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Immersion dans le quotidien fantastique des concierges de palaces bruxellois

La mission des concierges : répondre à toutes les demandes, même les plus folles... | © Flickr @ Hotel Grande Bretagne

Voyages

Uniforme empesé, manières impeccables et disposition avenante, les concierges d’hôtels ne se départissent jamais de leur sourire, car aucune demande n’est trop folle pour ceux dont le métier est de satisfaire les moindres souhaits de la clientèle. Et parfois, même, à les anticiper. 

Un métier aux horaires exigeants et au quotidien imprévisible, auquel on vient par passion ou par hasard. C’est le cas d’Ahlem Mosaddak, Art Concierge au sein de l’Hôtel Amigo, arrivée dans la profession en deuxième mi-temps d’une carrière entamée au théâtre, dans la scénographie. Un univers précaire qui l’a poussée à accepter une mission temporaire au sein de l’Amigo, qu’elle n’a plus quitté depuis. Ayant repéré son goût pour les conseils personnalisés, et peut-être aussi séduits par son tempérament solaire, les concierges jusque là exclusivement masculins de l’hôtel lui proposent de rejoindre leurs rangs. Et depuis ce printemps, Ahlem y occupe le titre d’Art Concierge, chargée de dénicher les expositions les plus époustouflantes mais aussi tickets de concerts, galeries prêtes à ouvrir à toutes heures et adresses insolites pour les clients de l’hôtel.

Ahlem Mosaddak, Art Concierge au sein de l’Hôtel Amigo

Un métier qui la passionne, et tant mieux, car il ne s’arrête vraiment jamais. Pas question, en effet, de recommander la moindre adresse sans s’être assuré au préalable qu’elle valait vraiment la peine d’être visitée. « On vit nous même les expériences pour partager des vraies émotions avec les clients; ils savent qu’ils peuvent nous faire confiance parce qu’on leur confie les secrets de la ville » sourit Ahlem. Qui, quand elle n’est pas occupée à rassembler le meilleur de ce que la scène culturelle belge a à offrir, se tient prête à répondre aux demandes les plus pointues de ses clients. Des défis parfois particulièrement compliqués à réaliser. « Un soir, vers 18h30, on reçoit un appel d’un groupe de clients très importants nous signalant qu’une délégation diplomatique arrive à l’aéroport militaire et qu’il faut envoyer des mini vans pour les chercher. Sauf que l’accès à l’aéroport est extrêmement compliqué, raconte Ahlem. C’est là qu’il faut avoir un excellent réseau de contacts prêts à être activés« . Comme quand une cliente flashe un samedi soir sur un sac en vitrine de la boutique Furla et demande à pouvoir l’acheter dès le lendemain, ou qu’un habitué exige une place pour le concert ultra sold-out du soir même.

Ce qui est génial quand on est concierge, c’est que le métier est un challenge constant, on ne sait jamais ce qui nous attend.
Ahlem Mosaddak

Et si les journées se suivent sans jamais se ressembler, le métier est tout de même fait de quelques constantes, par exemple le fait d’être régulièrement amené à côtoyer des célébrités. Et Ahlem de parler avec enthousiasme de sa rencontre avec Scarlett Johansson, bluffante de simplicité et de naturel, mais aussi de la gentillesse et de l’accessibilité des chanteurs Roch Voisine et Francis Cabrel. Tout en avouant dans un sourire que malgré le fait de côtoyer régulièrement les grands de ce monde, en personne, ils restent tout aussi impressionnants. Un sentiment sans aucun doute partagé par ses collègues du Steigenberger Wiltcher’s.

Diamants sur canapé

Véritable institution bruxelloise, l’hôtel où Céline Dion a ses habitudes lors de ses descentes dans la capitale belge domine l’avenue Louise avec sa majestueuse façade immaculée. Plus récemment, ce sont notamment Lady Gaga et Julien Doré qui y ont séjourné, et si la conciergerie ne cite pas de noms, ils racontent toutefois que « certaines célébrités souhaitent à tout prix éviter la foule et les photos indiscrètes, et à ce titre, on nous a déjà demandé de calfeutrer toutes les fenêtres d’une suite« . Et il n’y a pas que les célébrités qui aient des demandes extravagantes. « Parfois, on a des demandes particulières, comme un client qui souhaitait acheter des diamants en toute discrétion, nous l’avons donc mis en contact avec la bonne personne. Un de nos concierges a également organisé une demande en mariage pour un de nos clients, il a trouvé des musiciens, les fleurs, un photographe et même l’endroit pour acheter la bague idéale ». Autant de moments d’exceptions qui contribuent à rendre le métier de concierge passionnant aux yeux de ceux qui l’exercent.

Contribuer au bonheur des gens et s’occuper des demandes plus extravagantes fait monter l’adrénaline et fait d’une journée ordinaire, quelque chose d’extraordinaire.

Et si les concierges restent aussi disposés à répondre aux demandes de leurs clients, il s’agit désormais de les anticiper avant même qu’ils n’aient pu les formuler. Ainsi, à l’hôtel Amigo, on retrouve désormais des concierges aux affectations spécifiques, de l’art à la gastronomie, qui se charge de prévoir des parcours et de compiler des adresses, à proposer selon les profils des clients. « Les Russes sont plutôt des grands mangeurs, tandis que les Japonais et les Chinois, eux, vont souvent nous demander de goûter à la gastronomie belge. Noordzee remporte toujours un franc succès, L’écailler du Palais Royal aussi » raconte Ahlem, qui ajoute que « personne n’est jamais revenu déçu du Colonel, leurs viandes maturées sont sublimes ».

La vi(ll)e en rose depuis l’écrin du Steigenberger Wiltcher’s

Au Wiltcher’s, plutôt que de personnaliser les attributions des concierges, ces derniers ont collaboré pour faire découvrir Bruxelles autrement à leurs clients. Grâce à un partenariat avec VILLO! et à l’oeil aiguisé des concierges, plusieurs parcours sur mesure ont été établis à travers la ville afin de découvrir ses merveilles avec un itinéraire guidé. Un parcours conçu avec passion et dont le concierge parle avec fierté, vantant les mérites de l’architecture Art Déco de la capitale, qui n’est qu’à quelques coups de pédale de l’hôtel. Découvrir la ville en « petite reine », une évidence quand on sait que dans les palaces, le client est vraiment roi. Et Bruxelles règne en maître : « la ville est en mouvement perpétuel, ce qui fait qu’on n’arrête jamais, il faut rester humble et accepter de toujours se remettre au goût du jour » souligne Ahlem. Avant d’ajouter, sourire Ultrabrite à l’appui : « ce n’est que du bonheur ».

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