Le Petit Futé consacre un guide à la Corée du Nord, « une destination confidentielle »

Le Petit Futé consacre un guide à la Corée du Nord, « une destination confidentielle »

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La Corée du nord n'est pas le pays le plus difficile à traiter au niveau du tourisme. | © AFP

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Pour la première fois, le Petit Futé sort un guide de voyage consacré à une destination pas comme les autres : la Corée du Nord.

Une destination bien à part dans le paysage du tourisme. Pour la première fois, le Petit Futé sort un guide sur la Corée du Nord, destination que l’on imagine peu touristique mais qui accueille 400 Français par an, selon les équipes du groupe d’édition. Tous viennent découvrir un pays fermé, dirigé d’une main de fer par la même famille depuis 1948 et dont peu d’informations filtrent, laissant la place à un énorme mystère… et à beaucoup d’imagination. Et pourtant, l’idée est venue au groupe il y a quatre ans, voulant respecter l’ambition du Petit Futé de « proposer des guides sur tous les pays du monde sans exception, même ceux qui sont réputés les plus compliqués, les plus inaccessibles », explique Jean-Paul Labourdette, éditeur du Petit Futé. « Il y a des pays qui sont beaucoup plus difficiles à traiter sous l’angle touristique que la Corée du Nord », assure-t-il, citant les exemples de l’Afghanistan, du Soudan, de l’Erythrée…

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Bronze de propagande au Grand Monument Mansudae.
Bronze de propagande au Grand Monument Mansudae. ©Hugues de Zélicourt

Musées, restaurants, hôtels, représentations culturelles, la Corée du Nord semble présenter de nombreux attraits touristiques, au sein d’un régime très fermé et secret, dont le touriste est tenu à part d’une vaste partie de la réalité, n’étant autorisé qu’à suivre un parcours très établi. Tous les touristes sont accompagnés d’un guide, qui pourra indiquer quand prendre des photos -certains endroits sont interdits- et quelles règles respecter afin d’éviter tout risque. « Ce n’est pas une destination comme une autre, parce que c’est une destination rare, qui nécessite d’avoir un intérêt très, très fort pour cette région du monde, pour l’Asie du Nord-Est plus particulièrement, reconnaît Jean-Paul Labourdette. Ce n’est pas une destination de détente, de loisirs c’est vraiment une destination dite culturelle et qui est susceptible d’intéresser tous ceux qui sont passionnés par l’histoire de l’Asie du Nord-Est ».

« Une destination confidentielle »

Dans ce guide de 188 pages, très dense, les auteurs reviennent longuement avec une présentation factuelle de l’histoire de la Corée du Nord, un passage obligé pour expliquer un contexte politique tendu au sein d’un paysÉÉn plein cœur de l’actualité, notamment depuis la détente sur la péninsule coréenne et l’ouverture de discussions entre Donald Trump et Kim Jong-un -même si elles semblent, depuis l’échec du sommet de Hanoï, au point mort. Mais pour autant, pas question de livrer une analyse géopolitique : « C’est vraiment un guide qui a pour but de faire découvrir et de faire mieux connaître une destination et en l’occurrence dans le cas de la Corée du Nord ce qui nous intéresse c’est le potentiel touristique de ce pays. On peut y voir des choses, des lieux des monuments, des paysages et assister à des événements et des fêtes absolument exceptionnelles qu’on ne voit plus ailleurs dans le monde », poursuit l’éditeur. « Nous consacrons de nombreuses pages à l’histoire du pays, à son évolution politique, au régime tel qu’il est. Mais c’est énoncé de manière factuelle. On dit : voilà ce qui se passe, comment ça fonctionne, comment est organisé le régime politique, comment sont organisées les institutions, ceux qui les dirigent. On ne se prononce pas sur la politique menée par les régimes en question ».

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Musée central d'histoire de Corée.
Musée central d’histoire de Corée. ©Hugues de Zélicourt

Traitée comme les autres pays qui ont fait l’objet d’un guide auparavant, la Corée du Nord n’est évidemment pas une destination comme une autre. Jean-Paul Labourdette la compare à l’Allemagne de l’Est dans les années 1960, « quand il y avait le mur de Berlin où il y avait véritablement à Berlin-Est qui était une sorte de enclave d’inspiration soviétique, dont aujourd’hui il reste quelques vestiges » : « Je ne pense pas que la Corée du Nord deviendra une destination « mainstream », ça restera une destination confidentielle et c’est très bien qu’elle reste comme ça. Et surtout ce qui est très, très important c’est qu’il faut aller en Corée du Nord tant qu’il est encore possible d’y voir et d’y découvrir les vestiges d’une période, d’une époque qui est en voie de disparition dans les autres pays similaires. »

Impossible d’aller par soi-même en Corée du Nord

Les conditions pour se rendre en Corée du Nord sont très particulières : il est impossible d’entrer sur le territoire sans le visa que seules les agences agréées par le régime peuvent demander. Le futur touriste soumet à cette agence son souhait de visites et son parcours sera préparé à l’avance. Impossible, donc, de tester restaurants et hôtels dénichés au gré de ses balades dans Pyongyang et ses alentours, le guide s’est appuyé sur des visites répétées pour donner des conseils sur les adresses à privilégier, des conseils utiles pour préparer un éventuel voyage… ou pour la culture des plus curieux.

Parc des fontaines Hakdanggol.
Parc des fontaines Hakdanggol. ©Hugues de Zélicourt

Présentée comme une destination non dangereuse en terme de criminalité, la Corée du Nord impose tout de même certaines restrictions car les sanctions peuvent être très lourdes. L’exemple encore en tête est celui d’Otto Warmbier, un étudiant américain condamné à 15 ans de travaux forcés en janvier 2016 pour avoir retiré d’un mur une affiche de propagande. Le jeune homme a finalement été rapatrié un an et demi plus tard vers les États-Unis, où il est mort moins d’une semaine après des conséquences de sa détention, sa famille dénonçant « les mauvais traitements, atroces et barbares » qui avaient laissé chez lui d’importantes lésions cérébrales. L’agence de voyage qui avait organisé son déplacement avait par la suite annoncé qu’elle cesserait d’envoyer des touristes américains en Corée du Nord, estimant le risque trop grand.

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