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Dinant : Et si vous visitiez une collégiale d’exception ?

La façade occidentale de la collégiale avec sa tour, surmontée d’un majestueux bulbe. | © Guy Focant

Voyages

Un riche patrimoine en bord de Meuse.

Par Frédéric Marchesani / Photos Guy Focant

Destination touristique incontournable, Dinant s’enorgueillit d’un riche patrimoine. La ville compte dix-sept monuments et sites classés, dont l’un est inscrit sur la liste du patrimoine exceptionnel : il s’agit de la célèbre collégiale Notre-Dame. Classée comme monument depuis 1941, elle se dresse fièrement en bord du fleuve et sous les rochers abritant la citadelle. Edifice incontournable du patrimoine wallon, figurant donc à juste titre sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie, elle mérite l’attention au détour d’une balade dans la ville mosane.

La tradition hagiographique nous apprend qu’un lieu de culte dédiée à la Vierge aurait été établi à l’emplacement de l’église actuelle dès l’an 320. Il s’agirait d’une fondation de saint Materne, premier évêque de Tongres, parti évangéliser la Haute-Meuse. D’autres textes nous apprennent qu’à la fin du XIe siècle, une fondation religieuse, confiée à une communauté de clercs, conservait les reliques de saint Perpète, évêque de Tongres-Maastricht décédé à Dinant au début du VIIe siècle et devenu le second patron de la ville.

 

La Meuse, la collégiale et la citadelle : trois points d’attraction touristiques et historiques forts de Dinant. ©Guy Focant

En 934, l’église est élevée au rang de collégiale par l’évêque de Liège Richer, qui la dote d’une communauté de treize chanoines. Nous ne connaissons pas grand-chose de cet édifice, qui fut modernisé aux XIIe et XIIIe siècles. En 1227, l’église, de style roman, est détruite par la chute d’un rocher et l’on procède à sa reconstruction. Débuté la même année, le chantier est soumis aux vicissitudes du temps et aux rentrées financières. Il ne se termine qu’au milieu du XVe siècle.

L’histoire de la collégiale sera ponctuée d’autres événements tragiques. Elle souffre du sac de la ville mené par les Bourguignons en 1466, puis par les troupes du duc de Nevers en 1554. Pillée à la Révolution française, elle compte enfin parmi les victimes de la Grande Guerre. Ville martyre, Dinant fut presque rayée de la carte en 1914. En plus d’un drame humain, avec l’exécution de 674 civils, et de la perte de nombreuses maisons, il fallut compter avec la destruction totale des charpentes de la collégiale.

De l’église romane subsiste le portail septentrional, en grès houiller et aujourd’hui muré, qui porte au centre du tympan une Vierge à l’Enfant en majesté. Erigée en calcaire, la nouvelle église adopte un plan en croix latine avec un sanctuaire ceinturé par un déambulatoire sans absidioles.

L’imposante façade principale, située à l’ouest, a été érigée au tournant des XIVe et XVe siècles. L’avant-corps, de style gothique, possède deux tours de trois étages, chacun percé de petites baies ogivales. Cette disposition est assez rare dans l’ancien diocèse de Liège et a peut-être été inspirée par celle de la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège, son église-mère. Le portail central est surmonté d’une vaste baie et d’un petit oculus, le tout couronné d’un impressionnant clocher bulbeux reconstruit quasiment à l’identique, selon les plans de 1566, après l’incendie de 1914.

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Le chœur de la collégiale abrite un retable représentant des scènes de la vie de la Vierge. ©Guy Focant

Le portail méridional, par contre, est orné de deux intéressants groupes sculptés des environs de 1340 : une Résurrection du Christ et un Couronnement de la Vierge, malheureusement assez endommagés. Avec la construction de ce portail, le premier, qui présente un Agneau mystique et un Couronnement de la Vierge, fut muré. L’espace intérieur ainsi aménagé fut converti en baptistère après le sac de 1466. On y installa les fonts baptismaux, dont on sait – détail unique – qu’ils furent commandés en 1472 à Lambert Art de Namur. Il s’agit d’une cuve octogonale avec quatre têtes finement sculptées.

L’élévation de la nef est à trois registres, avec un élégant triforium à remplage flamboyant qui court tout le long de l’édifice. La voûte de la nef, comme celle du transept, a été réalisée après l’incendie de 1466 consécutif au sac de la ville par les troupes commandées par Charles le Téméraire, agissant au nom de son père, Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Le transept et le chœur, bâtis dans le deuxième tiers du XIIIe siècle, constituent les parties les plus anciennes de la collégiale. Comme bien d’autres lieux de pèlerinage, l’église est dotée d’un déambulatoire. Dans le fond de celui-ci se trouve un enfeu, un casier étanche en élévation. A l’origine, il contenait le sarcophage qui abritait les reliques de saint Perpète, patron de la ville de Dinant.
La collégiale abrite de multiples œuvres d’art.

 

 La nef de la collégiale avec, à droite, la statue de saint Lambert réalisée en 1741 par Simon Cognoulle. ©Guy Focant

La statuaire moderne y offre notamment des représentations de saint Materne et saint Lambert, réalisées en 1741 par le sculpteur Simon Cognoulle et placées contre les premiers piliers de la nef. Elles proviennent de l’église Sainte-Catherine de Maaseik, dans le Limbourg, et ont été achetées en 1868. Plus loin, la chaire de vérité porte l’effigie des quatre évangélistes et de saint Materne également. Elle date du XVIIIe siècle. Dans le croisillon nord, on admirera le buste-reliquaire de saint Perpète, réalisé en 1671 par l’orfèvre athois Lenoir et qui reste l’unique témoin conservé à Dinant des reliques de son saint patron. Les autres reliquaires ont disparu à la Révolution française.

Dans le chœur, le maître-autel est orné d’un très beau retable de la fin du XIXe siècle. Œuvre des frères Blanchaert et polychromé par Jules Helbig, il est consacré à la vie de la Vierge, seconde patronne de l’église. Enfin, on ne manquera pas d’admirer deux tableaux d’un des enfants du pays, le peintre Antoine Wiertz.

Une visite à la collégiale

La collégiale de Dinant fait partie du réseau Eglises ouvertes. Ouverte de 9 h à 18 h d’avril à octobre et de 9 h à 17 h de novembre à mars, elle est accessible tous les jours. Des visites guidées gratuites sont organisées tous les dimanches de juillet et août à 15 h et toute l’année, sur réservation auprès de la Maison du tourisme, pour les groupes. En juillet et août, vous pouvez assister aux séances de répétition des organistes tous les dimanches à 16 h 30.

INFOS
082 22 28 70 ou collegialededinant@skynet.be

 

Dinant, patrie d’Adolphe Sax, rend hommage à l’enfant du pays sur le pont Charles de Gaulle, situé en face de la collégiale. ©Guy Focant

 

 

 

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