Ecosse : Le paradis vert de Findhorn

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500 personnes vivent en marge de la société dans le nord de l'Écosse. | © Emmanuelle Eyles/Paris Match

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Dans ce village écossais, rien ne se perd, tout se transforme. Depuis plus de cinquante ans, les 500 habitants sont autosuffisants et vivent en harmonie avec la nature.

« Bienvenue dans mon baril de whisky ! » Craig, Australien septuagénaire, ouvre toute grande la porte de sa maison ronde au cœur de Findhorn. Occupé à fabriquer du vinaigre de pomme, il savoure la chaleur de son poêle, récupère son eau de pluie qui arrive dans l’évier au moyen d’un petit robinet et explique : « Nous sommes 500 environ à vivre en marge de la société de consommation et en accord avec la nature. Je ne jette rien, mes déchets vont à mes poules ou dans le compost géant du village qui devient terreau pour nos 3 hectares de jardins communautaires ».

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Les habitants cultivent les 3 hectares de jardins communautaires. © @Findhornfoundation

Arrivé il y a trente ans après avoir entendu une émission sur le village à la radio à Sydney, Craig n’est jamais reparti. « Quinze mille personnes viennent ici chaque année pour découvrir la vie de la communauté et apprendre. Certains restent une semaine, d’autres un mois, voire quelques années ». Autosuffisants en alimentation, les villageois sont végétariens et se partagent un parc de douze voitures électriques. Ceux qui n’ont pas monté leur propre affaire sont payés l’équivalent du smic et tous ont accès à la cantine pour environ 6 euros. L’électricité est générée par des panneaux solaires sur les toits et avec trois éoliennes.

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Des stages sont également organisés. © @Findhornfoundation

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L’autre source de fierté est la « living machine », la station d’épuration. Dans une vieille serre, des bassins agrémentés de plantes et de bactéries digèrent et purifient les eaux usées de toute la communauté. Le village possède également sa propre monnaie : l’eko. Ainsi, l’argent reste sur place sans jamais aller dans des banques extérieures. Il permet de financer les projets collectifs, comme l’achat des éoliennes ou de nouvelles parcelles de terrain. « Les revenus du village sont générés à 90 % par les stages que nous proposons », précise Yvonne, arrivée il y a trente-cinq ans. Daniela, jeune Allemande installée il y a peu après un burn-out, raconte tout en taillant des fruitiers : « Ici, les idées sont mises en application et ça marche. À Findhorn, l’empreinte carbone par habitant est deux fois moins importante que dans le reste du pays et qu’en Europe ! »

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