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Les moulins d’Arenberg, curiosité incontournable du Brabant wallon

La Senne avec, à gauche, le petit moulin et, à droite, le grand moulin et sa haute cheminée. | © Guy Focant

Voyages

Visite au coeur du patrimoine industriel de la jeune province.

 

Par Frédéric Marchesani / Photos Guy Focant

Le village de Rebecq, à l’ouest de la province du Brabant wallon, est le chef-lieu de la commune du même nom. Il est traversé par la Senne et offrait autrefois au passant un paysage parsemé d’une multitude de moulins. De nos jours, il en subsiste deux, le petit et le grand, plus connus sous le nom de moulins d’Arenberg. Fleurons du patrimoine rural brabançon mais également industriel, ils sont à découvrir.

Les plus anciennes traces écrites attestant l’existence de ce complexe de moulins remontent à 1467. Leur histoire à l’Epoque moderne reste toutefois mal connue. Ils appartenaient alors aux seigneurs d’Enghien qui, à partir de 1606, deviennent ducs d’Arenberg. C’est à eux qu’on doit le nom actuel du complexe. Après la Révolution française et la perte par les ducs de leurs privilèges, les moulins deviennent la propriété de meuniers privés. Le grand moulin poursuit ses activités de meunerie jusqu’en 1964, tandis que le petit moulin fonctionne jusqu’en 1972. Dès 1973, l’administration communale de Rebecq rachète les lieux et procède à la restauration de l’ensemble.

En 1975, un musée y est inauguré. Outre la meunerie, il évoque également l’histoire de l’exploitation du porphyre, autre grande activité industrielle de la région. Cette roche magmatique, utilisée comme pierre ornementale ou en sculpture, était en effet extraite dans les carrières de Quenast, un village de la commune de Rebecq. Depuis le début de l’année 2021, un projet de revalorisation du site pour un montant de 2,5 millions d’euros est à l’étude.

 

©Guy Focant

Datant du XIIIe siècle ou plus vraisemblablement du XIVe siècle, le grand moulin est une imposante bâtisse formée de briques et de pierre. Il se situe sur la rive gauche de la Senne et a été reconstruit entre 1858 et 1860. Les parties les plus anciennes actuellement visibles remontent toutefois au XVIe siècle. Ses quatre niveaux sont percés de nombreuses fenêtres et portes. Au départ, le moulin comptait deux roues à aubes en bois et servait à moudre l’orge, l’avoine et le seigle.

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Vers 1820, les roues en bois sont remplacées par une grande roue métallique de 7,50 m de diamètre, toujours en place, bien qu’immobile. Le mouvement était transmis à six couples de meules par l’intermédiaire d’une roue dentée, encore visible à l’intérieur, et de courroies de cuir.

Vers 1900, les meules sont enlevées et le grand moulin devient une fabrique de bas en soie artificielle. Cette activité nouvelle utilise l’énergie hydraulique ainsi qu’une machine à vapeur, pour laquelle est érigée une haute cheminée cylindrique en briques. Cette nouvelle activité ne dure qu’une quinzaine d’années, avant d’être arrêtée par la guerre. Le moulin est ensuite réaffecté à la fabrication d’aliments pour le bétail. Le projet de revalorisation actuel a pour but d’y installer une turbine pour produire de l’électricité verte et de procéder à la rénovation de l’enveloppe extérieure.

Le petit moulin est situé sur l’autre rive de la Senne. Erigé à la suite d’un octroi du 15 juin 1756 accordé par le duc d’Arenberg à Jean-François Wyvekens, il servait alors à moudre du froment. A la fin du XIXe siècle, des bâtiments de ferme sont érigés à côté. La roue extérieure, en bois, est remplacée en 1912 par une turbine provenant du moulin de Quenast, détruit par un incendie deux ans auparavant. Les meules d’origine, elles, sont toujours en place. On accède à ce petit moulin grâce à un pont équipé de vannes qui, autrefois, régulaient le débit du bief de la roue du grand moulin. Le petit moulin a été restauré au milieu des années 1990.

 

Les roues dentées du mécanisme du grand moulin. La machinerie du grand moulin. Les deux moulins sont reliés par un pont.©Guy Focant

Visitez les moulins

Le grand moulin abrite le Musée du porphyre. On y découvre des outils anciens, des minéraux, une ancienne berline et de nombreuses photographies évoquant la vie et le travail des carriers. Des expositions temporaires y sont régulièrement organisées. Le musée a été entièrement rénové en 2017. Le petit moulin abrite une forge et une ancienne machinerie toujours en état de fonctionnement. Le meunier travaille sur place et commente la fabrication de la farine. Une Maison de la bière y est aménagée, en collaboration avec une brasserie locale : située à Quenast, la brasserie Lefebvre brasse notamment la Barbãr, les bières de l’abbaye de Floreffe et la Blanche de Bruxelles. Le musée peut se visiter toute l’année, pour les groupes, sur réservation. En été, il est accessible aux familles pour des visites à thème.

INFOS

Rue du Docteur Colson 8 à 1430 Rebecq
info@rebecq.be
Musée du porphyre : 067 28 78 11
Maison de la bière : 067 28 78 18

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2. La façade principale du grand moulin.
3. Les roues dentées du mécanisme du grand moulin.
4. La machinerie du grand moulin.
5. Les deux moulins sont reliés par un pont.

Le petit moulin d’Arenberg abrite la Maison de la bière.

Le grand moulin accueille le Musée du porphyre, musée de la pierre qui conserve notamment une berline provenant des carrières de Quenast.

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