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Au Japon, on peut désormais engager un « robot-moine » pour des funérailles

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Il s’appelle Pepper, et c’est un petit « robot-moine » que l’on peut engager à Tokyo afin de lire des prières bouddhistes lors des funérailles. Moins cher mais surtout beaucoup moins humain.

 

Lors de la Tokyo International Funeral and Cemetery Show -aussi appelée Life Ending Industry EXPO-, un grand salon annuel pour les professionnels de l’industrie funéraire qui se tient chaque année au Japon, a été dévoilé un robot d’un nouveau genre : Pepper. Mais Pepper n’est en fait pas nouveau puisque l’humanoïde dévoilé en 2014 et mis à la vente en 2016 au prix de 1 500 euros s’était déjà illustré en tant que robot multi-tâches, c’est sa fonction qui est nouvelle. Car si jusqu’à présent Pepper se targuait de pouvoir détecter les émotions humaines, de nous faire danser, rire et chanter, et de pouvoir s’employer comme vendeur, serveur à Pizza Hut ou encore compagnon de maison pour les personnes âgées, il est désormais dôté d’une fonction religieuse.

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Développé par la société française Aldebaran et le groupe japonais Softbank, du haut de ses 121 centimètres, Pepper peut accomplir plusieurs tâches liturgiques comme par exemple chanter des « sutras » (textes bouddhistes) pendant les cérémonies funéraires et jouer du tambour. Tetsugi Matsuo, prêtre bouddhiste, est venu à l’exposition afin de voir si Pepper pouvait « transmettre l’aspect ‘cœur’ à une machine » car pour lui « le cœur est le fondement même de la religion ».

Bien plus économique qu’un humain

Et ce « robot-prêtre » aurait plusieurs avantages : non seulement il coûterait moins cher qu’un prêtre puisque Pepper est commercialisé au prix de 390 euros (versus 1 860 euros en moyenne pour une cérémonie dirigée par un moine bouddhiste) : « Avec le vieillissement et le déclin de la population japonaise (de 127 millions d’habitants en 2015, le Japon devrait passer à 88 millions d’habitants d’ici 2065, ndlr), de nombreux prêtres bouddhistes reçoivent moins de soutien financier de leurs communautés, incitant certains à trouver un travail à temps partiel en dehors de leurs devoirs du temple », a déclaré Michio Inamura, conseiller exécutif de Nissei Eco, qui a créé le nouveau logiciel de Pepper.

© Capture d’écran YouTube @NipponNewsNet

Pepper permettrait aussi de palier à un manque puisque les moines bouddhistes sont de moins en moins nombreux au Japon. En effet, comme le rapporte The Guardianplus d’un temple sur trois devrait fermer dans les 25 prochaines années, la religion bouddhiste étant confrontée à « crise existentielle ».

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Pour le moment, Pepper n’a toujours pas été engagé.

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