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Quand un Belge utilise Tinder pour voyager gratuitement

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Voyages

Anthony Botta, une Bruxellois de 26 ans a décidé d’utiliser l’application de rencontres pour voyager gratuitement dans le monde entier.

 

Car l’amour ne se limite pas forcément à quelques kilomètres de là où l’on vit, Anthony Botta, un Bruxellois de 26 ans, a décidé d’activer l’option Tinder Plus de la célèbre application de rencontres afin de voir si sa moitié ne vivait pas un peu plus loin que le plat pays. Cette option payante proposée par Tinder permet  de matcher avec des profils à distance. Mais le jeune Belge ne l’a donc pas seulement activée pour voir si sa future vivait à l’étranger, mais aussi pour pouvoir économiser quelques nuitées d’hôtels. Il a même lancé une chaîne YouTube où il raconte dans diverses vidéos « humoristiques » ses différents périples.

« Une fois mes études terminées, j’avais envie de partir voyager avant de commencer à bosser. J’avais plein d’idées : je voulais aller à Ibiza, faire un tour d’Europe à vélo avec un lapin… Et puis j’ai eu cette idée ». Cette « idée », c’était donc celle d’utiliser Tinder pour voyager et dormir chez l’habitant(e) sans dépenser un euro. En juin 2017, il part deux mois en Europe avec Tinder et visite huit pays et vingt villes. La durée de chaque voyage diffère : « En Pologne, je suis resté deux semaines, en République tchèque, 2 jours… Cela dépend de mon hôte, mais aussi de mes envies… ».

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De retour sur Bruxelles, le « Tinder Surfer » a trouvé un travail dans la communication, et repart en voyage le week-end ou dès qu’il a des vacances : « Sinon, c’est boulot boulot ». Car oui, même si Anthony se vante de ne pas payer d’hôtel ou d’Airbnb, il a bien fallu financer ses voyages et les frais inhérents sur place comme la nourriture : « Il n’y a pas de secret, j’ai toujours travaillé. J’avais fait des petits jobs étudiants avant de partir ».

Mais pourquoi ne pas simplement faire du couchsurfing ? « J’en avais fait dans le passé. Mais j’avais envie de faire quelque chose de différent. De sortir de ma zone de confort et de m’amuser ». Une envie de faire du buzz peut-être ? Car son « idée » de « Tinder Surfing » a suscité l’intérêt de plusieurs médias européens… « Non, cela n’a jamais été mon intention de devenir célèbre, mais juste de vivre de nouvelles aventures et les partager avec mes potes sur les réseaux sociaux ».

Je peux matcher une fille à Tokyo et dix secondes après en matcher une autre à New York.

C’est après trois ans passés sur Tinder, qu’Anthony s’est dit qu’il était temps de passer à la vitesse supérieure : « Beaucoup d’utilisateurs sont rapidement lassés et s’arrêtent au bout de quelques mois, mais moi depuis le début, je suis assidu. Je trouve que c’est une chouette application pour rencontrer des gens. Et je trouvais que cette application avait un potentiel plus grand que celui de base. J’ai donc débloqué l’option payante Premium afin de pouvoir choisir ma géolocalisation. Je peux matcher une fille à Tokyo et dix secondes après en matcher une autre à New York ». D’entrée de jeu, Anthony annonce la couleur quand il entamme la conversation avec la personne avec laquelle il a « matché » sur Tinder et lui envoie le lien de sa vidéo YouTube où il explique sa démarche de « Tindersurfing ».

Mais pourquoi ne choisir de dormir que chez des filles ? « Déjà, ce n’est pas possible de matcher sur Tinder avec les hommes qui sont sur l’appli pour rencontrer des filles. Après, oui, je pourrais matcher avec ceux qui recherchent des garçons ». Alors ? S’il explique ne pas l’avoir fait dans un premier temps car l’utilisation première de Tinder est avant tout pour rencontrer des filles avec qui il pourrait vivre une histoire d’amour plus que de voyage, Anthony admet : « C’est vrai que pour la deuxième saison de Tindersurfing, j’aimerais bien essayer de dormir une fois chez un garçon ».

« Forcément, un mec qui voyage avec Tinder, cela ne plaira jamais à tout le monde »

Anthony parle de « saison » pour une aventure qui a toutes les allures de celle d’une émission de télé-réalité et qui soulève la question de l’image de la femme et de l’honnêteté d’une telle démarche : « Forcément, un mec qui voyage avec Tinder, cela ne plaira jamais à tout le monde. Mais je reçois aussi beaucoup de messages positifs. (…) Toutes mes hôtes m’ont toujours accueilli parce qu’elles en avaient envie. On a toujours passé de bons moments, sans problèmes, comme des ‘Tinder date’ basiques. Quand des filles hébergent des garçons sur des sites de couchsurfing cela ne pose pas de problème, et là, juste parce que c’est sur Tinder, cela dérangerait ? ». 

Le voyage d’abord, l’amour après

Le « Tinder Surfing » d’Anthony est aujourd’hui possible car il est célibataire : « Si j’étais en couple, c’est sûr que ma copine n’accepterait pas que je voyage et aille dormir chez d’autres filles. En tout cas, si je rencontre l’amour, évidemment que j’arrête d’être sur Tinder ! ». Voyager avec Tinder a cependant aussi ses légers inconvénients : « on n’est jamais seuls, et on se dit qu’on aimerait bien l’être. Et la personne chez qui on est veut toujours tout nous montrer et nous éviter les pièges à touristes. Mais parfois, on aimerait juste se poser et visiter comme on veut ».

Walking into the weekend like…

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Pour le moment, Anthony pense d’abord à ses voyages avant de penser à l’amour, le vrai : « Pour mes prochaines destinations, j’aimerai bien faire quelque chose d’un peu plus exotique que la Slovaquie, donc pourquoi pas la Nouvelle-Zélande ou les États-Unis ». Toujours en utilisant Tinder bien-sûr. Bien qu’il avoue voyager également en famille ou avec ses amis, sans passer par l’application.

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