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On vous emmène en balade à Aubange, Messancy et Musson

L’ancienne maison communale d’Halanzy. | © Guy Focant

Voyages

Situées à l’extrême sud de la province du Luxembourg, Aubange, Messancy et Musson sont trois communes frontalières avec le Grand-Duché de Luxembourg et la France.

 

Par Florence Pirard

 Le tripoint transfrontalier se situe au sud-est de la commune d’Aubange, à Athus, jouxtant Mont-Saint-Martin en France et Rodange au Grand-Duché de Luxembourg. Elles font partie de l’agglomération transfrontalière du pôle européen de développement. Cette situation géographique stratégique a permis à ces trois petites entités de développer une densité de population très importante, Aubange étant la troisième commune la plus peuplée de la province, derrière Arlon et Marche-en-Famenne.

Ces trois communes abritent un charmant patrimoine : églises, fermes, potales, maisons… Parmi les trente-sept biens classés, trente-deux sont des calvaires. Aubange en possède quatorze, Messancy dix-sept et un est installé à Musson. Un calvaire est un monument chrétien, un crucifix (croix sur laquelle est représenté Jésus crucifié) autour duquel se trouvent un ou plusieurs personnages bibliques. Le mot calvaire provient du latin « calvaria », lui-même provenant de l’araméen « golgotha ».

Le village d’Halanzy

Le village d’Halanzy est situé en Gaume et fait d’ailleurs office de limite linguistique entre la Gaume et le Pays d’Arlon. C’était une commune à part entière avant la fusion de 1977. Comme bien d’autres villages et communes de la région, elle connut sa période de gloire entre les XIXe et XXe siècles, grâce à son usine sidérurgique et à sa mine de fer. La trace d’une exploitation de minerai de fer apparaît pour la première fois en 1733. Il s’agit alors de paysans qui assurent l’extraction à titre complémentaire. Dans un premier temps, cette exploitation vise à alimenter les forges de la région. L’exploitation prend progressivement de l’ampleur. L’usine d’Halanzy est créée le 27 janvier 1881. L’activité s’achèvera en 1978. Tout près de la frontière française, on ne peut manquer les quelques habitations de ­mineurs regroupées autour du Chalet, aujourd’hui propriété privée.

L’ancien hôtel de ville d’Halanzy ­témoigne de cette période faste. Bâti en 1910, il mérite une visite pour son ­superbe préau d’inspiration Art nouveau.

Le village de Guerlange

Un calvaire remontant au XVIIIe siècle.©Guy Focant

L’église Saint-Martin de Guerlange est un édifice néogothique à une seule nef construit en 1857. A l’intérieur, on trouve une vasque baptismale datant de 1715, une chaire à prêcher ornée des visages des quatre Evangélistes désignés par leur symbole, et trois autels de style baroque provenant de l’ancienne église.

Au centre du village, l’ancien cimetière de Guerlange conserve des tombes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. A l’entrée du champ funéraire, un haut calvaire affiche son style baroque. Dans le fond, la partie arrière de l’ancienne église, détruite vers 1857, conserve quelques éléments gothiques.

Situé dans le hameau de Noedelange, à proximité de Guerlange, la ferme-château date pour sa construction originelle du XIVe siècle. Elle se compose d’un imposant corps de logis cubique transformé vers 1600, coiffé d’une toiture à quatre pans du début du XVIIIe siècle et de dépendances de 1844 millésimées par ancres. Le logis, la forge et les bâtiments de ferme donnant sur la cour intérieure, les murs d’enceinte et de soutènement du jardin ainsi que les alentours sont classés depuis 1988.

La seigneurie de Noedelange est citée pour la première fois en 1326 lors du mariage de Catherine de Noedelange avec Louis d’Outscheid. Elle est restée dans cette famille jusqu’en 1464. La famille de Gondershof leur succéda jusqu’à la fin du XVIe siècle, puis la famille de Goffart s’établit dans cette bâtisse jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Ensuite, le domaine est vendu à plusieurs reprises. En 1958, une famille d’agriculteurs acquiert cette propriété, toujours exploitée actuellement.

 

L’église Saint-Martin de Guerlange dans son harmonieux paysage. ©Guy Focant

L’entité de Messancy

Le petit village de Longeau a toujours été axé principalement sur l’agriculture. Dans la seconde moitié du XXe siècle, vu sa proximité avec le Grand-Duché de Luxembourg, Longeau a vu sa population augmenter fortement en raison de l’arrivée de travailleurs frontaliers (comme c’est le cas dans bon nombre de localités de la région). Il abrite quelques curiosités dont un charmant lavoir et un calvaire, en haut du village, sur la route de Guerlange.

A Hondelange, l’occupation des terres est ancienne : elle remonte à l’époque romaine. L’église est citée dès 1130 dans une charte de l’abbaye de Stavelot, d’ailleurs dédiée à saint Remacle. Reconstruit en 1891, l’édifice contient une Pietà en bois polychrome sculptée vers 1600. A proximité de l’église, dans l’ancien cimetière, la base de la tour de l’ancienne église a été aménagée en chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs. Des éléments architecturaux de dates diverses y ont été incorporés. Elle renferme une statue en pierre de saint Remacle datant du XIXe siècle.

 

A proximité de l’église Saint-Remacle à Hondelange, 
la base de la tour de l’ancienne église a été aménagée en chapelle Notre-Dame des Sept Douleurs. ©Guy Focant

Hommage aux morts des deux guerres

L’église Saint-Martin est reconstruite entre 1905 et 1907 en style néogothique, d’après les plans des architectes Van de Wijngaert et Rodesch, sur un ancien édifice religieux. L’édifice à trois nefs et au transept peu saillant abrite quelques statues intéressantes en bois polychrome, dont un Saint Sébastien du XVIIe siècle et une Vierge à l’Enfant du XVIIIe siècle.

Devant l’église, le calvaire dit « croix de justice » est élevé en calcaire sur une base surmontée d’un haut socle à quatre faces panneautées et aveugles. Le haut fût octogonal est muni d’un chapiteau sculpté sur quatre faces : le Christ en croix, la Vierge Marie, saint Martin de Tours et un personnage portant une tiare (un pape ?). L’édicule date probablement de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle.

Derrière le calvaire, sur la place Albert Goffinet, un monument rend hommage aux morts des deux guerres. Intégré dans le mur de clôture de l’église, un portail datant du XVIIe siècle d’inspiration Renaissance appartenant à l’origine à l’ancienne église de Musson fait office de réceptacle pour les plaques commémoratives du mémorial. L’emplacement de l’ancienne entrée du portail est divisé en deux registres horizontaux. Le registre inférieur présente une grande plaque qui commémore le martyre des civils de la commune.

Une femme éplorée tenant dans sa main une couronne de fleurs y figure, accompagnée de trois listes de noms. Quant au registre supérieur, il est orné de deux autres plaques : celle de gauche est dédiée à la guerre 1914-1918, celle de droite à la Seconde Guerre mondiale. Sur chacune d’elles on peut voir une représentation féminine s’apparentant à la figure allégorique de la Patrie tendant le bras et tenant une couronne de laurier au-dessus d’une liste de noms. Les deux travées extérieures du portail, rythmées par des pilastres toscans, sont pourvues de niches à voûte en coquille, aujourd’hui dépourvues de leurs statues. La travée centrale est surmontée d’un fronton courbe orné d’éléments végétaux. Le calvaire et le monument aux morts sont classés depuis 1996.

 

La place Albert Goffinet à Musson avec l’église Saint-Martin et le calvaire, dit « croix de justice ». ©Guy Focant

 

L’agglomération transfrontalière du pôle européen de développement

Cette agglomération urbaine transfrontalière regroupe vingt-cinq communes situées autour du tripoint Belgique-France-Luxembourg, dans la province du Luxembourg (Belgique), le département de Meurthe-et-Moselle (France) et le canton d’Esch-sur-Alzette (Grand-Duché de Luxembourg) : quatre belges, dix-huit françaises et trois luxembourgeoises. Elle forme un bassin de population de 149 610 habitants pour une superficie de 369,83 km². Avec le déclin de la sidérurgie dans toute la région, lors de la seconde moitié du XXe siècle, les différentes villes et communes ont dû trouver d’autres moyens d’assurer leur prospérité et surtout de se redynamiser d’un point de vue économique, social et démographique. Pour ce faire, plusieurs idées ont été menés à bien, et notamment des projets transfrontaliers entre les différentes communes des trois pays.

 

Trois entités et de très nombreux villages

La commune d’Aubange comprend Guerlange, Athus, Halanzy, Rachecourt, Aubange, Aix-Sur-Cloie et Battincourt. Celle de Messancy abrite Hondelange, Messancy, Wolkrange, Sélange, Habergy/Guelff, Longeau, Turpange, Bébange et Differt. Enfin, la commune de Musson regroupe Musson, Mussy-la-Ville et Signeulx.

Pour visiter Aubange, Messancy et Musson : www.visitaubange.bewww.arlon-tourisme.be

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