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Coups de cœur en Drôme, ce merveilleux territoire de vacances

Le château de Grignan. | © A. Maigre

Voyages

Entre Vercors et Provence, la Drôme développe de somptueux paysages aux châteaux remarquables et aux villages de pierre enserrés dans une végétation où la lavande, très présente, inscrit en saison son mauve souverain.

C’est aussi le premier département bio de France, et son terroir a le chic pour offrir de petites pépites parmi lesquelles on relèvera les truffes du Tricastin et l’huile de Nyons. Pas étonnant dès lors qu’on y trouve pas moins de sept chefs étoilés. Passionnante en toutes saisons, elle dispose aussi d’une offre sportive et familiale d’exception tablant, entre autres, sur le vélo.

Le château de Grignan, star des belles lettres

Parmi les nombreux châteaux que compte la Drôme, Grignan est le plus connu et possède l’histoire la plus riche. Si son origine date du XIIe siècle, son apogée se situe au XVIIe, lorsque Françoise-Marguerite, fille de la marquise de Sévigné, se marie avec le comte de Grignan, représentant du roi de France, et quitte Paris pour la province. Il s’ensuivra une correspondance soutenue entre les deux femmes. On retrouvera plus de mille lettres signées de la main de la marquise, dont huit cents à sa fille. Elle la visitera trois fois, mais restera au total quatre années au château. C’est aussi là qu’elle est morte. Celle qui ne s’est jamais considérée comme écrivaine et n’a pas écrit pour être publiée sera mise en lumière, un siècle plus tard, par sa petite-fille. Ayant perçu la qualité de ces lettres, celle-ci en pilote les premières éditions, faisant alors de cette épistolière de génie un phénomène littéraire.

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Quant au château, très fortement endommagé à la Révolution française, il subira dégradations et pillages pour n’être plus qu’une ruine au XIXe siècle. Racheté par une riche héritière du nord de la France qui lui consacrera plus de vingt ans de sa vie, il sera acquis par le département en 1979 et, labellisé « monument historique », enfin ouvert au public. Restauré depuis 2016, il permet aujourd’hui de découvrir le cabinet d’écriture de la marquise et la cour du Puits. De nombreuses activités culturelles y ont lieu, comme les « Fêtes nocturnes », un festival qui présente une création théâtrale. Cet été, on pourra y voir, en coproduction notamment avec le Théâtre de Liège, « Ruy Blas » de Victor Hugo, mis en scène par Yves Beaunesne. D’autres programmations en partenariat, comme le Festival de la correspondance, s’y tiennent également. Idéale pour parcourir le bâtiment gratuitement et de façon illimitée (ainsi que le château de Montélimar et celui de Suze-la- Rousse), la « Clef des Châteaux » est une carte d’ambassadeur aux avantages détaillés sur le site internet.

Un sommet de gastronomie

C’est dans ce village historique que se trouve aussi « Le Clair de la Plume », l’hôtel-restaurant du chef étoilé Julien Allano. Sa cuisine a été nourrie des plats que lui préparaient sa mère et sa grand-mère afin de cultiver le souvenir d’un père trop tôt disparu. Aujourd’hui, dit-il, il continue à écrire les pages d’un livre commencé par celui-ci et pratique l’évolution dans la tradition. Son plus grand bonheur est de travailler avec les petits producteurs des alentours. « Ma crème et mon beurre viennent de l’Ardèche, les pigeons de chez M. Durand, la pintade de chez M. Edmond. Je suis capable d’identifier le nom du pêcheur avec le nom du bateau de chaque petit poisson. Inutile de préciser qu’aucun ne provient de la pisciculture. »

Facade entrée Le Clair De La Plume. – Alain Maigre

Le ton est donné. Et comme la Drôme est le premier producteur de truffes, celle-ci est devenue l’un de ses aliments préférés à déguster lors des trois, quatre ou cinq « chapitres » de ses menus servis sous la belle verrière. Toutes ses truffes sont cavées à moins de 5 km de chez lui et il les décline dans ses plats jusqu’au dessert. Le plus ? Elles sont vendues à prix coûtant. Ce magicien de l’assiette prend grand plaisir à déguiser ses succulentes préparations et ose le chausson aux pommes qui, en réalité, est un effiloché de cuisses de lapin, ou la tarte aux chocolat derrière laquelle se cache une farce de foies de pintade. Arrivé à la formalisation des projets qui lui semblaient bons pour la pérennisation de sa maison, il propose également un bistro ouvert tout au long de l’année, sept jours sur sept. Entouré d’une équipe avec laquelle il fait corps, il parvient, à travers ses histoires, à faire voyager ses clients de façon magistrale en leur offrant un moment d’exception.

Ode à la lavande

On a coutume de dire que Montélimar ouvre les portes de la Provence. Aussi la ville a-t-elle puisé dans ses traditions et mis à l’honneur la lavande, plante emblématique s’il en est de la Drôme provençale, autour d’un événement : « Montélimar Couleur Lavande ». Cette manifestation qui a lieu les 13 et 14 juillet se déroule en plein air sur les Allées provençales, un espace piéton qui jouxte le jardin public et le cœur de la ville. Agréablement ombragé par de majestueux platanes, ce marché aux saveurs et senteurs locales propose un panel de produits liés à la lavande, des bouquets aux huiles essentielles en passant par le miel, les savons, les bougies ou les sorbets. De nombreuses animations sont prévues, comme un alambic qui fonctionnera à des heures précises, avec un lavandiculteur qui expliquera ce processus particulièrement odorant. Des conférences aborderont les usages et vertus de la plante.

Le monde fascinant des indispensables abeilles sera largement évoqué. Un champ de lavande éphémère, installé par les services des espaces verts, sera couplé à un atelier d’aquarelle qui devrait attirer les artistes en herbe. Les découvertes olfactives seront également à l’honneur sur le stand de l’office du tourisme, qui se déplace à l’endroit de la manifestation, de quoi essayer de reconnaître les senteurs emblématiques de la région : thym, lavande, romarin, basilic. C’est aussi le moment de profiter des visites guidées de la ville en nocturne, qui ont lieu en juillet et en août. Et peut-être de visiter le marché aux Potiers, qui se tient les 17 et 18 août au même endroit et rassemble des céramistes d’ici et d’ailleurs.

Tous à vélo 

C’est une histoire qui date des années 1990. La Drôme a été l’un des premiers départements cyclables au niveau national et a toujours poursuivi une politique en faveur du développement du vélo. Titrée « Destination Vélo » en 2017 et possèdant deux véloroutes Voies Vertes, la Via Rhôna (itinéraire cyclable reliant le lac Léman à la Méditerranée en suivant le cours du Rhône sur près de 700 km) et l’itinéraire Vallée de l’Isère (qui relie la Haute-Savoie à la Drôme, en suivant le cours de l’Isère puis en rejoignant la Via Rhôna), elle a réédité en 2018 sa cyclocarte « La Drôme à Vélo ». Disponible dans les offices de tourisme ou téléchargeable, celle-ci s’appuie sur 62 boucles appelées Bons Plans Vélo, soit 3 613 km mettant en valeur les richesses touristiques, patrimoniales et culturelles du territoire.

Route de la lavande, parc naturel régional des Baronnies provençales. – Alain Maigre

Elles conviennent à tous les niveaux, avec un choix de parcours très variés : plats, vallonnés, longs, montagneux ou ale bornage altimétrique des cols, très apprécié des cyclogrimpeurs, offre la possibilité de connaître l’altitude, le dénivelé, la pente moyenne ou encore la distance restant à parcourir. Enfin, 88 cols routiers, sans être mythiques comme l’Izoard ou l’Iseran, culminent quand même à 1 400 m de hauteur et permettent, par exemple, de suivre les « Routes du vertige », qui partent à l’assaut du Vercors, ou d’accéder au mythique mont Ventoux, tout proche. La Drôme s’affirme ainsi comme un département particulièrement diversifié, entre champs de lavande ou d’olives et escarpements impressionnants. Le label « Accueil Vélo » assure, quant à lui, l’identification des établissements et des lieux, offrant un accueil et des services appropriés aux cyclotouristes.

Par Christian Marchand, plus d’informations sur www.ladrometourisme.com.

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