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Chastre, une cité brabançonne riche d’histoire(s)

La ferme Rose, restaurée en 2009, qui abrite aujourd’hui la maison communale de Chastre. | © DR

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Historiquement situé à la frontière entre le comté de Namur et le duché de Brabant, Chastre et ses villages brabançons forment toujours la limite méridionale de la province du Brabant wallon, contiguë à celle de Namur.

Appartenant à l’arrondissement de Nivelles, l’entité compte 7 600 Chastrois, répartis entre les sept villages de Blanmont, Chastre, Cortil, Gentinnes, Noirmont, Saint-Géry et Villeroux. Commune à la fois rurale et résidentielle, elle est située entre Ottignies-Louvain-la-Neuve et Gembloux, à 40 km de Bruxelles et à 30 km de Namur. Bien desservie par les réseaux routier et ferroviaire, Chastre s’affirme comme le cœur administratif et économique moderne de sa commune. Cette dernière est sillonnée par deux charmantes petites rivières : la Houssière et l’Orne, affluents de la Thyle, qui contribuent à créer des paysages calmes et largement ondulés, situés à une altitude moyenne de 150 m. De superbes fermes anciennes, souvent encore en pleine activité, accrochent le regard dans ce panorama apaisé. Chastre est jumelée avec la municipalité de Lespignan, dans le sud de la France (Hérault), et avec la municipalité québécoise de Saint-Denis-sur-Richelieu (Montérégie).

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Les origines de Chastre remontent à l’Antiquité. Au début de notre ère, des légions romaines édifièrent un « castrum », campement militaire fortifié, non loin de l’actuelle maison communale, sur les lieux mêmes de la gare de chemin de fer. De « castrum » à Chastre, il n’y a évidemment qu’un pas, que tous les étymologistes auront aussitôt franchi. D’autres vestiges témoignent de cette période : la chaussée romaine de Brunehaut qui reliait Bavay à Cologne, le tumulus de Penteville à Saint-Géry, la villa gallo-romaine à Villeroux, fouillée entre 1968 et 1971, et enfin les deux tumuli de Noirmont, datant du IIe siècle après Jésus-Christ. Les fouilles archéologiques des tumuli, entreprises entre 1870 et 1874, ont permis d’y retrouver de superbes objets, visibles aujourd’hui aux musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles : une œnochoé, une coquille en ambre, un lézard en cristal de roche et divers autres objets et monnaies. Les tumuli et l’ensemble formé par les terrains environnants, mieux connus sous l’appellation « Les Tombes », sont classés depuis 1972 et inscrits sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie.

Monuments classés

Classée en 1981, l’ancienne propriété agricole, la ferme Rose, abrite la maison communale et le syndicat d’initiative de Chastre. Cet imposant ensemble architectural entouré de hautes murailles date du XVIIe siècle. Prolongeant le corps de logis daté de 1688 par les ancres, la grosse tour « donjon » est surmontée d’un toit pyramidal terminé par un lanternon octogonal ardoisé qui abritait un pigeonnier, privilège de la noblesse. En 2009, des travaux de restauration et d’aménagement ont donné un nouveau souffle au bâtiment.

La ferme rose de Chastre. – WikiCommons

Le village de Gentinnes abrite la ferme dite « La Grande Bierwart », classée en 1967. Ce bel ensemble rural du XVIIIe siècle est réparti sur un plan en L. Le pavillon d’entrée, s’élevant sur trois niveaux, est coiffé d’une toiture à la Mansart. La longue habitation, datée de 1719 par les ancres, est percée d’une jolie porte d’allure baroque.

L’énigme de la croix Saint-Géry

La croix de Saint-Géry est une croix en pierre, carrée, haute de trois mètres et plantée à un carrefour isolé, au croisement des routes allant de Saint-Géry à Noirmont et de Cortil à Villeroux. Dépourvue de toute inscription, elle demeure à ce jour une pierre d’achoppement pour les chercheurs, donnant lieu à toutes sortes de suppositions et de légendes dont aucune n’est cependant étayée par des données historiques. Nul ne connaît son origine, sa signification et la raison pour laquelle on l’a plantée là. La légende raconte que les habitants de Saint-Géry auraient érigé la croix pour prévenir une nouvelle épidémie de peste, fléau qui aurait déjà décimé le village en 1537 et 1617. Hélas, les villageois ne furent pas épargnés, et les survivants, furieux, décidèrent de punir la croix en l’expulsant du village. Cette hypothèse permettrait de situer la croix au cœur du XVIe siècle.

Informations pratiques : Une dizaine de balades vous invitent à parcourir les plus beaux endroits de la commune de Chastre, à pied ou à VTT. Leurs tracés vous permettront de circuler en toute sécurité, 
en évitant au maximum les axes routiers principaux et les chemins privés. Les points d’intérêt des promenades ont été rédigés en collaboration avec la commune, Chastre Biodiversité et le contrat de rivière Dyle-Gette.

Par Florence Pirard, en collaboration avec l’AWaP.

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