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À Verviers, un patrimoine exceptionnel se dévoile à vélo

Verviers, capitale mondiale de la laine au XIXe siècle, possède un patrimoine exceptionnellement riche. | © WikiCommons

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Verviers, capitale mondiale de la laine au XIXe siècle, possède un patrimoine exceptionnellement riche, témoin de sa grandeur. Son territoire et ses alentours offrent un visage à la fois campagnard et (semi-)urbain dans un très beau paysage vallonné, Vesdre oblige. Le parcours verviétois du Beau Vélo de RAVeL donne l’occasion de partir à la découverte du patrimoine des entités de la région le long de 32,5 km d’itinéraire. Au fil des routes et chemins, la promenade égrène de nombreux monuments.

La balade démarre à Heusy, un quartier chic de Verviers aux allées bordées de villas bourgeoises, pour se diriger vers la commune de Theux. Un peu avant Jehanster, le château de Filanneux est typique des petits domaines du début du XXe siècle au style éclectique. Il a été construit en 1913-1914 par les architectes Vivroux père et fils pour Jean Montens d’Oosterwyck-Simonis, apparenté aux Simonis-Biolley, deux célèbres familles d’industriels verviétois. En hauteur, Jehanster est un beau village dont la constitution en seigneurie au Moyen Age est liée aux mines de fer. L’essentiel de son patrimoine consiste en des fermes en grès des XVIIIe et XIXe siècles. En son centre, l’église Saint-Roch ne présente pas une architecture très différente des autres églises du milieu du XIXsiècle mais abrite de belles orgues de 1680, originellement propriété des récollets du village voisin de Bolland et déménagées à Jehanster en 1873. Saint Roch, médecin français atteint par la peste et honoré le 16 ou le 17 août, était très populaire avant l’introduction de la pénicilline, au moment de la Deuxième Guerre mondiale, car il était invoqué contre les maladies contagieuses.

L’un des plus beaux villages de Wallonie

Aux portes de Limbourg, le château de la Louveterie, également dans la veine des grandes demeures d’industriels, a été érigé après 1783 pour François-Xavier Simonis afin de servir de pavillon de chasse. Son nom est associé au titre du sieur. Simonis, lieutenant de louveterie du département de l’Ourthe et donc chargé de débarrasser la région des loups, fort nombreux à l’époque. Si vous êtes tentés, la propriété est actuellement à vendre.  Après avoir croisé la route de l’aqueduc, vous surplomberez Goé. Considéré comme un des villages les plus anciens de la région, il dépendait au Moyen Age de l’abbaye augustinienne de Rolduc, située à Kerkrade, dans le Limbourg néerlandais. L’église Saint-Lambert, essentiellement de style gothique flamboyant, possède une particularité: un clocher tors. La flèche hélicoïdale à huit pans sur base carrée est en réalité plus penchée que tordue. On raconte que Léopold Ier aimait Goé et logeait au château lors de ses parties de chasse.

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Il faut encore quelques efforts pour accéder à l’un des plus beaux villages de Wallonie: Limbourg. Place forte sur un éperon rocheux dominant la Vesdre, Limbourg était la capitale du duché du même nom. Elle s’est convertie en bourgade paisible lors de l’avènement au XIXe siècle de Dolhain, en contrebas, en tant que centre économique. Encerclé de remparts, Limbourg conserve une allure médiévale, même si la plupart de ses bâtiments datent du XVIIIe siècle. Maisons de notables et d’ouvriers, église Saint-Georges adossée à la muraille, magasin à munitions, châteaux d’Andrimont et Poswick, auberges, ancien hôtel de ville, fontaine et pompes se trouvent de part et d’autre d’une grand-rue desservie par des cours et venelles se dirigeant vers l’enceinte, toutes étant pavées.  

La Place Saint-Georges à Limbourg. Flickr

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Pour retourner à Verviers, vos coups de pédale mènent à Stembert, qui s’occupait du travail à «demi-façon» de la laine (tonte, triage et tissage), mais l’arrivée de la vapeur a sonné le glas de la production textile dans le village. Si les bâtiments ont parfois souffert des velléités politiques – à l’exemple du château de Chaineux, dit des Moines car propriété et maison de convalescence des pères jésuites, complètement détruit en 1994 –, le folklore stembertois est par contre bien vivant, notamment lors de multiples jeux et processions.

Mal aimé

La traversée à vélo de Verviers fournit de très belles occasions d’apercevoir son patrimoine. Parmi tant d’autres, s’il n’y avait qu’un bâtiment à épingler, emblématique à la fois de la grande époque industrielle 
et des reconversions urbaines du XXe siècle, ce serait l’ancienne usine Simonis dite « Au chat », près de la Vesdre. Il serait plus exact de dire la « résidence Simonis », car le bâtiment le plus ancien de la fabrique a été restauré et transformé en 42 logements sociaux en 1990. A l’époque, le plan rectangulaire de belles dimensions, les baies à linteaux droits et l’utilisation de briques et de calcaire combinaient de façon harmonieuse les objectifs économiques et de prestige du bâtiment. La réaffectation de ce patrimoine industriel, qui reste mal aimé par beaucoup, a été saluée en Belgique et à l’étranger.

Information pratiques

L’AWaP s’associe cette année encore au Beau Vélo de RAVeL. Rejoignez nos équipes sur les 13 étapes de cet été. Verviers sera celle du 4 août : 32,5 km à travers 
la région, des hauteurs de Heusy à Goé et Stembert (voir le site de Vivacité).

Par Madeleine Brilot, en partenariat avec l’AWaP.

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