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Vous en rêviez, ils l’ont (peut-être) fait : Avec son bandeau connecté, Dreem veut révolutionner le sommeil

Avec Dreem, rêvez connecté. | © Dreem

Technologie

Car nous ne sommes pas tous égaux face au sommeil, une start-up française a inventé un bandeau connecté unique au monde, performant et non invasif, qui permet d’améliorer la qualité du sommeil, de mieux le comprendre, et surtout de mieux dormir.

 

Une personne sur trois est intéressée par le sujet du sommeil qui est des plus importants et essentiels. Et pourtant, 35% de la population globale dort aujourd’hui mal et/ou pas suffisamment. La faute au stress, au travail, à l’environnement, aux médicaments et à diverses pathologies. Un mauvais -ou un manque de- sommeil entraîne de nombreux problèmes de santé tels qu’un risque accru d’obésité, des pertes de mémoire, des maladies cardiaques… Un constat inquiétant et un problème mondial.

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Les recherches sur la compréhension du sommeil sont assez récentes et il y a encore beaucoup de choses qu’on ignore, car étudier le sommeil, c’est étudier le cerveau, ce qui est complexe et variable. Aujourd’hui, aucune des « solutions » proposées n’est réellement efficace (plus de monitoring qu’autre chose avec les bracelets connectés ou les applications) ni soignante (avec des effets secondaires pour les somnifères). Et le marché du sommeil pèse lourd : 100 milliards de dollars sont consacrés chaque année à Morphée. Malgré tout, il n’y a toujours pas d’entreprise leader dans ce marché, et la population dort toujours aussi mal, si ce n’est plus.

Dreem s’apprête à révolutionner la manière dont vous dormez.

Rythm invente Dreem, le premier bandeau connecté

Dreem est un bandeau actif et non invasif. Il est issu de trois années de développement en neurosciences associé à l’intelligence artificielle. À l’origine, une découverte fortuite en laboratoire en décembre 2013, alors que Hugo Mercier et Quentin Soulet de Brugière, – deux jeunes diplômés de l’École polytechnique et fondateurs de Rythm- font des recherches, ils remarquent qu’on peut moduler l’activité cérébrale pendant qu’on dort. Cela permet ainsi d’améliorer de manière significative la qualité du sommeil en boostant la phase du sommeil profond qui survient environ 30 minutes après l’endormissement. Six mois plus tard, la start-up Rythm spécialisée en neurotechnologies était fondée entre Paris et San Francisco avec un défi à relever : celui de mieux comprendre le cerveau humain et le sommeil ; une ambition à la clé : celle de créer Dreem, un objet qui permettrait de mieux dormir ; et un but à atteindre : celui d’apporter une solution aux problèmes de sommeil sur le marché grand public. Après une première version testée par 500 personnes en juin 2016, puis des essais cliniques et écologiques réalisés en novembre 2016 et tous approuvés, la version finale a été lancée en juin 2017.

Une « Dreem Team »

Le Medical Board que constitue Dreem est composé d’éminents scientifiques comme le chercheur Emmanuel Mignot (PhD, MD, directeur du centre de centre de sommeil de l’université de Stanford, membre de l’Académie nationale des sciences) : « Le sommeil joue un rôle central dans la santé et le bien-être, avoir une solution comme Dreem qui rend la médecine de pointe accessible à tous représente un grand pas en avant ». Ainsi que le neuroscientifique Christof Koch (PhD, président et directeur scientifique de l’Institut Allen pour les Sciences du cerveau de Seattle), Cédric Villani, l’un des mathématiciens les plus célèbres au monde (PhD, directeur de l’Institut Henri Poincaré, lauréat de la médaille Fields en 2010, Chevalier de la Légion d’honneur en 2011), ou encore l’auteur et neuroscientifique américain David Eagleman (PhD, professeur au département psychiatrie et sciences du comportement à l’Université de Stanford, fondateur et CSO de BrainCheck et NeoSensory).

« Ceci est une révolution »

Dreem a été lauréat de la troisième phase du concours mondial d’innovation 2030 et a gagné le Grand Prix de l’innovation 2014. Et en étant l’une des seules entreprises françaises à avoir été sélectionnée pour avancer dans la compétition internationale AI Xprize, la start-up a remporté 5 millions de dollars. À cela, s’ajoute une levée de fonds de 22 millions de dollars auprès de Xavier Niel, l’un des leaders des télécommunications en France et fondateur de l’école 42, et Laurent Alexandre, fondateur du site Doctissimo et de la MAIF (assurance mutuelle en France). De quoi mener à bien leur projet.

La promesse d’un sommeil meilleur

Dreem surveille, analyse et améliore le sommeil. Ses promesses : un endormissement plus rapide, un sommeil plus profond et un réveil frais tel un gardon qui garantit d’être performant toute la journée. Le bandeau -amovible, léger et lavable- qui se place sur la tête au moment du coucher bénéficie d’une technologie avancée de capteurs permettant de suivre et d’analyser l’activité cérébrale en temps réel, et de mesurer le rythme cardiaque et la respiration. Mais aussi de caractériser les différentes phrases de sommeil afin d’envoyer des impulsions sonores par conduction osseuse (pas besoin de mettre des écouteurs pour les entendre, ils passent directement par la boîte crânienne, un peu comme quand on se bouche les oreilles et qu’on entend sa voix. Donc la personne qui dort à nos côtés n’entend rien). Le plus, le casque est autonome : pas de Bluetooth ni de Wi-Fi.

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Le bandeau nous réveille ensuite « au meilleur moment » selon lui, et les données enregistrées (le « sleep score ») durant la nuit sont transferées vers une application dédiée sur son smartphone qui analyse le sommeil. Les données brutes sont transmises de manière anonyme et cryptées à un serveur pour des problématiques d’apprentissage : plus des personnes se servent du bandeau plus il sera efficace et personnalisé. Dreem a déjà déposé une vingtaine de brevets. En attendant de le recevoir et de le tester, nous avons posé 4 questions à son cofondateur.

4 questions à Hugo Mercier, CEO et cofondateur de Rythm

Comment à 24 ans seulement, on se retrouve déjà à la tête d’une start-up qui a levé des millions d’euros pour Dreem, qui compte au bout de trois ans plus de 70 employés, est composée d’une équipe de chercheurs éminents… ?

En parallèle de mes cours à l’école Polytechnique, je travaillais sur un projet de recherche d’un objet connecté pour personnes souffrant de maladies neurodégénératives, et c’est là que j’ai fait cette découverte, un peu par hasard, qui a inspiré et initié le développement de Dreem. On s’est rendu compte qu’en envoyant des séquences de sons spécifiques à des moments particuliers de l’activité cérébrale, on était capable de booster la phase de sommeil profond. Au départ, je ne connaissais pas grand chose au sommeil, et je me suis rapidement rendu compte que cette découverte était fondamentale car c’est une méthode qui permet de moduler l’activité cérébrale et d’améliorer la qualité du sommeil de manière significative, sans être invasif : car on utilise des sons et non des substances chimiques -contrairement aux médicaments-, ni de stimulations électriques ou magnétiques. Et le sommeil nous concerne tous : plus d’un tiers de la population mondiale dort mal aujourd’hui. Et cela a un coût : plus de 400 milliards de dollars ont été dépensés aux États-Unis l’année dernière à cause de problèmes de santé, de baisse de productivité… C’est une vraie problématique de santé et économique. Alors on s’est lancé dans l’aventure de faire un objet technologique grand public, qui soit réellement efficace et non invasif. Ce qui a nécessité un développement pointu dans plusieurs domaines scientifiques différents. J’ai recruté des experts pour m’aider à y arriver, une quinzaine de laboratoires d’un peu partout travaillent avec nous… C’est la complexité technologique qui explique la croissance assez rapide de Rythm et son succès.

Vous-même avez des problèmes de sommeil ?

Non, je dors même plutôt bien ! J’ai toujours été passionné et fasciné par le cerveau. C’est l’un des derniers grands mystères. C’est étonnant, mais on sait finalement peu de choses sur lui : on ne sait pas comment on est conscient, pourquoi on dort, pourquoi on rêve, on ne sait pas comment sont générées nos émotions… On observe des choses sur le cerveau, mais sans comprendre comment il fonctionne. Je pense que dans la prochaine décennie, il va y avoir d’énormes avancées techonologiques et scientifiques dans le domaine de la neuroscience. Avec le développement technologique lié à l’industrie électronique -les capteurs, les processeurs…- on commence à avoir des choses assez spectaculaires. Je suis persuadé que les neurotechnologies vont bouleverser plein de domaines comme l’éducation, la santé, le divertissement… Personne n’avait encore vraiment trouvé la bonne application pour lancer quelque chose. Et le sommeil m’est apparu comme une évidence, offrant une vision sur le long terme. Cela va nous ouvrir d’autres d’opportunités, car la technologie développée aujourd’hui fait de la mesure, de l’analyse et de l’interprétation de l’activité cérébrale, et peut être déclinée sur d’autres applications.

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Dreem n’est pas un dispositif médical. Il ne diagnostique donc aucune maladie ni ne soigne les insomnies… C’est juste une aide pour bien et mieux dormir ?

Pour le moment, nous n’avons effectivement pas un positionnement médical, c’est-à-dire de traitement ou de diagnostic, mais cela ne veut pas dire qu’on ne le sera pas dans le futur. En revanche, on aide les gens à mieux dormir et à mieux comprendre leur sommeil avec des métriques significatifs. Tout ce qu’on fait, tout ce qu’on développe, est testé et validé avant d’être commercialisé. Et on peut utiliser le bandeau en complément de médicaments ou d’autres choses, puisque Dreem s’adapte en fonction de l’activité cérébrale et n’a aucun effet secondaire.

Ce n’est pas gênant de dormir avec un bandeau sur la tête ?

Par rapport à la version bêta, la version finale commercialisée a un design plus confortable. Le bandeau est en mousse et donc très léger, et la technologie est encore plus miniaturisée. On n’a jamais eu de souci sur la version actuelle. Les gens s’y habituent rapidement et dorment sans problème avec.


Dreem est disponible en précommande depuis le 13 juin avec une livraison prévue pour l’automne. Mais le sommeil a un prix : le bandeau est à 399 euros jusqu’au 15 juillet. Après il faudra débourser 100 euros de plus.

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