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Jemeppe-sur-Sambre et La Bruyère : Deux adorables communes namuroises

Elevé sur un éperon rocheux, le superbe château de Mielmont. | © ©Guy Focant

Voyages

De nombreux atouts patrimoniaux, culturels et naturels sont à y découvrir le temps d’un beau week-end printanier.

 

Par Florence Pirard / Photos Guy Focant

Au nord de la province de Namur, la commune de Jemeppe-sur-Sambre (à ne pas confondre avec Jemeppe-sur-Meuse, en province de Liège) et la commune de La Bruyère abritent ensemble dix biens classés comme monuments et/ou sites au patrimoine de Wallonie.

Jemeppe-sur-Sambre est une commune tout en contrastes, située à la charnière de deux régions, la Hesbaye et le sillon industriel de la Sambre. Elle est traversée par la Sambre et l’Orneau. Le nord de l’entité garde une physionomie rurale (Spy, Onoz, Balâtre et Saint-Martin), alors que le sud est marqué par la présence de nombreuses entreprises (Jemeppe, Ham, Moustier et Mornimont).

L’entité de La Bruyère est composée des anciennes communes d’Emines, Rhisnes, Villers-lez-Heest, Warisoulx, Bovesse, Meux et Saint-Denis. Cette commune rurale et agricole de la Hesbaye namuroise est située entre les villes de Gembloux et Namur et arrosée par le Houyoux, un affluent de la Meuse.

A Jemeppe-sur-Sambre, accrochée sur le flanc d’un vallon dans lequel coule un ruisseau, la ferme-château de Balâtre, classée depuis 1997, domine le paysage. L’imposant ensemble fortifié en moellons calcaires s’est développé en quadrilatère à partir d’un donjon médiéval. Cet ancien fief est tenu au début du XIIIe siècle par Nicolas de Condé et Isabelle de Morialmé. Il passe ensuite dans les familles de Seilles en 1380, del Juverie en 1406, T’Serclaes en 1511, Tilly en 1652 et de Ponti jusqu’à la Révolution française. La vaste grange date du XVIIe siècle. Une tour carrée donne sur la place du village, au charme rural.

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Le château-ferme de Balâtre, accroché sur le flanc d’un vallon. ©Guy Focant

A Saint-Martin, la tour de Villeret est un ancien donjon érigé au XIIIe siècle au bord d’un promontoire dominant la Ligne et son affluent, le ri de Saint-Pierre. L’ensemble se compose actuellement du donjon et de quelques murs, vestiges des constructions périphériques. Le donjon de Villeret se démarque des autres maisons fortes de Wallonie par l’importance exceptionnelle qui y est accordée à la lumière et au confort. Il est l’exemple le mieux conservé d’un habitat seigneurial médiéval en Wallonie et se voit, pour cette raison, classé comme monument depuis 1978 et inscrit la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie. Le donjon compte quatre niveaux : des caves voûtées, un rez-de-chaussée et deux étages.

Le village d’Onoz abrite quelques pépites et forme un magnifique ensemble classé, notamment avec le château de Mielmont, le moulin à eau d’Onoz et la chapelle de Montserrat.
Le château de Mielmont était le siège d’une seigneurie hautaine de Namur, construite à la frontière de l’ancien duché de Brabant et citée en 1125 comme propriété de Renier de Merlemont. La seigneurie passe successivement aux des Merlemont, Dave à partir du milieu du XIVe siècle, Sainte-Aldegonde au XVIIe siècle, Roose de Leeuw et Coloma au XVIIIe siècle, Beauffort depuis 1831.

Elevée sur un éperon rocheux dominant la vallée de l’Orneau, dans un très beau site boisé, la forteresse est de plan irrégulier. L’ensemble, ponctué de tours, est bâti du XIIe au XXe siècle en moellons de calcaire. Les bâtiments sont disposés autour d’une cour plus ou moins triangulaire ouverte sur la vallée. Agrandi au fil des siècles par ses propriétaires successifs, le site a peu à peu perdu son importance militaire pour devenir une résidence de prestige à partir de la Renaissance.

Au XVIe siècle, l’aile sud est reconstruite par les Dave. Dans la façade donnant sur la cour, quelques percements d’origine subsistent, notamment des fenêtres chaînées à croisée et le linteau d’une fenêtre de cave portant la devise « Desir Na Repos Davre / 1570 ». Le XIXe siècle est marqué par d’importants travaux effectués par les Beauffort de 1870 à 1875, dont résulte notamment la chapelle néogothique. Au sud, une vaste ferme clôturée en calcaire des XVIIe et XVIIIe siècle est établie à partir d’un quadrilatère du XVIe siècle jadis relié au château.

Au bord de l’Orneau, le vieux moulin n’est plus en activité aujourd’hui, mais sa roue mue par la rivière rappelle l’importance de la force motrice de l’eau, exploitée ici dès le XIVe siècle. Construit en calcaire dans un style traditionnel, il a sans doute été reconstruit dans la première moitié du XVIIe siècle. La large porte est surmontée d’un puissant linteau droit portant les initiales D et C et la date de 1575 sous un cartouche gravé, comme au château de Mielmont, de la devise des Dave. L’ensemble a été fortement restauré.

 

La roue mue par l’Orneau rappelle l’importance de la force motrice de l’eau, exploitée ici dès le XIVe siècle. ©Guy Focant

En empruntant le sentier du Tienne aux Tchérettes, sur les pas des voyageurs médiévaux, le promeneur atteint le plateau et la chapelle de Montserrat. Bâtie au XIXe siècle sur le site d’un ancien ermitage, elle est encore le lieu d’un culte populaire rendu à la Vierge noire. Une réplique de la statue médiévale du couvent espagnol de Montserrat trône au cœur de l’édifice.

Du côté de La Bruyère, classé comme monument depuis 1982, le presbytère de Rhisnes, au nord de l’église Saint-Didier, est situé dans un jardin emmuraillé. Cette maison d’allure classique à deux niveaux, en moellons de grès chaulés, est construite et aménagée au XVIIIe siècle. A Saint-Denis, l’église de la fin du XVIIIe siècle, de style classique, est précédée à l’ouest par une forte tour romane.

Au dernier étage, des arcs à peine brisés déchargent des baies jumelées refaites après des dégâts de guerre en 1941-1942. La tour est couverte d’une bâtière d’ardoises à croupes et coyau. Du mobilier datant du XVIIIe siècle (autels classiques en bois, banc de communion et confessionnaux), des statues des XVIe et XVIIe siècles et de nombreuses pierres tombales, dont deux lames funéraires gothiques dans la nef (XIVe-XVe siècles), sont à découvrir à l’intérieur de l’édifice. L’église Saint-Denis est classée comme monument depuis 1947.

A l’extérieur du village de Villers-lez-Heest brille une très belle et atypique église néogothique, construite en 1891 par l’architecte Edmond Jamar. Inspirée de l’architecture anglaise avec sa tour crénelée caractéristique, l’église Saint-Georges abrite du mobilier antérieur (bénitier à quatre têtes en calcaire), des statues de saint Georges, saint Hubert et saint Roch et une dalle funéraire de Colar Michar († 1387). Autant de beautés à découvrir.

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Organisez votre visite

De très nombreuses informations pour organiser sa visite sont reprises sur les sites de l’office du tourisme de Jemeppe-sur-Sambre et du syndicat d’initiative de La Bruyère.
www.jemeppe-sur-sambre.be/loisirs/tourisme
www.labruyere.be/loisirs/tourisme

Sur les pas de l’homme de Spy

La grotte de Spy, un site paléolithique exceptionnel, 
le plus important de Belgique. ©Guy Focant

Dédié au plus célèbre habitant de la région, l’Espace de l’homme de Spy regroupe le Centre d’interprétation de l’homme de Spy et l’office du tourisme de Jemeppe-sur-Sambre. Le centre d’interprétation, installé dans l’ancienne station de captage d’eau construite en 1906 et classée en 2004, propose un parcours scénographique où sont abordés la découverte de l’homme de Spy en 1886, l’importance du site, et toutes les facettes de la vie quotidienne d’un homme de Néandertal il y a plus de 30 000 ans.

La grotte de Spy, creusée dans du calcaire carbonifère déposé il y a plus de 300 millions d’années, surplombe la vallée de l’Orneau. Ce site paléolithique a été fouillé à de nombreuses reprises et ses courtes galeries, vidées de leur contenu, n’abritent plus aujourd’hui que les promeneurs. En 1886, une équipe liégeoise y découvre des ossements humains. L’archéologue Marcel De Puydt et le géologue Max Lohest, rejoints plus tard par le paléontologue Julien Fraipont, mettent au jour des fossiles néandertaliens associés stratigraphiquement à une industrie moustérienne. Deux autres niveaux sous-jacents livrent des industries aurignacienne et gravettienne. Cette découverte exceptionnelle contribua à faire admettre par la communauté internationale l’existence d’un type humain plus archaïque que l’homme moderne : l’homme de Néandertal.

Le bois de la Betche al Rotche (Bec aux Rochers) est parcouru de sentiers de promenade qui invitent à la détente. Le site présente une riche biodiversité, entre des milieux rocheux calcaires à flanc de colline et des zones humides en fond de vallon, le tout environné d’une magnifique forêt. La grotte de l’homme de Spy, ainsi que l’ensemble formé par cette grotte et les terrains environnants, sont classés depuis 1981.

INFOS

Le site classé de la grotte de Spy est libre d’accès. Vous pouvez y parvenir à pied, soit au départ de l’Espace de l’homme de Spy via un sentier longeant l’Orneau, soit depuis un parking situé au bout de la rue du Pajot, à Spy. Pour en savoir plus : www.hommedespy.be

L’église Saint-Georges de Villers-lez-Heest avec sa tour crénelée d’inspiration anglaise (1891). ©Guy Focant

 

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