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À la découverte d’Enghien, ville d’art et d’histoire

Au cœur du parc d’Enghien, l’élégant pavillon des Sept Etoiles de style baroque. | © DR

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Située dans la province du Hainaut, à la frontière du Brabant et de la Flandre, la cité née il y a 1 000 ans…

 

Par Florence Pirard

La ville d’Enghien doit sa naissance à la famille du même nom, qui deviendra l’une des plus illustres du Hainaut. Le premier de ses membres dont il est fait mention est Englebert Ier d’Enghien, en 1092. L’agglomération d’Enghien se développe dans la deuxième moitié du XIe siècle autour d’un « castrum ». Vu sa position géographique stratégique et sujette à convoitise, Enghien va évoluer dans un contexte politiquement délicat pour tenter d’acquérir puis de conserver une certaine autonomie vis-à-vis de son puissant voisin, le comté de Hainaut.

Dotée de fortifications (achevées vers 1350) mais aussi de multiples privilèges, la cité connaît au xive siècle un important essor économique et commercial qu’atteste le développement en son sein d’une dizaine de métiers, notamment des tapissiers, qui reçoivent des commandes d’un peu partout. Leur réputation les hisse aux xve et xvie siècles aux côtés des tapissiers bruxellois

Enghien est aussi le siège de marchés très fréquentés et possède sa halle aux grains, aux toiles, aux draps et au cuir. En 1607, la seigneurie est achetée par le comte Charles d’Arenberg et son épouse, la duchesse Anne de Croÿ. Cet événement marque le début d’une longue série de réformes administratives et judiciaires. Les époux interviennent aussi en faveur de plusieurs congrégations religieuses de la ville, impliquées en particulier dans l’enseignement et les soins caritatifs. Mais plus encore, les d’Arenberg vont consentir des sommes énormes pour l’aménagement du parc d’Enghien et des jardins, qui deviendront les plus remarquables des Pays-Bas.

Une cité fortifiée

Les vestiges des remparts de la cité médiévale. ©DR

La première muraille bâtie autour d’Enghien date du début du xive siècle. À cette époque, les fortifications comprennent aussi des fossés sur tout le pourtour. La consultation des archives et des comptes communaux a permis d’attester que l’entretien de ces fossés et des viviers qu’il faut curer, ainsi que la maintenance des portes et murailles qu’il faut réparer, constituaient une charge financière considérable, voire difficilement supportable. En 1539, on déplore déjà que portes, tours et murailles tombent en ruine. En 1670, les remparts sont « dévalisés, ruinés, rompus et mis en sombre état ».

Le plan d’Enghien établi au milieu du XVIe siècle montre que l’espace intra-muros est accessible par cinq portes et deux poternes (portes secrètes d’une muraille). Trois portes principales étaient munies d’un pont-levis qui enjambait les fossés : les portes d’Hoves, d’Hérinnes et de Bruxelles. C’est là que le droit de tonlieu était perçu sur de multiples marchandises. Chacune de ces portes avait son portier attitré et rémunéré par le magistrat auquel il empruntait les clefs le matin pour les rapporter le soir. Dès le début du XVIIIe siècle, les matériaux des ouvrages défensifs sont récupérés par la population pour diverses constructions. Il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour qu’Enghien s’étende au-delà de ses anciennes fortifications. Hormis certaines traces dans la toponymie, seuls quelques vestiges en sont encore visibles aujourd’hui. Ils sont classés depuis 1982.

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L’église Saint-Nicolas d’Enghien

L’église Saint-Nicolas d’Enghien, bâtie aux XIVe et XVIe siècles en style gothique. ©DR

L’église Saint-Nicolas d’Enghien est un édifice de style gothique des XIVe et XVIe siècles, bâti à l’emplacement d’un oratoire primitif. Le monument est classé en 1947. Durant le XVIIe siècle et à la demande de la duchesse Anne de Croÿ, le bras sud du transept est aménagé en chapelle de style Renaissance dédiée à Notre-Dame du Rosaire. Au XVIIIe siècle, la croisée du transept est surmontée d’une tour néogothique composée d’une superposition de deux registres d’ouïes. Ces dernières sont séparées et surmontées par deux balustrades, l’une aveugle et l’autre ouverte de trilobes. Le sommet, composé d’un campanile octogonal, est flanqué de tourelles d’angles amorties en pinacles.

Un jardin exceptionnel

Au cœur du parc d’Enghien, l’élégant pavillon des Sept Etoiles de style baroque. ©DR

« Les jardins d’Enghien sont la plus belle chose du monde et la plus extraordinaire, mais il faudrait un temps infini pour en faire la description » (Mémoires de Mademoiselle de Montpensier).
Le parc du château est devenu, au début du XVIIe siècle, lorsqu’il fut acquis par la famille d’Arenberg, un vaste jardin d’agrément. Considéré au XVIIe siècle comme l’un des plus beaux jardins d’Europe, le domaine a connu, en trois siècles, de formidables évolutions et restaurations.

Deux espaces principaux structurent le parc. Le grand rectangle, divisé en cinq jardins clos à thèmes distincts, conserve notamment un magnifique pavillon chinois (XVIIe-XVIIIe siècles), unique par son décor en fauxmarbre imitant la laque de Chine. De l’élégant pavillon des Sept Etoiles, de forme heptagonale et reposant sur sept paires de colonnes toscanes, partent quatorze allées plantées d’essences différentes. Ce pavillon de 1661 bâti en style baroque est entouré d’une balustrade en pierre. Il est planté au milieu d’un bassin circulaire, appelé rond d’eau. À l’entrée du parc, le jardin des Fleurs est un jardin carré et clos à la française, planté au XVIIe autour d’un bassin central orné de coquilles de crustacés. Il a été entièrement restauré en 1998 sur base des archives disponibles. Deux pavillons, une balustrade de pierre bleue et un escalier en arc de cercle marquent son accès principal.

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Composé d’une mosaïque de plans d’eau, de bois et de jardins, le parc d’Enghien constitue un site remarquable par son aspect tant écologique que botanique. De nombreuses espèces d’arbres, de plantes et d’animaux vivent en harmonie dans ce magnifique théâtre de verdure. Malmené aux XIXe et XXe siècles, le parc fait actuellement l’objet d’un vaste programme de restauration. Le charme et la quiétude de ces paysages idylliques en font un véritable havre de paix en plein centre-ville.

Le château Empain, d’une surface habitable de 450 m2, a été construit en 1913 par l’architecte Alexandre Marcel pour le baron François Empain, sur l’emplacement de l’ancienne orangerie du domaine. L’édifice est de style Louis XV et néoclassique. À l’intérieur, on découvre une suite de salons remarquables par leurs décors, lambris et peintures : salon égyptien, salon de la musique, de la chasse, des sports. Les deux ailes latérales datent de 1926. Propriété de la commune d’Enghien depuis 1986, il est aujourd’hui loué pour l’organisation d’événements.

Préparer sa visite à Enghien

Le jardin des fleurs dans le parc d’Enghien. ©DR

Aux portes de la Wallonie picarde, à 30 km de Bruxelles et 50 km de Lille, cette magnifique ville est une destination privilégiée pour vos escapades de découverte. Outre les splendides jardins et bâtisses du parc, la ville d’Enghien s’apprécie également au gré de ses rues étroites, bordées de bâtiments du XVIIe et XVIIIe siècles. Son patrimoine est riche de nombreux monuments prestigieux : l’église Saint-Nicolas ou la maison Jonathas, ancien donjon abritant une remarquable collection de tapisseries anciennes. Pour les groupes, la visite « privilège » ouvre la porte des endroits habituellement inaccessibles au public (souterrain, tour de la chapelle castrale…).
Manifestations florales, musicales ou artisanales, fêtes folkloriques, au encore journées de découverte nature rendront le séjour à Enghien inoubliable.

À pied ou à vélo

Le château Empain. ©DR

Les amoureux de la nature ne sont pas oubliés à Enghien. Outre la ferme-musée de Marcq qui offre une véritable rétrospective de la vie agricole d’antan, la ville propose toute une série d’itinéraires pédestres ou cyclistes permettant de découvrir le calme et la beauté de la campagne environnante. Deux parcours touristiques, l’un pour les enfants et l’autre pour les adultes, emmènent les visiteurs à la découverte du parc d’Enghien grâce à un système d’audioguidage.

INFOS
www.enghien-edingen.be/fr

 

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