Speach, le futur chatbot qui pourrait bien éduquer sexuellement les jeunes

Speach, le futur chatbot qui pourrait bien éduquer sexuellement les jeunes

Image d'illustration | © AFP PHOTO / GREG BAKER

Technologie

Un robot conversationnel pourrait bien apprendre aux futures générations tout ce qu’elles doivent savoir sur le sexe et ce qui l’entoure.

 

« Je n’ai pas de moyen de contraception, j’ai le choix entre quoi ? » « Ça fait mal la première fois ? » « Est-ce qu’on est obligé de jouir ? » Autant de questions qu’en ado inexpérimenté ou un peu perdu, on évite de poser à des parents bien souvent tout aussi décontenancés. Pourtant, ces interrogations, il faut bien que quelqu’un les traite. C’est la mission que s’est choisie la – future – application Speach, à destination des 13-18 ans, imaginée par Sarah Lecoffre, une étudiante française épaulée par plusieurs camarades de classe.

« Leur parler par messagerie, c’est leur offrir un outil personnalisé, privé et ludique pour qu’ils puissent poser toutes les questions qu’ils veulent à propos de la sexualité », décrypte l’équipe dans une interview pour Cheek Magazine. « Vu la technologie actuelle en matière de bots, développer les réponses pour répondre à l’arborescence de sujets qu’on a identifiés va être assez complexe. Mais à terme, pour être totalement pertinent, on voudrait même réussir à adapter le discours au fait que le bot s’adresse à une fille ou à un garçon, même peut-être à un.e hétéro ou à un.e homo », poursuit-elle, avant d’ajouter, « Côté élaboration des réponses, pour capter l’attention des jeunes, les comprendre aussi, et leur délivrer des réponses de qualité, ils nous faudra l’aide de chercheurs en linguistique ».

©BELGA PHOTO SISKA GREMMELPREZ

Une réponse à des lacunes étatiques

L’ascension du projet est fulgurante, dénotant d’une véritable demande et du manque de proposition des autorités en matière d’éducation sexuelle en France, mais aussi en Belgique. Difficile en effet de trouver avec quels moyens et quel langage s’adresser aux jeunes, ultra-connectés, mais parfois aussi mal informés. Après avoir séduit le jury de l’école française ECV Digital, la bande de concepteurs et développeurs a choisi de faire incuber son projet dans un hackaton dédié aux thématiques du sexe et sponsorisé par Marc Dorcel, le Sextechlab. Depuis, l’idée a été présentée dans plusieurs festivals dédiés et a gagné d’autres concours.

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La jeune équipe a récemment été rejointe par une diplômée en santé sociale, qui devra désormais les épauler dans tous les aspects de la recherche et d’éducation sexuelle du projet, qui ne se pense pas comme un gadget – que – amusant : « Il nous faut par exemple l’appui de sexologues, de spécialistes du monde de la santé pour fournir les réponses les plus pertinentes », expliquent les visionnaires du sexe à Cheek Magazine, conscients du chemin qu’il reste à parcourir pour arriver à une proposition complète.

 

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