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Test auto : Lotus Emira V6, la fin d’une époque

lotus emira v6

Jenson Button au volant de la Lotus Emira V6. | © DR.

Voitures et mobilité

Essai exceptionnel cette semaine, la voiture du jour est historique.

Par Stéphane Wamat

Marque emblématique de la voiture de sport dans son concept le plus pur, Lotus se prépare à virer sa cuti et à devenir 100 % électrique. Voilà ce qui rend l’essai du jour très spécial. Car l’Emira que vous avez sous les yeux est la toute dernière Lotus à moteur thermique classique. Pas d’électrification, pas même de micro-hybridation, celle-ci est une sportive qui ne marche qu’au pétrole. Et pour ce baroud d’honneur, Lotus a particulièrement bien fait les choses !

L’Emira a évidemment un certain prix : quelque 96 000 euros TVAC pour la First Edition de lancement que nous avons essayée, et autour des 77 000 euros pour la version basique à « petit » moteur qui sera lancée dans les mois à venir. Mais si l’Emira ratisse plus large que l’Elise et ses dérivés proposés par Lotus pendant plus de vingt ans, c’est parce qu’elle est moins radicale. Dans l’Elise, pas de moquette, pas de garnissage qui ajoute du poids. Cette voiture n’avait pas son égal en matière de plaisir de conduite mais s’adressait à une clientèle relativement pointue. On a failli oublier l’Evora, positionnée au–dessus de l’Elise en matière de confort, mais qui restait tout de même assez spartiate. L’Emira est en quelque sorte l’héritière de la légendaire Lotus Esprit. Une sportive digne de ce nom, mais avec un petit côté GT, qui avait suffisamment d’égards pour ses occupants et supportable au quotidien par des gens pas forcément prêts à tous les sacrifices. Une voiture qui pouvait convaincre les acheteurs de Ferrari ou de Porsche, par exemple.

C’est par l’une de ses plus belles réussites que Lotus clôture le chapitre « thermique » de son histoire

La liste qui suit va vous sembler très ordinaire, mais dans une Lotus, cela faisait pourtant longtemps qu’on n’avait pas eu droit à des équipements comme des porte–gobelets, des espaces de rangement, deux écrans (un pour le tableau de bord, l’autre pour le multimédia), à un système de démarrage sans clé, un cruise control, des capteurs de pluie, des capteurs de stationnement et, surtout, des sièges à réglages multiples, tout comme le volant. Vous comprendrez peut-être mieux maintenant pourquoi l’Emira est la Lotus la plus « tout public » depuis des lustres. Le constructeur propose même plusieurs niveaux de finition, ainsi que le choix entre un châssis Touring, plus confortable, et un Sport, pour ceux qui aiment les journées sur circuit.

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DR.

Dernier choix : le moteur. L’Emira commence sa carrière avec un V6 3,5 litres d’origine Toyota, fort de 400 chevaux. Plus tard, arrivera un 4 cylindres 2 litres 360 ch, signé Mercedes-AMG. Du sérieux ! Nous avons essayé un châssis Touring avec le moteur V6 et la première chose qui nous a frappés, surtout de la part d’une Lotus, c’est le confort. Cela vaut tant pour les sièges que pour la qualité d’amortissement qui ne vous prive pas pour autant d’une réelle ambiance sportive à bord. Le moteur Toyota est d’une infinie souplesse, si bien qu’on ne doit pas s’échiner sur le levier de vitesses quand on évolue en ville, par exemple. D’ailleurs, une boîte automatique est aussi disponible. L’agrément y est donc pour le quotidien, et la hargne aussi, quand le moment s’y prête, et qu’on passe le sélecteur de mode sur « Sport ». La tenue de route est redoutable, et même si l’Emira n’est pas celle qui incarne le mieux le credo d’ultra-légèreté de Lotus, ses petits 1 400 kilos la placent tout de même parmi les plus « light » de sa catégorie. En clair : les sensations sont généreuses dès qu’on attaque.

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DR.

C’est donc par l’une de ses plus belles réussites que Lotus clôture le chapitre « thermique » de son histoire. Et nous craignons qu’à l’ère électrique, la marque ne soit plus vraiment elle-même. Mais attendons de voir, et laissons-lui le bénéfice du doute. 

Données techniques

L/l/h (mm) : 4 412 / 1 895 / 1 225 – 2 places

1 435 kg – Moteur V6 3,5 litres essence turbo

Puissance : 400 ch – Couple : 420 Nm

Conso WLTP : NC – CO2 WLTP : 258 g/km

Prix : +/- 96 000 euros TVAC

Mots-clés:
voitures automobile lotus
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