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Solterra : électrique, mais Subaru quand même

On peut à nouveau apprécier une autre qualité traditionnelle de la marque : l’art de faire du châssis. | © ©DR

Voitures et mobilité

Un peu comme pour une sportive italienne ou allemande, la transition électrique d’une Subaru signifie qu’on perd quelque chose d’essentiel. Mais le Solterra conserve le caractère de la marque.


Par Stéphane Wamat

L’électricité ferait donc perdre autant à Subaru qu’à Ferrari ou Porsche ? Oui, car chez Subaru aussi, le caractère de la marque repose en partie sur un système un peu spécial : le boxer, un moteur « couché » dont le centre de gravité très proche du sol garantit une excellente tenue de route, et dont la sonorité unique est toujours appréciée des passionnés. Voilà ce qu’on perd avec un moteur électrique. Cela dit, les ingénieurs ont su faire en sorte d’injecter la personnalité de la marque dans le Solterra.

D’abord, en le dotant d’un moteur électrique par train roulant pour obtenir une transmission 4 x 4, comme de tradi-tion chez le constructeur. Ces deux moteurs cumulent 218 chevaux et sont d’une réactivité jouissive. Pour être hon-nête, c’est un sérieux plus par rapport aux Subaru « normales » actuelles, dont l’ensemble mécanique à micro-hybridation manque cruellement de nerfs. Du coup, on peut à nouveau apprécier une autre qualité traditionnelle de la marque : l’art de faire du châssis.

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Entre la qualité des suspensions, la direction au ressenti typiquement Subaru et la tenue de route de très haut vol qu’offre la transmission intégrale, on retrouve avec le Solterra un plaisir qui tendait à disparaître dans la gamme : celui de virevolter sur les routes en enchaînant les virages de toutes sortes. Mieux : quand on engage le mode Sport, on a l’impression que le moteur arrière est plus présent que l’avant, avec pour effet un comportement à tendance « propulsion ».

 

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Les passionnés comprendront ! Petite nuance tout de même, le Solterra ne parvient pas toujours à cacher sa masse de deux tonnes lors des séances de conduite engagée. Mais il se fait pardonner de tant d’autres façons…
Pour être complet, nous ajouterons que la transmission intégrale est aussi diablement efficace en conditions hi-vernales, même extrêmes, que les aides à la conduite sont très complètes mais parfois intrusives, et que le système multimédia, bien que très à la page et connecté, ne sera pas un argument d’achat décisif. Le Subaru Solterra dé-marre à 55 745 euros TVAC.

L’AVIS DE LA FAMILLE LAMARCHE

« Très honnêtement, nous ne sommes pas de ces connaisseurs qui attachent tant d’importance au fameux moteur Subaru. Pour nous, c’est une marque synonyme de fiabilité et de sécurité. Or, tout ce que nous savons jusque-là du Solterra colle à cette image. Le look ? Un peu baroque peut-être, mais plutôt pas mal à notre goût. Et le design du poste de conduite, avec ce tableau de bord repoussé loin vers l’avant, est sympa. Mais surtout, chapeau pour les places arrière. Quel espace, même der-rière un grand conducteur ! Le coffre annonce 452 litres, mais cela comprend à notre avis le double fond où l’on range no-tamment les câbles. Donc, au final, il ne reste pas tant que ça pour les bagages, et de toute façon, l’autonomie est pour nous un peu chiche pour voyager loin. Quelque part, c’est dommage, car outre le comportement très sympa du Solterra, il est aussi d’un confort assez agréable. Il y a à boire et à manger, donc. Mais à
55 000 euros, ça fait cher le menu ! »

DONNEES TECHNIQUES

L/l/h (mm) : 4 690 / 1 860 / 1 650 – 5 places – 2 010 kg – Moteur électrique – Puissance : 288 ch – Couple : 338 Nm – Conso WLTP : 16 kWh/100 km – Autonomie WLTP : 466 km – Prix : 55 745 euros TVAC

 

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L’AVIS DE L’EXPERT EN ECOCONDUITE

Pour moi aussi, le Solterra est typiquement Subaru. Car entre leur moteur certes fun mais pas économique et le « handicap poids » des quatre roues motrices, les voitures de la marque ont toujours eu bon appétit. Le Solterra aussi : Subaru annonce une moyenne WLTP de 16 kWh/100 km et 466 km d’autonomie. Malgré tous nos trucs, nous n’avons pu faire moins de 19 kWh/100 km, et pas plus de 320 km. Par temps froid, avec le chauffage, il faut le souligner. En été, peut-être que 400 km ou un peu plus sont envisageables. Quoi qu’il en soit, c’est un peu décevant pour la catégorie.

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