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La Voyageuse, cette plateforme qui rassure les globe-trotteuses en solo

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Image d'illustration. | © Unsplash/Ibrahim Rifath

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Avec la plateforme en ligne La Voyageuse, les femmes seules peuvent parcourir le monde en toute sérénité. 

« Girls, the world is yours », « Femmes, le monde est à vous ». Voici le puissant slogan de La Voyageuse. Lancée en février 2019, cette plateforme en ligne met en contact des femmes seules et des « hébergeuses de confiance » pour permettre aux voyageuses en solo de se rendre partout où elles le souhaitent en toute sécurité, et sans dépenser quoique ce soit pour le logement. Un peu comme le très connu Couchsurfing, mais ce dernier n’est pas toujours rassurant pour les baroudeuses. La créatrice de La Voyageuse a d’ailleurs arrêté d’utiliser cet homologue mixte pour ces problématiques de sécurité. « Beaucoup de comptes sur les sites spécialisés sont des faux, créés par des gens qui ont de mauvaises intentions. Il m’est arrivé plusieurs fois de tomber sur des personnes malveillantes », confie à TV5 Monde Christina Boixière qu a parcouru le monde durant près de seize ans.

Pour éviter à ses consoeurs les expériences désagréables qu’elle a pu connaître, cette Bordelaise d’origine tawaïnaise a donc créé La Voyageuse, sur lequel les profils des hébergeuses sont vérifiés en deux temps. D’abord sur le plan digital, en exigeant un scan des papiers d’identité qui sont ensuite comparés au profil. Ensuite, sur le plan humain. L’équipe du site français contacte les candidates par téléphone pour connaître leurs motivations et leurs situations. Seules les plus sérieuses sont alors sélectionnées. Ce qui garantit aux femmes seules de pouvoir voyager sereinement. Les hébergeuses dignes de confiance peuvent ainsi informer leurs invitées sur leur destination, la culture locale et les endroits à éviter. Car, comme l’affirme Phumzile Mlambo‑Ngcuka, la directrice exécutive d’ONU Femmes, « les femmes courent dans l’espace public des risques auxquels ne sont pas exposés les hommes, dans leur pays et pas seulement ».

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Une véritable communauté

Mais la sécurité n’est pas la seule motivation de Christina Boixière. Elle veut également insister sur l’aspect communauté. Contrairement à Airbnb devenu trop impersonnel, la créatrice de la plateforme 100% féminine chercher à offrir un moment de partage, une expérience unique, et souhaite que les liens tissés durant le voyage durent. C’est la raison pour laquelle les hébergeuses ne touchent pas d’argent.

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© Pexels

Pour les voyageuses, en revanche, c’est « payant ». Pour avoir accès à la plateforme, elles souscrivent à un abonnement annuel de 119 euros, avant de se faire héberger autant de fois qu’elles le souhaitent, gratuitement. Le prix de l’adhésion permet de financer le système de vérification et le fonctionnement général de la plateforme, mais cette dernière précise, sur son site, que les bénéfices seront reversés pour organiser des actions en faveur des droits des femmes dans le monde.

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Vers l’égalité

Bien que pensée exclusivement pour les femmes, sa plateforme n’a rien de sexiste. Bien au contraire. Pour Christina Boixière, le voyage est une expérience que personne ne devrait s’interdire. Pourtant, avec les risques d’insécurité, de nombreuses femmes n’osent pas franchir le pas. Alors qu’il existe de nombreuses options d’hébergement chez l’habitant, La Voyageuse offre un choix alternatif à celles qui croient en la nécessité d’un environnement plus sûr pour les femmes. Avec sa plateforme, la Tawaïnaise aspire à plus d’égalités des genres. « Si les femmes ne se sentaient pas en danger, La Voyageuse n’aurait aucune raison d’exister… », lance-t-elle à Cheek Magazine, avant d’ajouter : « Et j’espère que dans 10 ans elle n’existera plus ! »

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