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La fameuse mise à jour de WhatsApp se fera dans deux semaines… Rappel des enjeux !

Si vous acceptez cette mise à jour, l’ensemble des numéros de téléphone enregistrés sur votre appareil seront récupérés par l’application, que ces contacts soient sur WhatsApp ou non. | © Pexels / Anton

Technologie

Dans une bonne quinzaine de jours, l’application modifiera ses conditions d’utilisation en matière de protection des données personnelles. Un élément conduit les experts à se montrer (toujours) très méfiant par rapport à ce changement: le rachat de WhatsApp par Facebook en 2017…

 

Par L.Dp

WhatsApp avait reculé début 2021… Juste un peu. En fait, le géant de la messagerie instantanée avait simplement retardé de trois mois l’entrée en vigueur de sa nouvelle politique en matière de protection des données des utilisateurs. Les remous provoqués par les changements annoncés de la politique de confidentialité de WhatsApp menacent toujours d’éroder la confiance en cette filiale de Facebook, pourtant cruciale pour l’avenir du géant des réseaux sociaux.

La messagerie, qui revendique 2 milliards d’utilisateurs, assure pour sa part qu’il s’agit d’un malentendu et que la mise à jour a pour but d’aider les commerçants à mieux communiquer avec leurs clients via WhatsApp. Malgré ces explications et le report de la mise en place du nouveau règlement, désormais prévue le 15 mai, de nombreux particuliers ont déserté la messagerie pour rejoindre des services comme Signal ou Telegram.

Qu’en est-il concrètement de cette ‘modification’ à venir?. Jean-Michel Dricot, de l’Ecole polytechnique de Bruxelles, nous rafraichit la mémoire. « Si vous acceptez cette mise à jour, l’ensemble des numéros de téléphone enregistrés sur votre appareil seront récupérés par l’application, que ces contacts soient sur WhatsApp ou non. Ils pourront également analyser les interactions entre ces numéros. Il s’agit donc aussi d’analyser les interactions afin d’établir des « catégories », des « groupes » de gens à cibler lors d’une campagne de marketing ou de reprendre des messages politiques à un public précis avant un vote. Ces données sont une mine d’or. »

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Mais le vrai péché originel comme le relatait déjà au mois de janvier Ryan Calo, chercheur au Tech Policy Lab de l’université de Washington, « cela a été d’acheter WhatsApp et de l’intégrer au modèle d’entreprise de Facebook, qui monétise toutes les données collectées. Les changements ne sont pas aussi dystopiques que beaucoup de gens l’imaginent. Mais ils constituent un pas vers un modèle que beaucoup de monde redoute », poursuit-il. Un avis complètement partagé par M.Dricot : « Toutes les modifications liées à la protection des données de l’application sont à mettre en lien avec ce rachat. Facebook base son empire sur la revente de métadonnées. La réputation de l’entreprise de Mark Zuckerberg en matière de protection de données et très mauvaise; elle a fauté à de multiples reprises. Il suffit de se rappeler le scandale de Cambridge Analytica. »

D’où la crainte légitime de nombreux utilisateurs et leur envie de quitter le navire, si cela n’a pas déjà été fait. Et le chercheur belge de rappeler qu’il a pu être démontré que des entreprises, dont Facebook, contrevenaient de facto au RGPD  (Règlement général européen sur la protection des données) en n’offrant pas un niveau de sécurité satisfaisant dans les faits.

En tout cas, pour le moment, à part voir ses utilisateurs prendre la poudre d’escampette, WhatsApp ne risque pas grand chose… « Cette pratique annoncée ne respecte pas le RGPD. Cependant, pour que cette mise à jour soit considérée comme illégale, il faut qu’un citoyen européen porte la question devant la Cour européenne de Justice, que l’autorité de protection des données enquête, que ce non-respect soit démontré… Cela va mettre beaucoup de temps. »

Et avant cela, le ‘mal sera fait ‘ si l’on peut dire… Une fois de plus, alors que la technologie avance à une vitesse vertigineuse ainsi que l’usage que l’on en fait, les utilisateurs doivent s’en remettre à leur propre jugement et leur vision d’un certain avenir. Bonne chance !

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