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A la découverte de Silly : églises classées, fermes ancestrales, circuits pédestres…

Le château de Launnoy, à gauche, et les dépendances agricoles, à droite, se reflètent dans l’étang du domaine. | © Guy Focant

Voyages

Promenades champêtres dans le Hainaut

 

Par Frédéric Marchesani

La commune hennuyère de Silly se trouve au nord de la province, dans un triangle formé par les communes d’Ath, d’Enghien et de Soignies. L’entité est traversée par la Sille, ruisseau qui lui a donné son nom. Depuis la fusion de 1977, elle regroupe les anciennes communes de Bassilly, Fouleng, Gondregnies, Graty, Hellebecq, Hoves, Silly et Thoricourt. Ces villages se situent dans la région des plaines et du bas-plateau limoneux hennuyer, un ensemble paysager du nord-ouest de la Wallonie essentiellement agricole, où l’on retrouve beaucoup de labours ainsi que des herbages et quelques boisements. Le paysage patrimonial est semé de nombreuses belles fermes, souvent de la fin de l’Epoque moderne. Eglises et châteaux ponctuent également rues et sentiers de l’entité.

Des églises classées

Trois des nombreux lieux de culte de la commune bénéficient d’une mesure de classement. L’église de la Sainte-Vierge de Bassilly, située au cœur d’un cimetière emmuraillé, est un édifice hétérogène présentant une disposition peu commune.

La nef n’est bordée que d’un collatéral et d’une chapelle tandis que la tour, située hors-œuvre, est accessible uniquement de l’extérieur. L’ensemble est marqué par deux courants architecturaux fort répandus dans la région : le type tournaisien, pour le chœur daté de 1768, un style architectural qui fait la synthèse entre l’architecture classique française du XVIIe siècle et l’utilisation des matériaux locaux, principalement la brique et les diverses pierres bleues du Hainaut ; les autres parties de l’église, remontant aux XVIe et XVIIe siècles, sont caractéristiques du type gothique hennuyer, une forme qui s’est principalement développée dans l’ancien comté de Hainaut. L’église de Bassilly conserve toutefois des vestiges romans du XIIe siècle à la façade d’entrée ouest et gothiques du XIIIe siècle à la base de la tour. L’édifice a été classé comme monument le 30 novembre 1960.

L’église Saint-Amand à Hellebecq est un intéressant édifice remontant principalement à l’époque romane, puis transformé à la fin du XVIIe siècle. Le chevet, de style gothique tardif, est millésimé 1671 sur les stucs de l’arc triomphal qui le sépare de la nef. De l’époque romane, dans la seconde moitié du XIIe siècle, on trouve le vaisseau bâti en petit moellons de Lessines et de calcaire de Maffle (Ath). Le clocheton qui surmonte le sanctuaire a été ajouté à la charnière des XVIe et XVIIe siècles. Il est prolongé par une flèche octogonale. A l’intérieur, la nef est recouverte d’un remarquable plafond en chêne du début du XVIIe siècle. L’église a été classée comme monument le 24 décembre 1958.

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L’église de la Sainte-Vierge de Bassilly et son plan particulier. ©Guy Focant

L’église Saint-Maurice et ses Compagnons de Hoves est probablement un des bâtiments les plus remarquables de la région. Située à deux pas de l’ancienne motte seigneuriale, où s’élevait autrefois un donjon, elle a été érigée en style roman et gothique tardif en utilisant divers matériaux locaux : grès ferrugineux, schiste, calcaire et briques. Le caractère non homogène de ces matériaux s’explique par les diverses campagnes de construction qui se sont échelonnées du XIe au XVIIIe siècle. Des périodes les plus anciennes datent la nef et la tour de plan barlong. Le faux transept et ses deux chapelles ont été ajoutés dans le second tiers du XVIe siècle, tandis que le chœur est millésimé 1673

A l’intérieur, on ne manquera pas d’admirer le splendide plafond en berceau stuqué de très beaux motifs décoratifs datés de 1739. Dédiée au départ à saint Pierre, elle est affectée à saint Maurice, reconnu pour soigner les maux de tête, en 1425. Lieu de pèlerinage, l’église conserve des artefacts insolites : une série de couronnes en fer forgé qui étaient mises à la disposition des pèlerins venus demander l’intercession du saint pour soigner leurs douleurs. Le sanctuaire a été classé comme monument le 8 février 1946, puis comme site le 2 mai 1949.

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Fermes et châteaux

Pépite architecturale de la commune, le château de Thoricourt est remarquable par son homogénéité. Cet ensemble de la seconde moitié du XVIIIe siècle se compose d’un château daté de 1768 précédé d’une cour que bordent les pavillons d’habitation, l’écurie et la carrosserie. Le site compte également une superbe orangerie ajoutée en 1830 et une ferme castrale, le tout disposé au cœur d’un parc de 15 hectares. Le château, érigé par Charles-François de la Marlière tandis que la ferme a été bâtie par la famille Obert, propriétaire à partir de 1774, est une belle demeure en double corps de plan rectangulaire marquée par trois avancées de trois travées en façade, l’une au centre et les autres aux extrémités. La façade est typique du style tournaisien. La travée centrale est couronnée d’une corniche en pierre portant les armoiries des Obert et leur devise, décorée de feuillages. Le château est classé comme monument et site depuis le 7 juillet 1976.

A côté, l’ancienne ferme castrale affiche un beau badigeon blanc. Placée au sud de la cour d’honneur du château, elle forme un quadrilatère de type tournaisien de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le porche d’entrée est également flanqué des armoiries des Obert. Il voisine avec le logis, situé côté rue, et une aile composée d’une étable, d’une grange et d’une remise à voitures agricoles.

 

Le splendide château de Thoricourt. ©Guy Focant

Le village de Thoricourt abrite une autre demeure de prestige, le château de Launnoy, héritier de la seigneurie du même nom. Construit dans un parc arboré, en bordure d’un étang, il s’agit d’un édifice remontant au XVIIe siècle mais agrandi vers 1750. A côté, l’ancienne ferme castrale a presque disparu. Seuls le porche et des écuries ont été conservés. Jadis à l’abri de larges douves, ce corps de dépendances est dominé par une tour-porche carrée, renforcée de contreforts à la base et traversée par un passage charretier. On y trouve un cartouche aux armes des Auxy de Launnoy, propriétaires de la seigneurie depuis 1473. La tour abrite un colombier, privilège de la noblesse. Elle a été classée comme monument le 10 septembre 1991.

A Silly, dans la rue du Docteur Dubois, se trouve la ferme Bouillart. Cet ensemble clôturé du XVIIIe siècle groupe, autour d’une cour rectangulaire, des bâtiments en briques et pierre de taille. Fermant la cour, à gauche, une grange en long est millésimée 1790 par un jeu de briques sur le pignon à rue.

Des promenades sur les chemins de l’entité pourraient également vous mener vers le château de Fouleng, la ferme de Papignies à Gondregnies, le château de Graty, le moulin du Rieu à Hellebecq, le très joli château Rosier à Silly ou encore la ferme de Lombisœul à Thoricourt. La commune de Silly regorge d’édifices patrimoniaux qui attireront sans nul doute votre regard. n

Le saviez-vous ?

Le territoire est proche de la Flandre et bien des localités possèdent un nom équivalent au nord du pays. En néerlandais, Silly se traduit par Opzullik, qui signifie Haut-Silly, tandis que Bassilly se traduit par Zullik, qui signifie simplement Silly. Vu de Flandre, on regarde ces deux villages du bas vers le haut tandis que, vu de Wallonie, c’est l’inverse !

Des balades pleines de charme

La motte féodale de Hoves, classée comme site le 12 novembre 1981 ©Guy Focant

La commune de Silly compte près de 70 km de circuits pédestres balisés. Diverses promenades, plus ou moins longues et sur des thématiques propres, peuvent être téléchargées en ligne. La commune dispose également d’un réseau vélo. Silly fait partie du réseau EDEN, qui regroupe des destinations développant un tourisme durable et respectueux de l’environnement. Le EDEN Slow Tour permet, via une boucle de 25 km, de découvrir le patrimoine rural de l’entité. La balade est accompagnée d’un pique-nique composé de produits issus de l’agriculture locale. Le parcours passe en effet à proximité de plusieurs producteurs locaux dont on peut découvrir le travail et les produits. De quoi lier l’utile à l’agréable.

Syndicat d’initiative de Silly, rue du Docteur Dubois 2 à 7830 Silly www.silly.be/loisirs/tourisme – tourisme@silly.be – 068 33 16 06

 

La ferme Bouillart à Silly et son porche-colombier trapu. ©Guy Focant

 

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