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Sortie ce week-end : Et si on se baladait dans la campagne nivelloise ?

Vue du village de Monstreux, au cœur de la campagne brabançonne. | © Guy Focant

Voyages

Partez en escapade dans les villages de l’entité…

 

Par Frédéric Marchesani

Chef-lieu d’arrondissement administratif et judiciaire, Nivelles est une commune située au sud-ouest du Brabant wallon, à la frontière avec le Hainaut. C’est également la capitale du Roman Païs de Brabant, la partie francophone de l’ancien duché de Brabant qui, sous l’Ancien Régime, s’étendait bien au-delà de nos frontières, jusqu’aux villes néerlandaises de Breda et Bois-le-Duc. Depuis la fusion des communes en 1977, Nivelles a intégré les villages de Baulers, Bornival, Monstreux et Thines. Le patrimoine de la ville, d’une grande importance, est bien connu. La collégiale Sainte-Gertrude, inscrite sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie, est l’un des fleurons de cette région. Le territoire compte encore dix-huit monuments et sites classés, un nombre important pour une ville de cette superficie.

Les villages alentour sont moins connus. La ville a pourtant la chance d’être ceinturée de vert, ce qui permet aux citadins, une fois passé les faubourgs, d’atteindre très rapidement la nature. On retrouve alors la campagne brabançonne et ses fermes traditionnelles, ses paysages de plateau et son petit patrimoine populaire. La proximité des vallées de la Senne et de la Dyle a toutefois imprimé à la campagne périurbaine nivelloise un relief relativement accidenté. Nous vous proposons cette semaine de partir en balade dans les villages de l’entité.

Baulers

Planté au cœur d’un sol fertile fait d’argile, de marne et de sable, le village de Baulers a de tout temps favorisé l’agriculture. Possession, sous l’Ancien Régime, en alternance du chapitre de la collégiale de Nivelles et du duc de Brabant, le village abritait une seigneurie qui passa entre diverses mains, donc celles des seigneurs de Trazegnies. Presque faubourg de Nivelles, à l’est, il est le village le plus peuplé de l’entité et compte une multitude d’exploitations agricoles, presque toutes du XVIIIe siècle. Trois d’entre elles, les fermes de l’Abbaye, Cochet et Clabois, s’étendent sur un domaine de plus de cent hectares. L’église Saint-Rémi abrite un orgue classé, au même titre que son jubé, ses murs adjacents ainsi que les voûtes de la première travée. Il s’agit d’un instrument intégré à une construction classique bâtie en 1849.

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Bornival

Situé sur le plateau brabançon, le village de Bornival était lui aussi constitué en seigneurie sous l’Ancien Régime. Appelé Pourbais à l’origine, il prend son nom actuel dès 1315, lorsque le seigneur décide de renommer ses terres. Ce dernier voyait en cet endroit un val borgne, ce qu’on appelle de nos jours un cul-de-sac. L’activité était essentiellement agricole grâce à la présence d’un moulin banal et de la cense du Croiseau. De ce passé lointain subsiste le château seigneurial, également appelé ferme des Seigneurs ou encore cense du Castia. Gravement ruiné au XVIIIe siècle, il devient une carrière de pierre et disparaît malheureusement en partie. De nos jours, le site a conservé son imposant châtelet d’entrée, flanqué de deux tours circulaires du XVIIe siècle. Bien des maisons du village ont par ailleurs été érigées au moyen des pierres de l’ancien donjon.

Le village est également riche en patrimoine religieux. L’église paroissiale, dédiée à saint François d’Assise, est une charmante construction en briques, grès et pierre bleue des XVIIe et XVIIIe siècles. Elle conserve de remarquables bancs de style Renaissance datés de 1600. Plus loin dans le village, la chapelle Notre-Dame de Luxembourg, qui date de 1767, mérite aussi le détour.

 

La ferme des Seigneurs à Bornival et son imposant châtelet d’entrée. ©Guy Focant

Monstrueux

Niché au creux de la vallée de la Thines, Monstreux est un village du plateau brabançon, dans sa partie située entre Senne et Dyle. Les activités y sont presque essentiellement agricoles et une partie du village est bordée par le bois d’Arpes, une ancienne forêt charbonnière classée comme site. La bourgade est regroupée autour de l’église Saint-Michel, œuvre du prolifique architecte Emile Coulon. Bâtie en style néoclassique, elle a été rénovée en 1985. La charpente apparente et les colonnes en briques lui confèrent un style particulier : dans un triste état de délabrement, les voûtes, plafonnages et moulures ne pouvaient être sauvées et le projet de restauration visa dès lors à déshabiller les plafonds de l’édifice.

 

La ferme de l’Abbaye à Monstreux et son imposante cour polygonale. ©Guy Focant

Non loin de là, la ferme de l’Abbaye est un très bel exemple des fermes en carré typiques du Brabant. Bâtie dans le dernier quart du XVIIIe siècle, elle appartenait alors à l’abbaye de Wauthier-Braine. Elle possède une série de bâtiments disposés autour d’une cour intérieure polygonale précédée d’une porte cochère qui voisine, à gauche, avec une entrée piétonne.
Une balade sur les chemins entourant la bourgade vous permettra d’admirer quelques exemples de petit patrimoine populaire. C’est notamment le cas de la chapelle Notre-Dame et Saint-Joseph, érigée à l’initiative de Marie Clément et Marianne Cornet en 1750. Ce petit édicule baroque en pierre bleue est orné de volutes mais affiche un socle d’esprit gothique.

Thines

Ce quatrième et dernier village doit son nom à la rivière qui le traverse. Le lieu est connu depuis le XIIe siècle, époque où les frères du Temple, les Templiers, viennent s’établir à cet endroit. Leur commanderie, dite de Vaillampont, est l’un des hauts lieux patrimoniaux de la région. Charmante construction, l’église du village, dédiée à sainte Marguerite, a été bâtie en trois temps. La partie occidentale de la nef, de style roman tardif, date de 1200. La nef a été allongée, en style gothique tardif, au début du XVIIe siècle. Le chœur, de style classique, date pour sa part de 1774. Le sanctuaire présente ainsi un beau panel de divers styles architecturaux. A voir, comme tous les endroits de la région.

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L’église Sainte-Marguerite de Thines, édifice roman, gothique et classique. ©Guy Focant

La commanderie de Vaillampont

De la présence lointaine des chevaliers du Temple à Thines subsiste un exceptionnel bâtiment, aujourd’hui reconverti en lieu d’organisation d’événements. Le domaine est passé en 1312 à l’ordre de Malte après la suppression de l’ordre du Temple. La bâtisse devient en 1682 la résidence attitrée d’un commandeur de cet ordre de chevalerie. Le site compte alors un château, une basse-cour, une chapelle du XVIIe siècle et une ferme. Confisqué en 1796 par les autorités républicaines après l’annexion de nos territoires
à la France, il est ensuite mis en vente. De cet ensemble d’exception, seul subsiste l’imposant bâtiment agricole. On y trouve une habitation, une vaste grange en large et plusieurs dépendances volumineuses.

Poursuivre la découverte

La Maison du tourisme du Brabant wallon propose de multiples activités et promenades, dont un grand circuit de 117 km à parcourir à vélo sur les traces du Moyen Age en Hesbaye brabançonne. Une belle occasion de découvrir cette région qui, petit à petit, se pare de ses couleurs d’automne.

INFOS
www.destinationbw.be

Sous l’Ancien Régime, les chevaliers du Temple, puis l’ordre de Malte possédaient une commanderie à Thines. ©Guy Focant

 

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