège », le tout en adoptant une voix féminine ou masculine, selon le choix du programmateur.

Accorder la parole de Dieu aux robots

Cette approche moderne de la religion a été imaginée par Stephan Krebs, de l’église protestante de la province Hesse-Nassau, qui « veut amener les gens à envisager la possibilité d’être bénis par une machine, [et à s’interroger] sur la nécessité d’un être humain », explique-t-il dans une interview du Guardian. Pour lui, « l‘idée est de provoquer un débat » autour de la parole de Dieu substituée à une machine. Depuis la mise en place du robot, Stephan Krebs et ses collègues analysent les réactions : « Les gens de la rue sont curieux, amusés et intéressés. Ils sont vraiment très positifs. Mais à l’intérieur de l’église, certaines personnes pensent que nous voulons remplacer les pasteurs humains par des machines. Ceux qui sont axés sur l’église sont plus critiques ».

Un robot ne pourra jamais remplacer l’activité pastorale.

Mais certains fidèles restent sceptiques. « Nous ne voulons pas robotiser le travail de notre église, mais voyons si nous pouvons apporter une perspective théologique à une machine », assure-t-il. Ce robot n’est donc pas une innovation qui – à terme – permettrait de remplacer l’homme par les machines, mais bien un sujet de débat quant au fait d’accorder la parole de Dieu à un robot.

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« BlessU-2 » n’est pas le premier robot a entrer dans l’histoire des religions. En 2016, un temple bouddhiste au bord de Pékin a imaginé Xian’er, un moine robot capable de chanter les mantras et d’expliquer les principes fondamentaux de la religion pour la rendre plus accessible à la population.

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