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À la découverte du patrimoine touristique préféré des Wallons

Les majestueuses ruines de l’abbaye de Villers-la-Ville. | © DR

Voyages

Cette semaine marque le lancement de la grande opération « Le Patrimoine préféré des Wallons », qui commence par la catégorie « Patrimoine touristique ». Celle-ci propose des biens d’exception principalement destinés à l’accueil du public.

Les cinq nominés, dotés d’une identité forte, révèlent la diversité et la beauté du patrimoine wallon. Afin de vous aider à faire votre choix, nous vous les présentons plus en détail.

L’abbaye de Villers-la-Ville, patrimoine exceptionnel de Wallonie

Fondée au milieu du XIIe siècle, l’abbaye de Villers va fortement se développer durant tout le XIIIe siècle. Alors à la tête d’un important domaine, elle se pare de l’ensemble des bâtiments typiques d’un site cistercien : cloître, ailes des moines et des convers, réfectoire, infirmerie, hôtellerie et porterie. S’y ajoutent en périphérie un moulin-boulangerie, une brasserie, une tannerie, une boucherie… Témoin de cet âge d’or, le moulin du XIIIe siècle abrite un centre du visiteur proposant un espace d’interprétation dédié à la vie monastique. Toutefois, l’élément sans doute le plus majestueux du site est constitué par les vestiges de l’abbatiale gothique, reconnaissable aux oculi superposés bien visibles au niveau du chœur et du transept ; un bâtiment de 92 m de long culminant, au niveau des voûtes, à 23 m de haut. Le XVIIIe siècle marque la dernière grande campagne d’embellissement des bâtiments monastiques avec, notamment, la construction d’un palais abbatial, l’aménagement d’une cour d’honneur et de jardins en terrasse, la reconstruction des galeries du cloître et de l’aile des moines, ainsi que d’une nouvelle façade néoclassique pour l’église dessinée par l’architecte Laurent-Benoît Dewez. En 1796, l’abbaye est vendue à un négociant en matériaux qui s’en sert comme carrière à ciel ouvert. Les ruines de Villers deviennent, dans les dernières années du XIXe siècle, la propriété de l’Etat belge, ce qui permet de sauver de la destruction un ensemble exceptionnel. L’abbaye, qui se visite tout au long de l’année, est aujourd’hui un pôle culturel riche en événements.

L’hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines, un site remarquablement conservé

La fondation de cette institution charitable s’inscrit dans le mouvement de créations hospitalières au Moyen Age dans les anciens Pays-Bas, dont l’un des exemples les plus connus est l’hôpital Saint-Jean à Bruges. L’hôpital Notre-Dame à la Rose fut fondé au milieu du XIIIe siècle par Alix de Rosoit, veuve d’Arnould IV d’Audenaerde, seigneur de Lessines et grand bailli de Flandre. Ce lieu unique fonctionnera pendant près de 750 ans grâce à la présence de religieuses, qui poursuivirent leur mission jusqu’en 1980. Il est l’un des derniers exemples de site hospitalier autarcique complet tel que conçu sous l’Ancien Régime. Bâtis en bordure de la Dendre, les bâtiments que l’on peut admirer aujourd’hui résultent d’une campagne de transformations débutée au XVIIe siècle. La salle des malades et la chapelle au très beau mobilier baroque qui la jouxte immédiatement datent du XVIIIe siècle, tandis que les trois salles des malades datent du XIXe siècle. Ces remaniements ont contribué à former un quadrilatère mêlant harmonieusement les styles gothique tardif et Renaissance flamande. Les nombreuses œuvres d’art et antiquités médicales, conservées là où elles ont servi, contribuent largement au caractère exceptionnel du lieu. L’hôpital, devenu musée, retrace l’histoire de la médecine et de la pharmacie du milieu du XIIIe au XXe siècle.

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Le Grand Curtius à Liège, ensemble muséal au cœur de Liège

Ouvert au public en 2009, le musée du Grand Curtius regroupe cinq monuments classés. Il s’articule autour d’un édifice de style mosan, la maison Curtius, qui domine l’îlot de ses quatre étages et de sa tour culminant à 35 m. Construit en 1603 par Jean de Corte, un riche marchand d’armes, ce bâtiment dévolu aux activités commerciales est composé de briques rouges rehaussées d’éléments structurels en pierre calcaire et de nombreux mascarons en tuffeau. Une impressionnante couverture en ardoises percée de lucarnes complète une toiture également agrémentée de détails dorés. L’homme d’affaires avait également fait bâtir son logis personnel en Féronstrée, l’un des axes principaux de l’époque. Deux autres monuments constituent l’écrin de l’actuel musée : l’hôtel Brahy et la maison de Wilde, qui ne formaient à l’origine qu’un seul immeuble, datant du XVIIe siècle. Elégant hôtel néoclassique, l’hôtel de Hayme de Bomal, cinquième monument de l’ensemble muséal, est l’exemple parfait de l’hôtel français du XVIIIe siècle, s’écartant totalement de la tradition des hôtels liégeois. Attribué à l’architecte Barthélemy Digneffe, son implantation en double accès en fait la particularité. L’entrée cochère par la rue Féronstrée donnait accès à une cour autour de laquelle se développaient des communs (cuisines, écuries…) qui permettaient de rejoindre les appartements de parade du premier étage, aux décors blancs et or raffinés, par un escalier monumental. La « belle » façade en calcaire donnait sur le quai de Maastricht, qui était alors un grand jardin en bord de Meuse. L’hôtel de Hayme de Bomal tint une place à part sous le régime français en devenant en 1800 le siège de la préfecture du département de l’Ourthe. Il reçut à ce titre la visite de Napoléon, une première fois lorsqu’il était Premier consul en 1803 et ensuite en tant qu’empereur, en 1811, ce que rappelle une plaque commémorative apposée en façade.

Le domaine des grottes de Han-sur-Lesse, un cadre naturel d’une beauté exceptionnelle

Avec ses 14 kilomètres de salles et de galeries découvertes à ce jour, les grottes de Han comportent des cavités creusées par la Lesse, formant un réseau souterrain extraordinaire. Une grotte est un magnifique phénomène géologique et hydrologique. La roche calcaire, constituée par une accumulation d’organismes marins (coraux, coquillages…) fossilisés dans laquelle la grotte s’est creusée, remonte à l’ère primaire, il y a environ 380 millions d’années. A cette époque, la mer recouvrait notre territoire. Sous l’effet de poussées verticales d’origine interne, la roche s’est fracturée en fissures, qui l’ont rendue très perméable. L’eau dans les fissures, celles-ci, les remplissant en attaquant les parois, et les a élargies petit à petit. Au fur et à mesure, des volumes d’eau de plus en plus importants, parfois de véritables torrents, s’y sont frayé un passage. Sous l’action des mouvements de terrain et de l’eau qui minait la colline de partout, la structure des roches a été ébranlée. Des blocs se sont détachés du plafond, des effondrements parfois importants se sont produits ; ainsi se sont formées les grandes salles. Dès que la rivière eut abandonné une galerie, des concrétions commencèrent à s’y former par l’action des eaux de pluie infiltrées. En 1902, suite à une découverte fortuite, de premières fouilles archéologiques furent entreprises. D’autres suivront durant tout le XXe siècle. Différents niveaux d’occupation humaine ont livré des vestiges allant de l’âge de la pierre aux Temps modernes, et des centaines d’objets ont été mis au jour. La fonction de la caverne a très certainement évolué au fil du temps : lieu de refuge, sanctuaire, repaire de brigands… Les études archéologiques en cours et les fouilles qui continuent à y être menées tentent de percer peu à peu le mystérieux et riche passé des grottes de Han. Le dernier nominé est le Mémorial du Mardasson à Bastogne.

Infos pratiques: La richesse touristique de la Wallonie n’est plus 
à démontrer ! Vous désirez voter pour votre site touristique préféré ? Vous avez jusqu’au 23 décembre 2018. Pour cela, rien de plus simple, rendez-vous 
sur www.awap.be – 081 65 48 60.

Par Florence Pirard, en collaboration avec l’AWaP.

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