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À la découverte de la jolie et discrète commune brabançonne de Ramillies

Ramillies et ses nombreux charmes ! | © Guy Focant et W. Hemptinne

Voyages

Elle est située à l’est de la province de Brabant wallon, au cœur de la Hesbaye. Voici quelques-unes de ses perles.


Par Florence Pirard / Photos Guy Focant et W. Hemptinne

Ramillies est constituée de nombreux villages et hameaux : Autre-Eglise, Bomal, Geest-Gérompont, Grand-Rosière, Hédenge, Hottomont, Huppaye, Le Chenois, Molembais-Saint-Pierre, Mont-Saint-André, Petit-Rosière, Offus et Ramillies. Cette région est caractérisée par l’ampleur des horizons découverts, par l’absence de massif forestier, par la concentration de l’habitat et, surtout, par l’importance de la couverture limoneuse, qui fait la richesse des cultures pratiquées (principalement des betteraves sucrières et des céréales) et lui vaut le surnom poétique de « grenier à blé de la Belgique ».

La réputation du nom de Ramillies repose sur la célèbre bataille qui s’y déroula le jour de la Pentecôte 1706, dans le cadre de la guerre de succession d’Espagne. Elle opposa les troupes de John Churchill, duc de Marlborough, à la tête de l’armée alliée anglo-hollandaise, et celles de François Neufville, maréchal de Villeroy, qui commandait l’armée franco-espagnole en compagnie de l’Electeur de Bavière. La victoire revint au duc de Marlborough.

 

Un poteau indicateur en fonte ©W. Hemptinne

Le patrimoine de Ramillies, riche et varié, du plus prestigieux au plus anecdotique, comprend treize biens et sites classés. Sur le territoire de l’entité trônent quatre poteaux indicateurs en fonte peinte, datant de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe siècle. Posés sur une haute base octogonale décorée de glyphes et de besants en saillie, ils portent un couronnement en forme de pomme de pin. Voilà de très beaux exemples de petit patrimoine populaire wallon.

Le tumulus, dit tombe d’Hottomont, est situé à 40 m de la chaussée romaine Bavay-Tongres. Cette tombe gallo-romaine, datée d’entre la fin du Ier siècle et le début du IIIe siècle après J.-C., est érigée sur un point culminant dans un paysage agricole bien dégagé. Aujourd’hui, ce tertre de terre, planté d’arbres et cerné d’une haie, est un des plus grands de Wallonie, avec des dimensions impressionnantes : environ 50 m de diamètre et 10 m de hauteur. Le tumulus est répertorié sous le nom de « tombe d’Hottomont » sur la carte 114 de l’atlas de Ferraris de 1777. En 1921, des fouilles officielles révèlent un tambour périphérique de moellons, ainsi qu’une urne romaine contenant des ossements incinérés. Le site est classé depuis 1971 et inscrit sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie.

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Le tumulus d’Hottomont. ©Guy Focant

L’église Saint-Remy de Gérompont mérite aussi le coup d’œil. Sa tour a été retouchée en 1641 et 1777, comme l’indique la pierre commémorative scellée au-dessus de la porte. A l’intérieur, un beau mobilier est conservé. On y trouve une chaire de vérité et des confessionnaux de style Régence (début XVIIIe siècle), ainsi que de remarquables autels et boiseries dans le chœur, de style Louis XV et Louis XVI, attribués au sculpteur Jacques de Jauche. Plusieurs belles dalles funéraires anciennes sont conservées, parmi lesquelles celle de Guillaume d’Offus (1546) et Paul le Rousseau (1601). L’église est entourée d’un cimetière emmuraillé.

A découvrir également, l’église Saint-Pierre de Molembais, un édifice néogothique sobre et homogène construit en 1845 et consacré en 1853. Elle a remplacé un oratoire très ancien, attesté dès 1139 et placé sous le patronat de l’abbaye d’Heylissem pendant l’Ancien Régime. L’édifice abrite de superbes fonts baptismaux, classés comme monument, au contraire de l’église. De style gothique, ils ont été sculptés dans la pierre bleue au XVe ou XVIe siècle. Typique de cette époque, ils comportent des têtes d’angle.

 

Le chœur néogothique de l’église Saint-Pierre de Molenbais. ©W. Hemptinne

Très belle bâtisse, la ferme de Chantraine à Huppaye était une commanderie des hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, fondée entre 1173 et 1175 sur proposition du comte Gilles de Duras. Elle fut le siège principal de l’ordre dans nos contrées. Les bâtiments sont incendiés dans la première partie du XVe siècle et ensuite reconstruits. Ils ont été restaurés dans les années 1990-2000.

Petit-Rosière est notamment caractérisé par son église et son ancien presbytère. A l’écart des habitations du village, sur une petite butte, l’église Saint-Symphorien a été érigée vers 1760. A côté du sanctuaire, dans un jardin clôturé, se trouve l’ancienne cure. Cette belle maison à double corps du troisième quart du XVIIIe siècle est classée comme monument. L’église Saint-Hubert de Ramillies est une construction plus récente. Elle a été érigée en style éclectique en 1868 sur les plans du prolifique architecte provincial Emile Coulon. En face, le presbytère est protégé par une mesure de classement.

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Le presbytère de l’église Saint-Symphorien de Petit-Rosière. ©Guy Focant

La haute cense de Ramillies, exploitée par l’abbaye de Villers-la-Ville, a été vendue à la Révolution. Etablie en amont de l’église et dominant au sud le noyau villageois, cette imposante ferme comprend des constructions en briques des XVIIIe, XIXe et XXe siècles disposées autour d’une grande cour rectangulaire pavée. Dominant la cour au nord, face au porche et visible de loin dans les campagnes environnantes, le monumental corps de logis de la fin du XIXe siècle est percé de nombreuses baies.

L’église Notre-Dame de la Délivrance d’Autre-Eglise était autrefois une chapelle secondaire dépendant de la paroisse Saint-Feuillien d’Hédenge. Elle était alors surnommée « l’autre église », tradition populaire qui a donné son nom à la localité. Depuis, le siège de la paroisse y a été déplacé, l’église Saint-Feuillien est devenue une chapelle secondaire, et Hédenge un hameau dépendant d’Autre-Eglise. Le sanctuaire, de style classique, a été bâti entre 1759 et 1766.

 

 La haute cense de Ramillies ©Guy Focant

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