Voyager durable : Et si on mettait de l’éthique dans ses bagages ?

En quinze ans, le nombre de voyageurs à travers le monde a doublé et nombre de familles sont désormais à la recherches d'aventures porteuses de plus de sens. | © BELGA

Voyages

En quinze ans, le nombre de globe-trotters a littéralement explosé. Désormais, ils sont de plus en plus nombreux à voyager en quête de sens, à la recherche d’expériences insolites, mais aussi plus durables et solidaires. Une aubaine pour les « voyagistes alternatifs », qui proposent des aventures équitables, qui font du bien à la planète et aux populations locales.

« Ils ont ça au fond de leurs tripes depuis longtemps. Des quadragénaires qui veulent consommer autrement et transmettre certaines valeurs à leurs enfants ». Antoine Richard, cofondateur de l’agence Double Sens, sent croître depuis quatre ans l’intérêt des familles pour des voyages sensiblement différents. Aux antipodes du club en bord de plage avec loisirs et buffet à gogo, les séjours en immersion et les chantiers solidaires, sans grand confort et où il faut mettre la main à la pâte, ont la super-cote. « Les familles représentent 35 % de nos clients, alors qu’on n’avait jamais pensé à elles en fondant notre agence il y a dix ans », concède Antoine Richard. Partir quinze jours au Bénin ou à Madagascar en baroudant à la cool, puis consacrer une semaine à un projet solidaire concret, c’est la formule inventée par Double Sens. Des objectifs précis (construire un poulailler, animer un atelier informatique) et le partage du quotidien d’un village, dans un contexte safe, rendent ces aventures humaines accessibles dès quatre ans. L’agence a d’ailleurs été choisie par Air France pour son engagement dans douze pays, du Pérou à la Mongolie. Une vidéo tournée au Cambodge sera diffusée dans les avions pendant six mois, afin d’illustrer le concept de tourisme durable.

Faire du tourisme un bienfait pour l’avenir

Cette priorité mondiale, édictée par l’ONU pour 2017, doit faire du tourisme un bienfait pour l’avenir. La durabilité, telle que définie par les organismes internationaux, repose sur trois piliers : l’économie, le social et l’environnemental. Entre 2000 et 2015, on est passé de 674 millions à 1,2 milliard de touristes dans le monde. En quinze ans, deux fois plus de voyageurs ont parcouru la planète, mettant une pression croissante sur les ressources naturelles, la diversité culturelle. Il est temps de retourner la tendance. Cela passe par le soutien à des associations locales soigneusement sélectionnées (agricoles, éducatives, écologiques), le séjour dans de petites structures (chambres d’hôtes, auberges, chez l’habitant), la maîtrise de son empreinte sur la nature et ses hôtes.
Pour voyager durable en tribu, il faut en faire un projet familial, débriefer au retour. Chez Alter Echanges, microassociation de Laval, on a accompagné une famille vers le Burkina Faso, à l’initiative d’Amandine, 7 ans. « La gamine rêvait d’Afrique, le continent d’une copine de classe », explique son directeur, Joël Rezé. « Elle est devenue la meilleure amie des enfants de l’orphelinat local ».

©PHOTOPQR/LA PROVENCE/RUOPPOLO – Lâcher de tortues, aide aux populations locales et excursions « soft » pour la planête ont la cote.

Nomade Aventure fait du tourisme durable depuis quarante ans sans le savoir. Ce voyagiste a été le premier à recruter 100 % de guides locaux et compense les émissions de carbone pour ses clients, à hauteur de plusieurs centaines de milliers d’euros par an pour le groupe VDM auquel il appartient. L’agence privilégie les déplacements doux, à pied, en kayak, à cheval, et sensibilise, de par la nature de ses programmes, au respect de l’environnement. Ne strictement rien laisser après un campement, lire et adhérer à la charte ATR (« Agir pour un tourisme responsable »), mais aussi accorder des microcrédits. « Notre gros carton auprès des familles ? Un road trip soft au Sri Lanka, entre plage, nature, animaux, cueillette du thé », précise Fabrice Del Taglia, directeur de Nomade. Quel que soit le pays, un voyage « durable » renforce les liens parents et enfants. Et les familles recomposées en quête d’une vie à inventer ensemble.

De la Belgique au bout du monde, « durablement »

Tenté par l’aventure durable ? Plateforme belge de référence du voyage alternatif, Altervoyages regroupe et soutient le travail de ses seize membres belges et internationaux, organisateurs de voyages équitables. S’il n’est pas lui-même une agence de voyage à proprement dit, le projet a pour vocation de pouvoir aiguiller les futurs explorateurs vers des voyagistes résolument durables. Situé dans le Jardin Botanique de Liège, Altervoyages se veut également un lieu de rencontre et d’échange, un espace de dégustation de produits du commerce équitable et d’information sur les voyages alternatifs. Un café fairtrade, une carte du monde et un bon interlocuteur, et ce sont le Cap Vert, l’Australie, la Hongrie ou encore le Tibet qui s’offrent (presque) à vous.

Et puisque la vigilance reste toujours de mise lorsqu’il s’agit de secteurs extrêmement lucratifs comme celui du tourisme, mieux vaut toujours guetter les labels de voyages durables, qui garantissent la mise en place de vértiables démarches environnementables et solidaires : ATES, Green Globe, la Clef Verte ou encore l’Ecolabel européen sont les passeports des globe-trotters en quête de sens.

Article originellement publié sur parismatch-france par Anne-Laure Le Gall

Mots-clés:
voyage solidaire durable
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