Au Kenya, des ados créent une application pour lutter contre l’excision

Au Kenya, des ados créent une application pour lutter contre l’excision

Une application pour lutter contre l'excision | © Facebook @ Restorers

Technologie

Les mutilations génitales ont beau être interdites au Kenya, elles touchent tout de même 21% des femmes de 15 à 49 ans et 3% des fillettes de moins de 14 ans. Pour lutter contre le phénomène, 5 ados kenyanes ont fait le pari des nouvelles technologies. 

Stacy Owino, Cynthia Otieno, Purity Achieng, Macrine Atieno et Ivy Akinyi ont en effet développé i-Cut, une application qui vise à lutter contre les mutilations génitales. Toutes les cinq victimes d’excision, les ados qui sont âgées de 15 à 17 ans veulent combattre ce qu’elles dénoncent comme étant un acte de barbarie.

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Le but de l’application : venir en aide aux personnes en danger de mutilation, en leur permettant de joindre rapidement les secours. Mais aussi donner aux victimes de mutilation un espace pour s’exprimer en toute liberté. Pour ce faire, l’application se compose de cinq boutons : sauver, aider, raconter, information sur les mutilations génitales et faire des dons.

Une pratique « douloureuse et barbare »

Les adolescentes, qui se sont donné le surnom de « restauratrices », veulent restaurer l’espoir chez les femmes victimes de mutilations génitales. Mais aussi attirer l’attention sur une pratique qu’elles veulent voir disparaître. « Si vous aviez 13 ans au Kenya, vous seriez en route vers une pratique douloureuse et barbare, morte de peur, tandis que votre propre mère célèbrerait le fait que vous allez passer un cap » dénoncent-elles ainsi dans une vidéo pour promouvoir l’application.

Les adolescentes ont été invitées par Google Kenya – Facebook @ Restorers

Restaurer l’espoir

Une app qui n’en est qu’au stade de projet, mais qui fait déjà parler d’elle : i-Cut a été sélectionnée par le concours Technovation Challenge qui récompense des adolescentes de 10 à 18 ans qui propose des solutions technologiques à des problèmes de société. Le concours, qui sera organisé à l’automne prochain en Californie, pourrait donner un sacré coup de pouce aux lycéennes : les gagnantes remporteront en effet 10 000 dollars, soit 8 470 euros, de quoi développer leur application. Et restaurer l’espoir.

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