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Durbuy : Connaissez-vous vraiment la plus petite ville du monde ?

Vue aérienne de la ville. | © G. Focant et W. Hemptinne

Voyages

La commune est un pôle majeur du tourisme en Wallonie. Partez à sa découverte, c’est un bonheur garanti.

 

Par Florence Pirard / Photos G. Focant et W. Hemptinne

Petite ville de la province du Luxembourg encaquée entre des collines calcaires et entourée par des territoires de voisins puissants (la principauté de Liège et la principauté abbatiale de Stavelot-Malmedy), Durbuy-Vieille-Ville doit son importance et son développement à sa topographie.

A l’origine, Durbuy est un îlot avec un bout de rocher où se dresse le donjon seigneurial, siège du pouvoir féodal. Elle acquiert le statut de ville en 1331, après avoir reçu une charte de franchise du roi de Bohème Jean Ier, comte de Luxembourg, et devient alors un siège administratif et judiciaire.

Aujourd’hui, Durbuy présente un très beau centre ancien composé de ruelles pavées, bordées de bâtiments des XVIIIe et XIXe siècles dont l’architecture présente une belle homogénéité. Haut lieu du tourisme wallon, il accueille chaque année un grand nombre de visiteurs.

L’anticlinal a plus de 300 millions d’années

Le sommet de l’anticlinal offre un magnifique panorama sur la ville. ©W. Hemptinne

L’anticlinal, aussi appelé le rocher d’Omalius en souvenir de Jean-Baptiste d’Omalius d’Halloy, précurseur de la géologie moderne, est également connu sous le nom de roche à la Falize. Jean-Baptiste d’Omalius a décrit pour la première fois ce rocher : il s’agit d’un exemple caractéristique de ce type de plissement rocheux, analogue à l’anticlinal de Wavreille (Rochefort).

L’anticlinal de Durbuy, situé dans la ville, est une vitrine extraordinaire pour la géologie régionale. Ce rocher en forme de A provient de l’accumulation au fil de millions d’années de sédiments marins. Les couches ainsi constituées se révèlent à la surface du sol en bandes longitudinales et se disposent symétriquement par rapport à l’axe du pli. Le poids de leur superposition finit par convertir en pierre les sédiments, englobés dans le carbonate de calcium qui compose au moins 50 % de la roche calcaire. Les plissements et chevauchements ainsi que l’érection finale de l’anticlinal sont provoqués par les rapprochements et écartements perpétuels des continents.

Cet anticlinal a plus de 300 millions d’années. Le point culminant de la ville se trouve au sommet de ce rocher et offre un magnifique panorama sur Durbuy.

Cité aux origines médiévales

Le château de Durbuy et l’église Saint-Nicolas. ©Guy Focant

Le château de Durbuy est perché sur le piton rocheux qui domine l’Ourthe de 25 m. Le complexe castral, dont l’origine remonte au Moyen Age, lorsque les comtes de Durbuy y demeuraient, est encore partiellement cerné des murailles de la ville. Les bâtiments de calcaire n’ont cessé de se transformer et de s’amplifier au cours des siècles jusqu’en 1880-1882, date des derniers aménagements tels qu’ils nous sont parvenus aujourd’hui, y compris le porche d’entrée actuel du château.

Au départ d’un donjon médiéval dont ne subsiste qu’une face au nord-ouest, le vaste logis est édifié principalement entre les XVe et XVIIIe siècles. Il est couvert d’une toiture d’ardoises à la Mansart, ponctuée de très nombreuses lucarnes à pavillon. A l’est et au nord du logis, deux tours circulaires sous poivrière sont façonnées au XIXe siècle sur un mode néo-traditionnel.
Accessible depuis le château par une galerie du XIXe siècle et perchée sur de hauts murs de soutènement, une tourelle semi-circulaire implantée au sud, peut-être encore médiévale, est raccordée à un petit bâtiment oblong à étage où se trouve un puits. Les ruines de facture gothique de la chapelle castrale, qui remonte vraisemblablement aux XIVe et XVe siècles, dominent la rue.

Pour favoriser l’essor de Durbuy, le comte de Luxembourg Jean l’Aveugle († 1346), qui fut également roi de Bohême, lui accorde une charte de franchises. La première mention de la halle date de 1380, mais les éléments les plus anciens du bâtiment actuel ont été datés par dendrochronologie des années 1530 ; le pignon à rue en fait partie. L’ancienne halle est incontestablement le bâtiment en pans-de-bois le plus impressionnant de la ville. C’est aussi l’ensemble le plus vaste connu à ce jour en région liégeoise pour le XVIe siècle.

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L’ancien couvent des Récollets. ©Guy Focant

Une importante campagne de fouilles archéologiques, préalable à une restauration intégrale de l’édifice, a mis au jour les fondations de la première halle, qui présentait un plan et une orientation similaire au bâtiment actuel. Vers 1530-1540, l’ensemble de l’édifice a été reconstruit en pans-de-bois. La façade, en encorbellement, reposait sur six consoles, dont deux seulement sont aujourd’hui conservées ; l’une représente la folie, l’autre la sagesse. Au XVIIe siècle, la halle, qui était deux fois plus longue, abritait une cuisine et un corps de garde, mais le reste du rez-de-chaussée était ouvert et servait de marché couvert. A l’étage se trouvaient deux pièces identiques à celles du rez-de-chaussée et une vaste salle d’audience à la disposition des autorités urbaines. Les termes pans-de-bois et colombages sont aujourd’hui utilisés indifféremment.

En 1639, le bâtiment est raccourci à l’arrière et fermé par un nouveau pignon en pierre. Avec le déclin de la production sidérurgique dans le bassin de l’Ourthe, c’est également à ce moment que la fonction de la halle change : elle cesse d’être un marché pour n’être plus que le siège de l’autorité administrative et judiciaire de la ville. Au XVIIIe siècle, l’édifice subit encore quelques transformations avec la création du grenier actuel, la construction du mur en pierre au rez-de-chaussée de la façade avant et l’aménagement des grandes baies vitrées au premier étage.
Avec la fin de l’Ancien Régime, la halle devient une habitation privée avant d’être rachetée par la Ville de Durbuy. Après une longue phase de restauration en grande partie prise en charge par la Région wallonne, elle a retrouvé récemment sa vocation publique en devenant le lieu de diverses manifestations culturelles.

 

La halle aux blés est incontestablement le bâtiment en pans-de-bois le plus impres-sionnant de la ville. ©Guy Focant

Aujourd’hui récemment reconverti en résidence, l’ancien couvent des Récollets a connu une existence mouvementée depuis sa fondation en 1625. Comme bien d’autres édifices religieux, le couvent est malmené à la Révolution, puis supprimé en 1796 sous le régime français. En 1809, son église est cédée à la commune de Durbuy, en remplacement de l’église paroissiale en ruine. Le couvent est quant à lui affecté aux services de la gendarmerie et de l’administration communale. Les lieux abritent également une école, la justice de paix, la prison et le receveur des contributions. En 1859, une partie des bâtiments est transformée en orphelinat avant d’être à nouveau occupée par un ordre religieux en 1861, celui des Filles de la sagesse. Au XXe siècle, les lieux ont également abrité un établissement scolaire.

De la partie primitive érigée en 1629 ne subsistent que deux ailes : le presbytère actuel et l’aile parallèle à l’église Saint-Nicolas. L’aile située du côté de la rue des Récollets a été construite au XVIIIe siècle et modifiée au siècle suivant. C’est également le cas d’une autre aile placée dans le prolongement de celle-ci. Dans le jardin du presbytère, au centre de l’ensemble, subsistent les traces de quatre arcades en plein cintre de l’ancien cloître. L’église, aujourd’hui paroissiale, a été érigée en deux temps : la nef date de 1642 et le chœur de 1774. Le monument est classé depuis le 20 avril 1988. Bonne découverte !

Organisez votre visite

Située en province du Luxembourg, la commune de Durbuy est un lieu d’accueil reconnu pour sa diversité dans l’hébergement, la gastronomie, les activités culturelles et sportives : parc des Topiaires (buissons sculptés), parc d’aventures (Adventure Valley Durbuy), kayak, labyrinthe estival dans un champ de maïs de
11 hectares à Barvaux, musée d’art moderne et contemporain, musée d’art sacré, galeries d’art, maison des mégalithes à Wéris, visites guidées de la vieille ville, balades gourmandes… Plus de 180 km de promenades pédestres balisées, 175 km de circuits VTT, un réseau point nœuds de 350 km et des pistes trail offrent de multiples possibilités de découvrir cette belle région.

INFOS

N’hésitez pas à visiter le site www.randos.be ou à vous rendre dans les bureaux de Durbuy Tourisme, place
aux Foires 25 à Durbuy.
086 21 24 28
tourisme@durbuy.be

 

©W. Hemptinne

 

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