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Webcams espionnes : la menace invisible

Extrait de l'épisode "Shut up and dance" ("Tais-toi et dance") de la série Black Mirror, sur le chantage lié aux piratages de webcams. | © Netflix

Technologie

Les piratages de webcams serait de plus en nombreux en Belgique. Pour lutter contre la menace, deux solutions : dénoncer et… se cacher.

Si cela ressemble à s’y méprendre à un épisode de la série d’anticipation Black Mirror, c’est parce que celle-ci ne fait que s’inspirer de l’effrayante réalité : de plus en plus de ménages et d’entreprises belges sont victimes de piratage informatique via leurs webcams, dont les images sont diffusées sur Internet au vu de tous, rapporte la VRT mercredi soir.

Le phénomène n’est pas neuf, mais d’après la VRT, il serait de plus en plus important. Les images dérobées apparaîtraient sur des sites publics, comme sur le site web russe Insecam. Une pièce plongée dans le noir où s’agite une forme humaine, le lobby d’une société américaine, la piscine d’un hôtel aux Philippines, l’autel d’une église parisienne où repose un prêtre décédé, la chaine d’une usine en Allemagne, le salon d’une famille chinoise, le cabinet romain d’un dentiste… Sur la plateforme en ligne, on a accès, sans en connaitre la source, à des streams vidéo des quatre coins du monde et de la vie privée et professionnelle des individus piratés.

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Selon Philippe De Backer, « il s’agit là d’une violation flagrante du droit à la vie privée ». Le secrétaire d’État en charge de la Protection de la vie privée (Open Vld) invite ainsi les victimes à porter plainte auprès de la Commission vie privée et de la Federal Computer Crime Unit de la police fédérale (FCCU).

Le secrétaire d’Etat demande à la Commission vie privée et la FCCU de se pencher sur la problématique et appelle les victimes à porter plainte auprès des deux instances. Il rappelle par ailleurs l’importance des mots de passe et de l’adaptation des paramètres de sécurité des webcams. En mai 2018, le nouveau règlement général européen sur la protection des données entrera en vigueur. Il imposera notamment aux fabricants de prendre en compte des exigences relatives à la protection des données personnelles dès la conception des produits, services et systèmes exploitant des données à caractère personnel.

« Votre webcam vous espionne »

En attendant, il existe également des possibilités « mécaniques » pour protéger son ordinateur personnel. La société Monkeywi propose par exemple des « caches » adhésifs qui masquent l’œillet de la webcam de votre laptop.

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©Monkeywi – L’outil, relativement simple de conception, de Monkeywi. « Votre webcam vous espionne », assure le site de la marque.

Si le procédé protège bien une partie de l’intimité, il n’empêche cependant pas l’accès à la caméra – dont la diode lumineuse ne s’allumera pas forcément – et donc de l’ordinateur, dont la plupart des données non-cryptées restent à disposition des pirates.

Avec Belga

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