Paris Match Belgique

9 sites Unesco de Bourgogne-Franche-Comté à découvrir absolument

Au-delà des croyances de chacun, il est des lieux qui inspirent l’admiration, le respect et la quiétude dès le premier regard. La basilique et la colline de Vézelay, inscrites depuis 1979, sont de ceux-là. | © DR

Voyages

La Bourgogne-Franche-Comté recèle neuf trésors d’une valeur universelle exceptionnelle.

Hérités du passé et de prodigieuses conjonctions entre la terre et l’homme, blottis dans des écrins naturels de toute beauté, ces sites religieux, industriels, militaires, architecturaux ou archéologiques vous invitent à la découverte, à l’émerveillement et au ressourcement. Région française présentant le plus grand nombre de biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, la Bourgogne-Franche-Comté offre une diversité culturelle et naturelle d’exception, à admirer sans modération.

En quête de spiritualité

Pour entamer ce joli voyage, cap sur l’abbaye de Fontenay qui célèbre cette année ses 900 ans. Fondé en 1118 par Saint Bernard et inscrit à l’Unesco depuis 1981, ce joyau de l’art roman séduit par sa splendeur empreinte de sérénité. Superbement restaurés, son église, son cloître, son dortoir, sa salle capitulaire et sa forge offrent une vision précise de ce qu’était la vie monacale cistercienne. Son parc de deux hectares et ses jardins paysagers sont, eux aussi, des invitations à la contemplation. Emerveillement garanti.

L’abbaye de Fontenay.

Au-delà des croyances de chacun, il est des lieux qui inspirent l’admiration, le respect et la quiétude dès le premier regard. La basilique et la colline de Vézelay, inscrites depuis 1979, sont de ceux-là. Sur les pas des croisés et des pèlerins de Compostelle, l’ascension vers la basilique est une expérience quasi initiatique. Et quand on est arrivé au sommet, ce haut-lieu de la chrétienté, chef-d’œuvre de l’art roman, impressionne par son imposant narthex… avant de subjuguer par la luminosité de sa grande nef. En sortant, ne manquez pas d’admirer la vue qui s’ouvre sur le Morvan. Inoubliable.

La basilique de Vézelay.

Au Moyen-Age, La Charité était une puissante cité monastique, grâce à son prieuré, fondé en 1059 par l’ordre de Cluny, à qui l’on doit la célèbre abbaye du même nom. Inscrite depuis 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, le prieuré Notre-Dame de La Charité-sur-Loire étonne par son architecture profondément remaniée au fil du temps et la richesse de ses décors. Depuis vingt ans, un ambitieux programme de restauration a été engagé pour redonner à ce haut-lieu de l’art roman sa beauté d’antan. A découvrir.

Le prieuré de Notre-Dame de la Charité-sur-Loire.

Autre époque, autre lieu sacré d’exception. Avec ses généreuses courbes blanches, ses vitraux abstraits et son voile de béton brut dont la silhouette émerge des Vosges du Sud, la chapelle Notre-Dame du Haut de Ronchamp constitue un étonnant trait d’union entre passé et présent. Construite en 1955 par Le Corbusier, et inscrite depuis 2016 au titre de son œuvre architecturale et de sa contribution au mouvement moderne, la chapelle laisse, de l’extérieur, un souvenir impérissable au visiteur contemplatif. Puis elle subjugue, de l’intérieur, par ses jeux de lumière et de couleurs qui lui confèrent une atmosphère de paix et de joie mêlées. Une visite s’impose.

La chapelle de Ronchamp.

Lire aussi > L’oenotourisme, le nouveau « city-trip » qui rend heureux 

Des trésors de la nature, magnifiés par l’Homme

Pendant plus de 1 200 ans, Salins-les-Bains sut tirer profit d’un trésor de la nature, dissimulé dans les profondeurs de ses sous-sols : le sel. Aujourd’hui encore, une immense galerie souterraine, coiffée de magnifiques voûtes datant de l’époque médiévale, permet de découvrir les ingénieuses techniques de captage de la saumure, qui était ensuite chauffée dans de vastes poêles pour être transformée en or blanc. Inscrite depuis 2009, la grande saline de Salins-les-Bains possède la dernière poêle de France encore opérationnelle, témoin d’une technique millénaire… et du labeur des sauniers.

La grande saline de Salin-les-Bains.

Au XVIIIe siècle, la construction d’un saumoduc de 21 km, destiné à acheminer les eaux salées de Salins-les-Bains jusqu’à la saline royale d’Arc-et-Senans, constitua une prouesse. Inscrite depuis 1982, la saline royale est l’œuvre de Claude-Nicolas Ledoux. Puissante, majestueuse, grandiose, cette manufacture à l’architecture digne d’un palais traduit la vision humaniste d’une « usine modèle », parfaite illustration du mouvement des idées du siècle des Lumières. Un chef-d’œuvre industriel empreint d’élégance, subjuguant le visiteur qui, pour la première fois ou non, pénètre dans son enceinte.

Vue aérienne de la Saline royale d’Arc-et-Senans.

Autre trésor de la nature, véritable fleuron régional : le raisin. En Bourgogne, un « climat » désigne une parcelle de vigne, soigneusement délimitée depuis des siècles, qui possède son nom, son histoire, son goût et sa place dans la hiérarchie des crus. Ils sont 1 247 climats à se succéder sur un mince ruban de terre qui court de Dijon à Santenay, au sud de Beaune. Certains répondant aux noms mythiques de Chambertin, Romanée-Conti, Clos de Vougeot, Montrachet, Pommard… Une mosaïque de crus à ce point exceptionnelle méritait une reconnaissance. Ce qui a valu aux climats du vignoble de Bourgogne d’être inscrits en 2015 au patrimoine mondial l’Unesco.

Lire aussi > Dijon, l’épicurienne raffinée

De tout temps, l’envie 
de bâtir

Chef-d’œuvre inscrit depuis 2008 au titre des fortifications de l’ingénieur militaire Vauban, la citadelle de Besançon est considérée comme l’une des plus belles de France. Surplombant la vieille ville, lovée dans une boucle du Doubs, ses remparts offrent des panoramas d’une beauté à couper le souffle. Résolument vivante, la citadelle de Besançon abrite trois musées de France, et sa chapelle sert de décor à un fascinant spectacle multimédia immersif, qui fait la part belle aux paysages, aux titanesques travaux de construction ou encore aux scènes de batailles… De quoi ravir petits et grands.

La citadelle de Besançon.

Changement de décor : imaginez des lacs aux eaux poissonneuses, des forêts giboyeuses et un climat favorable à l’agriculture. Il n’en fallut pas plus pour que nos ancêtres s’installent à Chalain et à Clairvaux, dans le Jura. De la vie de ces premiers villages de pêcheurs et d’agriculteurs, datant de 5 000 à 500 avant JC, il ne resterait plus rien si l’eau n’avait pas permis une étonnante conservation. Inestimables témoins du passé, les sites palafittiques (sites préhistoriques sur pilotis) de Chalain et Clairvaux sont inscrits depuis 2011, avec 109 autres sites autour des Alpes. De quoi voyager dans le temps, au cœur d’une nature envoûtante. Avis aux amateurs !

Par Maryline Pouchain, en collaboration avec France.fr. Plus d’infos sur patrimoine.bourgognefranchecomte.com.

CIM Internet