10 bonnes raisons de partir à la découverte de l’Iran

10 bonnes raisons de partir à la découverte de l’Iran

L’immensité du désert, la blancheur des lacs de sel, les rivières, les montagnes, le bleu du golfe Persique… Autant de raisons de partir à la découverte de l'Iran. | © ©Mire Photo

Voyages

L’Iran fascine, intrigue, réveille curiosité et fantasmes. Culture millénaire et hospitalité légendaire, une destination à découvrir absolument malgré tous les préjugés qui l’enveloppent.


Révoltes, guerres, pacte nucléaire, sanctions économiques, l’Iran fait souvent la Une des pages internationales. Victime de son image, le pays voit son tourisme évoluer au fil des crises qui le secouent. Après un boum il y a quatre ans, les sanctions américaines freinent à nouveau les voyageurs.

Et pourtant, le pays aux multiples facettes a de quoi séduire: des cafés de hipsters de Téhéran aux paysages désertiques à couper le souffle, en passant par l’architecture islamique fantastique, le tout saupoudré d’un accueil incroyable… Ce n’est peut-être pas la destination la plus simple, mais elle bien l’une des plus passionnantes.

Voici 10 bonnes raisons de découvrir l’Iran…

1) Les sites historiques millénaires

Persépolis, l’ancienne capitale de l’Empire Perse. ©DR

Si beaucoup la résument aux dernières années mouvementées, l’histoire de l’Iran est millénaire et marquée par des personnages tels que Cyrus, Darius, Alexandre le Grand ou Genghis Khan. Ce vaste pays est parsemé de sites archéologiques plus impressionnants les uns que les autres : Suse, Pasargades, Naq e Rostam, Persépolis. Ce dernier site est le plus impressionnant de par sa taille, et par la monumentalité de ses édifices. Persépolis est l’ancienne capitale de l’Empire perse achéménide. A ne pas manquer également, les temples de feu, lieux de culte de la religion zoroastrisme, celui de Yazd est tout simplement magnifique.

2) Les palais incroyables et les jardins

Le palais Golestan à Téhéran. ©DR

Les deux dernières dynasties d’empereurs iraniens, les Qajar puis les Pahlavi, ont fait construire partout à travers le pays nombre de palais et résidences. Ces lieux à l’architecture de rêve témoignent d’une époque où la noblesse et ses fastes dominaient la société iranienne. Matériaux de luxe, décoration flamboyante, objets offerts par les souverains du monde entier (dont la Belgique), leur visite offre un véritable voyage à remonter le temps dont les Iraniens eux-mêmes raffolent.

A Téhéran, ne ratez pas le palais Golestan ainsi que le complexe de Niavaran. Chaque résidence luxueuse compte au moins un jardin, élément fondamental de la culture iranienne dont le rôle est, depuis toujours, de procurer une relaxation spirituelle et récréative. L’étymologie du mot paradis remonte d’ailleurs à l’ancien mot persan utilisé alors pour définir les jardins pairi-daeza (le parc animalier belge a trouvé son inspiration du côté de la Perse !). Généralement, un bassin est édifié au milieu, des rigoles aux tracés réguliers acheminent l’eau qui permet l’irrigation des plantes. Véritable jardin d’Eden, celui de Kashan vaut plus que le détour.

3) La vie urbaine de Téhéran

Les cafés de Téhéran où l’ont refait le monde. ©Mire Photo

La capitale Iranienne est une véritable mégapole. Les quartiers à la mode sont remplis de cafés branchés et alternatifs (comme le Nazdik Café), on s’y délecte des jus et milkshakes en tous genres et bien sûr des bières islamiques sans alcool. Autour du métro Ferdowasi, on retrouve des boutiques qui mettent en avant des designers locaux. La ville est d’ailleurs le symbole de tous les changements sociaux.

C’est devant la tour Azadi que se rassemblèrent en 1979 des centaines de milliers de personnes pour marquer la révolution, puis trente ans plus tard, pour protester contre le régime. Téhéran, c’est des musées, des centres d’art officiels ou des galeries plus underground, des fresques de street art religieux ou de martyrs sur les façades d’immeubles, des embouteillages, des restaurants qui ne ferment jamais, des centres commerciaux luxueux où se pavane la jeunesse dorée qui use et abuse d’Instagram, des théâtres…

Se balader dans les rues de la capitale est la meilleure manière de comprendre le quotidien de ses habitats tiraillés entre tradition et modernité… À quelques kilomètres à peine, les montagnes sont un spot parfait pour skier en hiver et randonner en été. La ville compte aussi d’immenses parcs où il est bon se poser, flâner, se retrouver en amoureux, lire, écouter un chanteur de poèmes ou encore partager un pic-nic en famille.

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4) Les mosquées bleues

La mosquée du Shah de Isfahan. ©DR

Les mosquées, avec leur style et leur forme unique, sont l’un des symboles et lieux centraux de la culture musulmane. Dès l’arrivée de l’islam en Perse et avec la construction des premières mosquées, ces édifices ont occupé un rôle à part entière dans l’histoire à la fois sociale, religieuse, mais aussi politique du pays. Les arts tels que la calligraphie, celui du stuc, l’utilisation des miroirs et des mosaïques, ont été progressivement intégrés à l’architecture.

Le blanc est le symbole du caractère sacré, le bleu azuré, couleur dominante symbolise l’immensité du ciel et l’absolu, le jaune évoque la lumière et le vert est un symbole de paix et d’espoir. A Isphahan, les sublimes minarets et coupoles formés de céramique turquoise de la place Naqsh-e Jahan sont à ne rater sous aucun prétexte. Les mosquées de Yazd et Chiraz, rivalisent elles aussi de beauté.

5) L’hospitalité

Partout où vous irez, on vous proposera un thé. ©DR

Partout où vous irez, quelqu’un vous invitera pour un thé, une pâtisserie, un repas ou même pour passer la nuit. Très vite, vous apprendrez l’art du T’aarof, le « langage de la politesse et de la louange». Un hôte est tenu de proposer à son invité tout ce qu’il pourrait désirer, et l’invité est lui-même obligé de refuser. Ce rituel peut se répéter plusieurs fois avant que l’hôte et l’invité ne parviennent enfin à déterminer si l’offre et le refus sont réels ou simplement polis. Parfois ça prête à de sérieux quiproquos. Mais outre le T’aarof, l’accueil est sincère et d’une extrême chaleur. Les locaux sont heureux de parler de leur pays et de leur culture et sont très curieux de rencontrer des étrangers. Le site Couchsurfing qui met en relation des voyageurs et des locaux est d’ailleurs très populaire malgré le fait que son utilisation soit illégale.

6) La nature incroyable

L’immensité du désert iranien. © Mire Photo.

L’immensité du désert, la blancheur des lacs de sel, les rivières, les montagnes, le bleu du golfe Persique… La nature est hyper variée dans cet immense pays dont la superficie est de 1 648 000 km² (soit 54 fois la taille de la Belgique). Pour explorer les plus beaux coins, il est impératif de passer par un guide local, seuls eux pourront vous emmener face à l’immensité. Vous les trouverez via des agences de voyages, sur le groupe Facebook See You in Iran, sur Tripadvisor ou sur Instagram. Une nuit dans le désert est vivement conseillée pour observer le lever de soleil et goûter à l’ambiance de liberté qui règne dans ce no man’s land.

7) La cuisine

L’immensité du désert. © DR.

En Iran, l’art de la table n’est pas une mince affaire. Manger est une activité plus qu’importante. Une fois avoir goûté plusieurs sortes de kabab, le khoresht (ragoût), l’ash (soupe) et le pain plat, demandez du fesenjun (poulet rôti avec sauce aux noix et à la grenade) ou un plat à base de bademjan (aubergine).

Essayez également la glace iranienne, préparée avec du safran, de l’eau de rose et du lait cru. C’est une tuerie. Chaque ville est marquée par des spécialités remarquables et les locaux ne vous laisseront pas repartir avant que vous y ayez goûté.

8) La poésie

©DR

Les Iraniens aiment à dire que même le plus pauvre des foyers possède toujours deux ouvrages : un Coran et des poèmes de Hafez. Presque chaque habitant peut citer les vers de ce prodige du XIVe siècle. À Chiraz, les tombeaux de Hafez et de Saadi attirent des pèlerins de tout le pays. Les Iraniens vouent un véritable culte aux grands poètes qui œuvrèrent pour la défense de la langue et de la culture persane en période de domination étrangère.

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9) Les bazars

Les ruelles enchevêtrées des bazars iraniens. ©DR

Chaque ville possède son bazar, ces labyrinthes d’allées couvertes où l’on trouve absolument tout. Au détour de leurs ruelles, entre les épiciers, les vendeurs d’or, les barbiers, les maisons de thé et les livreurs en scooteurs, vous trouverez votre bonheur. Celui de Tabriz est le plus beau et le plus vaste au monde. Comptoir très important de l’ancienne route de la Soie, cette « ville dans la ville » a été classée au patrimoine de l’Unesco. N’hésitez pas à faire un tour dans la partie des marchands de tapis qui ont depuis des siècles une renommée internationale.

10) Sortir de sa zone de confort

Voyager en Iran, c’est dès le début prendre un chemin différent. ©Mire Photo

Porter le voile obligatoire pour les femmes, se couvrir les fesses, respecter les règles religieuses, se balader sous le regard inquisiteur de la police des mœurs… L’Iran n’est pas une destination ultra accessible d’un premier abord. Y voyager demande une certaine ouverture d’esprit, mais une fois les préjugés dépassés, vous y découvrirez une terre riche, un peuple très éduqué, une culture raffinée.

Sur place, vous irez de surprises en surprises et réaliserez à quels points les enjeux géopolitiques et les habitants d’un pays sont deux réalités complètement différentes. Les Iraniens sont les premières victimes du système et de l’image de leur région. Et si on vous pose la question « mais pourquoi l’Iran ? », la meilleure réponse sera « et pourquoi pas ? ».

Infos pratiques

Quand partir ?: Le printemps et l’automne sont les meilleures périodes pour découvrir l’Iran.

Le visa : il est d’une durée d’un mois maximum, il peut se demander à l’ambassade ou directement à l’aéroport de Téhéran. Le passeport ne doit pas contenir de visa israélien.

Argent : En raison de la crise économique qui secoue l’Iran, le cour de la monnaie locale change tous les jours, renseignez-vous bien auprès des locaux. Ne changez pas avant d’être sur place. On ne peut pas utiliser de cartes internationales. Il est donc nécessaire d’emporter du cash en Euros.

Les incontournables : Il faut compter au minimum trois semaines sur place. La boucle « classique » compte Téhéran, Kashan Persépolis, Ispahan, Yazd et Shiraz. Si vous avez le temps d’aller aux îles du Golfe Persique, dans les stations balnéaires sur la Mer Caspienne, sur les Monts Elbourz, dont les sommets enneigés dépassent les 4 000 mètres d’altitude, n’hésitez pas !

Conseils aux voyageurs : Le pays est sûr pour les voyageurs malgré les problèmes géopolitiques. Avant de partir, reportez-vous au site du ministère des Affaires étrangères pour toute mise à jour des conditions de sécurité. Sur place, veillez à bien prendre en compte la culture islamique du pays.

À emporter dans sa valise : L’île longue, deuxième roman de la jeune belge Victoire De Changy. Une jeune femme arrive à Téhéran, elle rencontre Tala qui devient son amie, commence alors une quête familiale, une fable politique, une histoire de filiation entre femmes, mères sœurs et filles.

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