La maison du Patrimoine médiéval mosan, perle architecturale de Bouvignes

L’ancienne maison espagnole, devenue Maison du patrimoine médiéval mosan. | © DR

Voyages

Entre fleuve et falaise, la localité dinantaise de Bouvignes charme et impressionne le visiteur. Mentionnée pour la première fois en 1188, la bourgade est riche d’une histoire forte et mouvementée, bien que ses origines plus lointaines soient mal connues.

C’est sans conteste au Moyen Age que l’endroit se développe, de par sa position stratégique face à Dinant, bonne ville de la principauté de Liège à l’époque, alors que Bouvignes relevait du comté de Namur. En lutte, les deux Etats doivent se protéger. Bouvignes se voit dotée de droits et de privilèges qui lui permettent d’ériger une enceinte. Autour de l’église Saint-Lambert et du château comtal, la ville se développe alors et poursuit sa progression jusqu’en 1554, année de l’incendie et du saccage de la quasi-intégralité du lieu par les troupes du roi de France Henri II. A l’Epoque moderne, la ville est reconstruite et des ordres religieux viennent s’y installer. Au XIXe siècle, un léger souffle de révolution industrielle anime Bouvignes qui, aujourd’hui, est devenu l’un des plus beaux villages de la vallée mosane. Le patrimoine préservé est exceptionnel, riche et varié et se découvre à pied, au fil des rues et venelles.

La maison espagnole

Sur la place du Baillage, espace central rappelant qu’autrefois Bouvignes était le chef-lieu d’un des baillages du comté de Namur, se situe l’un des plus beaux édifices du village. Cette maison, dite « espagnole » car elle fut construite à une époque où l’ancien comté de Namur faisait partie intégrante des Pays-Bas espagnols, a été érigée sur des soubassements médiévaux. C’est toutefois au XVIe siècle que la bâtisse telle que nous la connaissons a été élevée ; des études dendrochronologiques ont permis de dater la charpente d’entre 1568 et 1575. Son architecture, empreinte de style mosan traditionnel, se situe toutefois à la charnière des styles gothique et Renaissance. Probablement construite par le maître de forges Gobert Maistrecocq, la demeure reste entre les mains d’industriels et de grandes familles de maîtres de forges jusqu’en 1711. En 1888, elle est transformée en hôtel de ville, et restaurée pour la première fois entre 1917 et 1926. En 1977, une seconde restauration permet à l’ensemble de retrouver sa flèche, disparue mais qui était visible sur un dessin de Remacle Le Loup.

Une nouvelle jeunesse

Classé en 1948, le bâtiment est affecté à des activités culturelles en 1964, après une première fusion des communes dinantaises : on y trouve un musée et une bibliothèque. Un important chantier de restauration est entamé en 2004 dans le but de lui redonner un nouveau souffle. En 2008 est inaugurée la Maison du patrimoine médiéval mosan: cet espace muséal a pour vocation de mettre en valeur le cadre naturel, historique et patrimonial de la vallée de la Meuse. Il faut dire que le fleuve coule à quelques dizaines de mètres seulement de la « maison espagnole. »

Lire aussi > Herbeumont : Les méandres de l’Histoire se forment dans la vallée de la Semois

Via un parcours permanent proposant plusieurs thèmes, on découvre l’édifice mais aussi les très belles collections qu’il abrite. C’est ainsi qu’on se laisse séduire par une imposante maquette de 5,5 m de long présentant la vallée de la Meuse de Sedan à Maastricht. On comprend mieux ainsi l’importance stratégique et commerciale de cet axe primordial pour la Wallonie. D’autres thèmes évoquent la société médiévale, les châteaux forts d’autrefois ou encore le rôle majeur joué par l’Eglise à l’époque. Enfin, couleur locale oblige, une section est consacrée à l’art de la dinanderie : une success story qui, au Moyen Age, permit aux batteurs de cuivre dinantais d’exporter leur production aux quatre coins de l’Europe.

Informations pratiques 

Maison du patrimoine médiéval mosan, 
Place du Baillage 16 à 5500 Bouvignes. 
+32 (0)82 22 36 16
 info@mpmm.be www.mpmm.be.

L’exposition « Quoi de neuf à Poilvache ? », consacrée au château du même nom, est accessible jusqu’au 4 novembre, du mardi au dimanche de 10 h à 18 h (adultes 4 €, enfants 2 €). Un ticket combiné permet de visiter les ruines du château de Poilvache (5 €/3 €). Une visite commentée de l’exposition est organisée le dimanche 4 novembre à 15 h.

Par Frédéric Marchesani, en collaboration avec l’AWaP.

CIM Internet