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Twitter : 280 caractères au lieu de 140, qu’est-ce que ça change ?

L'annonce a fait se réveiller la twittosphère, pas forcément ravie. | © AFP PHOTO / EMMANUEL DUNAND

Technologie

Twitter a décidé de doubler la limite de caractères de ses messages : big bang ou implosion du réseau social au petit oiseau ?

 

Alors que le le bateau Twitter coule, ses capitaines tentent de colmater la coque à coups de caractères : 140 pour être précis, soit le double de la manœuvre qu’autorisait historiquement le réseau social. « Tenter de caser vos pensées en un seul tweet, on est tous passés par là, c’est pénible », écrivait ainsi le groupe sur son blog officiel. « Nous voulons que tout le monde, partout dans le monde, puisse s’exprimer facilement sur Twitter, alors nous faisons quelque chose de nouveau : nous allons essayer une limite plus grande, 280 caractères », décrypte soigneusement Twitter avant d’ajouter, un peu plus long qu’à l’accoutumée : « Nous savons qu’il peut y avoir un attachement sentimental aux 140 caractères (…) Mais nous avons essayé (la nouvelle limite) (…) et nous sommes tombés amoureux de cette nouvelle longueur, qui reste brève ».

« C’est un petit changement, mais un grand pas pour nous. 140 était un choix arbitraire basé sur la limite de 160 caractères pour les SMS. Je suis fier de l’ingéniosité dont l’équipe a fait preuve pour résoudre un véritable problème que les gens ont lorsqu’ils essaient de tweeter. Et tout en maintenant notre brièveté, notre rapidité et notre essence ! », a également écrit – en 280 caractères – le CEO de l’entreprise. Un petit malin s’est par ailleurs amusé à raccourcir le message de @jack,dévoilant un message au fond identique, mais respectant la limite originelle.

Pas pour tout le monde

Cette extension ne concerne que les messages en caractères latins, explique le réseau, car c’est surtout en anglais, espagnol, portugais ou français que la limite de 140 caractères semble poser parfois souci aux utilisateurs, contrairement à ceux qui twittent en japonais, coréen ou chinois. Tout en se disant « confiant » de « l’impact positif qu’aura ce changement », Twitter veut d’abord « le tester auprès d’un petit groupe de personnes avant de décider de le généraliser », indique encore le groupe américain.

Mais difficile pour Twitter de cacher la véritable raison de cette petite révolution dans le monde de la pensée brève et concise : le gazouilleur en chef doit trouver les moyens d’attirer d’avantage d’utilisateurs, qui ont stagné à 328 millions sur les six premiers mois de l’année, ainsi qu’à monétiser son audience. En effet, le réseau social n’a jamais engrangé de bénéfices et a encore perdu 116 millions de dollars au second trimestre. Et l’annonce atteint déjà en partie son objectif : les 280 caractères ont fait progresser le titre de 1,27% à la clôture de Wall Street, pour une valeur de 16,8 %. Il est pourtant encore trop tôt pour crier victoire : fin 2013, Twitter valait 64 dollars en Bourse.

Twittbook ?

Mais ce que cela signifie, au-delà du fait que Donald Trump aura bientôt désormais 280 caractères à disposition – soit le double de points d’exclamations et de « Make America Great Again » -, c’est que Twitter pourrait bien ressembler de plus en plus à Facebook. Et avec un fil ininterrompu de babillages ponctués de liens et de vidéos, comment le réseau social se démarquera-t-il de son géant de concurrent ?

De là à dire que Twitter est – de toute façon –  déjà fini, il n’y a qu’un pas, que franchit Rob Enderle, un analyste américain des nouvelles technologies : « Twitter se débat pour se redresser pendant que tout le monde se dirige dans d’autres directions », lâche l’observateur, relayé par Le Monde. « Ils essaient tout pour tenter de monétiser le service mais le problème, c’est qu’il n’a pas été conçu pour cela ».

Avec Belga

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