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Fairbnb, la riposte éthique à Airbnb

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Image d'illustration. | © Unsplash/John Towner

Voyages

Fairbnb souhaite concurrencer le géant de la location d’hébergements en ligne, en proposant une expérience touristique plus éthique et plus responsable. Comment ? En réinvestissant la moitié de ses bénéfices dans des projets locaux.

Depuis plusieurs mois, Airbnb connaît une mauvaise publicité. À Barcelone, frappée de plein fouet par la gentrification, les habitants en ont assez des flots de touristes qui envahissent ses rues. En pleine crise migratoire, certains graffitis préfèrent d’ailleurs expulser les visiteurs et accueillir les réfugiés. À Amsterdam, des manifestants se sont rassemblés en décembre dernier pour crier leur mécontentement face à la flambée des prix de l’immobilier. Paris aussi est partie en guerre contre le géant de la location d’hébergements. Anne Hidalgo, la maire de la capitale française, a récemment assigné en justice la plateforme pour avoir mis en ligne 1 000 logements non enregistrés. Saluée au départ pour son économie collaborative, Airbnb est aujourd’hui de plus en plus critiqué.

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Partant de ce constat, plusieurs alternatives ont vu le jour pour contrer le géant, dont Fairbnb. Comme son nom l’indique, cette nouvelle plateforme basée en Italie se veut éthique et collaborative. « Nous sommes partis du constat que l’économie de partage ne partageait pas toujours, voire plus du tout », explique à Tourmag Carlo Pesso, membre de l’entreprise et responsable du développement dans les pays francophones ». Cette alternative à Airbnb mise avant tout sur trois avantages : transparence, co-propriété et valeur ajoutée pour le voisinage. Cogéré par une coopérative d’utilisateurs et de voisinage, Fairbnb va ainsi réinvestir 50% de ses bénéfices issus des commissions dans des projets locaux, tels que des coopératives alimentaires à but non lucratif, des jardins communautaires ou encore des centres culturels. L’objectif ? Garantir l’absence de toute fraude fiscale, mais aussi faire en sorte que les habitants profitent du tourisme plutôt que d’en souffrir.

« Donner la priorité aux personnes au lieu des bénéfices »

« Nous voulons offrir une alternative; remettre au centre la communauté; donner la priorité aux personnes au lieu des bénéfices et faciliter des expériences de voyage qui soit durables, intimes et authentiques. Pour ce faire, nous créons une plateforme en ligne qui permettent tant aux hôtes qu’aux voyageurs de rentrer en contact de manière à créer du sens, tout en réduisant le coût pour la communauté », peut-on lire sur leur site de Fairbnb, qui a également décidé de limiter la location à un ou deux biens par citoyen. Cela n’éliminera peut-être pas certains des problèmes qui gênent les voisins des touristes, tels que le bruit. Mais cela empêcherait les « hôtes » de poster plusieurs maisons où ils ne vivent pas.

La plateforme sera lancée lors d’une phase test au printemps 2019, dans cinq villes européennes : Amsterdam, Barcelone, Bologne, Valence et Venise, avant une possible extension. Une levée de fonds sera également mise en place.

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