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Gilet intégré : une artiste invente la peau pare-balle

Jalila Essaidi a mis au point une peau à l'épreuve des balles | © Flickr @ Ars Electronica

Technologie

Même Q n’aurait pas fait mieux : inspirée de la soie des araignées, l’artiste hollandaise Jalila Essaidi a créé de la peau pare-balle. Au croisement de l’art et de la science, son projet repousse les limites de la technologie. Et c’est en Belgique, au sein de la Fondation Verbeke, qu’il a été imaginé. 

Jalila Essaidi est à l’image de son art : hybride, révolutionnaire et incroyable. Diplômée en bio-art de l’université de Leiden, elle est la fondatrice de la fondation BioArt Laboratories, qui mêle science, nature, technologie et créativité. Le projet phare de ce drôle de laboratoire d’art : la « bulletprook skin », une peau pare-balle imaginée par Jalila Essaidi. Le concept : un savant mélange de peau cultivée in-vitro et de soie produite par des araignées génétiquement modifiée, capable de stopper une balle. Une peau estampillée « 2.6g 329m/s », soit les normes pour les gilets pare-balles, capable de protéger de l’impact d’une balle tirée par un calibre 22. Une prouesse technique, mais aussi et surtout, une oeuvre engagée.

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La peau résiste à l’épreuve des balles : ici, un lambeau de peau ayant arrêté une balle tirée par l’artiste – Jalila Essaidi

Art not war

Ainsi que l’explique Jalila Essaidi, « les médias et les réseaux sociaux nous bombardent d’images de violence, donnant lieu à un sentiment croissant d’insécurité. En réponse, certains individus agissent de manière irrationnelle, face à des menaces imaginaires. Avec ce projet, j’ai voulu explorer les dimensions politiques, sociales, éthiques et culturelles de la sécurité, en utilisant les avancées dans le domaine des biotechnologies ».

Plus résistant que de l’acier

Des avancées dont Jalila Essaidi a su tirer parti : pour mettre au point sa peau protectrice, elle a fait appel à des chercheurs, qui ont génétiquement modifié des chèvres afin qu’elles produisent un lait renfermant les mêmes propriétés que de la soie d’araignée. Une fois recueilli, le lait peut ensuite être transformé en un matériau dix fois plus résistant que l’acier, qui, une fois mélangé à de la peau produite in-vitro, est aussi résistant que du Kevlar, le tissu utilisé pour les gilets pare-balles. En attendant de créer des humains génétiquement modifiés pour être à l’épreuve des balles ? L’artiste originaire d’Eindhoven n’exclut pas cette possibilité.

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Hommes-araignées

« Si on arrive à implanter à l’homme les gènes qui produisent de la soie chez les araignées, on pourrait avoir des humains résistants aux balles. Cela ressemble à de la science-fiction pour l’instant, mais on peut déjà prendre conscience du résultat en implantant la soie modifiée sur de la peau in-vitro ». Spiderman n’a qu’à bien se tenir. Inventé il y a six ans, ce projet futuriste fait partie de la collection permanente de la Fondation Verbeke. Aux portes du futur, et à une heure seulement de Bruxelles.

 

 

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