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Cinq astuces pour voyager sans rien dépenser

Tomislav Perko livre ses conseils alternatifs. | © Flickr/Alex Smith

Voyages

Voyager sans rien dépenser (ou presque), c’est possible. Pendant sept ans, Tomislav Perko a parcouru le globe avec un budget moyen de moins de 8€ par jour. De passage à Bruxelles, il livre quelques conseils.

Un étudiant en voie de prendre année sabbatique après sa rhéto. Un jeune diplômé qui ne veut pas se lancer directement dans le monde du travail. Ou encore un salarié quittant son CDI pour parcourir le monde. Ils sont nombreux, toutes générations confondues, à avoir des fourmis dans les jambes et dans le sac à dos. Mais, pour beaucoup, un élément manque cruellement pour mener à bien leur projet : l’argent.

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On ne parle pas ici de beg-packers mais bien de voyageurs économes. Tomislav Perko fait partie de la deuxième catégorie. Ce Croate, ancien courtier en bourse, a tout perdu lors de la crise financière de 2008. Ce fut le déclic, ce jeune homme de 30 ans avait besoin de changement. Il décide alors de partir à l’aventure et découvrir de nouveaux horizons. Cette prise de conscience et de courage fut le début de sa nouvelle vie. Depuis lors, Tomislav a parcouru le monde, en dépensant le moins d’argent possible. Entre 7 et 8 € par jour, pour être précis.

Aujourd’hui, il en a même fait sa carrière, voyageant dorénavant pour tenir des TED Talks et autres conférences pendant lesquels il parle de son trip économe de sept ans et conseille les indécis de se lancer dans leur propre aventure. C’est à celle de Bruxelles, à l’ULB, que l’aventurier nous a offert quelques astuces pour voyager sans (presque) rien dépenser.

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Utiliser des moyens de transports alternatifs

Pour les sportifs (et les patients) : la marche et le vélo. Mais Tomislav Perko conseille fortement le stop, qui, d’après lui, est loin d’être réservé aux voitures. En effet, pour traverser les océans, le globe-trotter a fait du « bateau-stop ». Mais il tient tout de même à préciser qu’il faut suivre certaines règles : ne jamais en faire de nuit, ne pas être inconscient, garder son bon sens et avoir quelques anecdotes en tête pour combler les longs silences.

Tomislav Perko

Avant de se lancer dans cette aventure sur le (très) long terme, il avait lancé un Pékin Express version croate, une course en auto-stop qui partait de Croatie jusqu’à Istanbul. Le groupe de participants était, à sa grande surprise, constitué d’une majorité de débutants dont une : Ana Bakran. À la fin de la course, la jeune femme ne voulait pas s’arrêter là et décida de continuer jusque Bora Bora. La preuve que le stop et l’aventure ne sont pas réservés qu’aux hommes.

Ne pas se presser

40 pays, 50 000 kilomètres parcourus. Certains diront que c’est très lent mais d’autres comprendront que la rapidité est à éviter si le voyage doit être le moins cher possible. Finis l’avion et les trains. Avec le stop, le voyageur n’est quasi plus maître de sa destination, il prend ce qu’on lui propose. Dans tous les cas, il faut prendre le temps de réfléchir à ses dépenses mais aussi prendre le temps de profiter des différentes cultures qu’offrent la destination choisie ou imposée.

Tomislav Perko

Loger chez l’habitant

Avant de partir pour l’aventure de sa vie, Tomislav s’était inscrit sur Couchsurfing pour accueillir chez lui, en Croatie, des voyageurs du monde entier. Une manière de voyager et de voir sa propre ville différemment. « Une école alternative », selon lui, car il a pu apprendre quelque chose de chaque personne qui dormait sur son canapé. Lors de son voyage, Tomislav a utilisé le même site pour dormir gratuitement chez l’habitant, lorsque les chambres d’auberges ou d’hôtels étaient trop chères.

Mais le couchsurfing n’est pas la seule manière de loger gratuitement à l’étrange. Il existe également Homeexchange, un troc de maisons ou d’appartements. Une opportunité incroyable qui profite aux deux parties. Le site, le plus populaire dans son domaine, compte plus de 65 000 logements dans près de 150 pays. Autre possiblité : le logement en échange d’un travail. À l’image du woofing, cette possibilité permet de se dépayer tout en exercant un tourisme responsable. Si la météo le permet, le camping reste toujours une possibilité.

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S’adapter au lieu

Pour Tomislav, l’Inde et l’Australie demandent les mêmes dépenses. Incroyable mais vrai. Tout dépend du style de voyage. En Inde, le coût de la vie permet de dormir dans des auberges et manger dans un restaurant pour seulement quelques euros, alors qu’en Australie, Tomislav a dû penser « alternatif », de là à faire les poubelles des super-marchés à leur fermeture. Ce qu’il n’aurait bien sûr pas fait en Inde… Il suffit de s’adapter.

Pour rester en Australie et financer son voyage, Tomislav a également travaillé « 13 jours pour 8 mois de voyage« . En effet, le pays est réputé pour être cher mais aussi pour ses salaires très intéressants. Par exemple, pour simplement montrer le bon passage aux piétons lors de travaux, l’aventurier devenu travailleur temporaire était payé 20 $/heure.

Voyager pour les gens et non pour la destination

Une question adressée souvent à Tomislav Perko : l’organisation. A-t-il tout planifié à l’avance ou vit-il d’improvisation et d’eau fraîche ? La deuxième option, il organisait seulement ses voyages en fonction de sa destination du moment et du besoin de visas. Dans les deux cas, le Croate affirme qu’il faut voyager pour les gens et non pour la destination, sans jamais les juger. Ce dernier point, il s’en est rendu compte au début de son voyage, en Inde lorsqu’un homme a jeté ses déchets à travers la fenêtre d’un train. « Ce n’est pas à moi de dire comment vivre, ce n’est pas mon rôle. Je suis un voyageur, un invité dans leur pays« . Cette anecdote lui a inspiré une philsophie de voyage mais aussi de vie : « apprends, observe, ne juge pas ».

En s’adressant à une foule de jeunes rêveurs, le trentenaire a terminé sa conférence par le plus grand conseil qu’ils pouvaient espérer : une question existentielle, « Que ferais-tu si tu savais que tu ne pourrais pas échouer ?« . Une remise en question qui pourrait en convaincre plus d’un.

Durant sept ans, Tomislav est parti sur la route pour trouver un sens à sa vie après la crise financière qui l’a fortement touché. Sept ans plus tard, il ne l’a toujours pas trouvée sur son chemin mais il profite de la recherche.

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