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5 villes pour (re)découvrir la Bougogne-Franche-Comté à travers les beaux-arts

On part en vadrouille. | © DR

Voyages

Dans l’intimité d’un palais ou au grand air, au cœur des métropoles ou loin des sentiers battus…. Au point de faire de la région une référence nationale en la matière. Par Emilie Chapulliot.

Belfort, Besançon, Dole, Dijon, sans oublier Ornans : du nord au sud, une diagonale de l’art transperce la Bourgogne-Franche-Comté. En première ligne, les beaux-arts, avec des réouvertures en rafale.

À Belfort

À Belfort, la Tour 41, bastion conçu par Vauban, reprend du galon : les travaux débutés il y a trois ans s’achèvent pour laisser place à un parcours entièrement repensé à travers les temps forts de l’histoire de l’art européen, du gothique rhénan au paysage hollandais du XVIIe siècle, avant d’enjamber le XIXe.

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À l’époque, l’histoire artistique de Belfort se dessine avec éclat : esquisses, tableaux de François-Joseph Heim et de Gustave Dauphin, sculptures de Frédéric Auguste Bartholdi ou d’Antonin Mercié. Les collections de Belfort offrent également un panorama du renouveau artistique de la deuxième moitié du XIXe siècle, avec les peintures de Courbet, Doré, Jongkind, ou la sculpture de Rodin, Barye ou encore Frémiet. Au-delà de l’espace dédié au sculpteur Camille Lefèvre, le musée nouvelle version offre un vaste espace d’expression au peintre belfortain Bernard Gantner (1928-2018), à travers une démonstration de sa proximité avec l’art japonais.

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À Besançon

Le voyage initiatique se poursuit à Besançon où, après une parenthèse de trois ans, c’est un jeune et moderne musée des Beaux-Arts et d’Archéologie qui a ouvert ses portes en novembre dernier. Désormais, de nombreux chefs-d’œuvre gardés jusque-là dans les réserves, s’offrent à la vue des publics. Le nouvel ensemble, très lumineux, créé par l’architecte Adelfo Scaranello, donne l’illusion d’un intérieur à l’extérieur. Ainsi, depuis la rue, chacun peut apprécier les œuvres d’art exposées le long des galeries, comme un avant-goût d’une visite pleine de promesses. Et quand la nuit tombe sur Besançon, l’éclairage subtilement maîtrisé apporte une vision différente de l’histoire de l’art et de l’archéologie. Un bel hommage à la plus ancienne collection publique française.

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À Dole

Encore quelques kilomètres et nous voici déjà à Dole. De la préhistoire à l’art contemporain, son musée des Beaux-Arts fait défiler le temps. La richesse du fonds d’art ancien nous rappelle que cette petite ville a tout d’une grande. Capitale de la Franche-Comté jusqu’en 1678, elle possède en effet une impressionnante collection de sculptures bourguignonnes et comtoises du Moyen Age au XVIIIe siècle, de peintures françaises des XVIIe et XVIIIe siècles et de pièces emblématiques de l’école italienne et nordique, sans oublier une collection XIXe siècle (Jongkind, Courbet) et une approche résolument contemporaine, avec la Figuration narrative et le Nouveau Réalisme.

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À Dijon

Dernière étape de notre voyage au pays des Beaux-Arts : Dijon. Après deux campagnes de travaux menées sur près de dix ans, le musée des Beaux-Arts entame une nouvelle vie. Logé dans le palais des Ducs et ouvert sur un quartier des arts piétonnier, il dévoile sa métamorphose : à travers huit séquences chronologiques, vingt siècles d’histoire défilent, des sarcophages égyptiens à l’art contemporain, des tombeaux des ducs aux arts décoratifs en passant par les dessins et les sculptures. Un musée au goût du jour, gratuit et vivant : boutique et brasserie chic à l’intérieur, programmation étonnante hors les murs en partenariat avec des lieux phares de la création contemporaine. Pour son exposition inaugurale, le MBA a justement choisi Yan Pei-Ming, peintre de renommée internationale installé à Dijon. Premier artiste à exposer au Louvre de son vivant, il couche avec énergie les visages des grands de ce monde – de Jean-Paul II à Michael Jackson – et d’anonymes sur des toiles XXL.

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À Ornans

Ming a également pris ses quartiers d’été à Ornans, pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Gustave Courbet. Dans le musée qui porte son nom s’instaure un dialogue inédit entre les deux maîtres, à six générations d’écart. Les œuvres se répondent, se confondent et se révèlent ensemble. Dans l’atelier de Courbet – actuellement en cours de restauration –, Yan Pei-Ming réalise depuis le mois de mars les toiles qui viendront relever le défi d’un prochain face-à-face. Pivot du Pôle Courbet, le musée d’Ornans nous invite à poursuivre notre quête artistique hors les murs : à la ferme de Flagey pour mettre un pied dans l’enfance de Gustave Courbet, dans ses pas sur les sentiers de découverte ou dans l’intimité de son atelier.

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Les oeuvres du FRAC

Cette volonté d’ouverture, ce souffle artistique nouveau et ce dialogue permanent entre passé et présent nous montrent à quel point la Bourgogne-Franche-Comté a aussi un faible pour l’art contemporain. En Franche-Comté, la Cité des arts de Besançon s’est installée dans une friche industrielle brillamment réhabilitée par le célèbre architecte Kengo Kuma. Derrière cet édifice hors norme, le FRAC (fonds régional d’art contemporain) et ses collections qui tournent autour du temps, comme un clin d’œil au passé horloger de la ville. En Bourgogne, le FRAC coule quant à lui des jours heureux aux Bains du Nord, les anciens bains publics de la ville de Dijon. Des deux côtés, des collections rares d’une richesse artistique irréfutable et l’envie de vous surprendre. n

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