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À découvrir : La beauté magistrale de la collégiale Sainte-Gertrude à Nivelles

Consacré en 1046, le nouvel édifice présente toutes les caractéristiques du style ottonien. | © Guy Focant

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Elle rayonne à l’ouest du Brabant wallon. Un édifice majeur !

 

Par Florence Pirard / Photos Guy Focant

La ville est le chef-lieu de l’arrondissement administratif et judiciaire de Nivelles. L’origine de Nivelles remonte au VIIe siècle, lorsque l’épouse de Pépin de Landen, maire du palais d’Austrasie, fonde une communauté religieuse dont leur fille Gertrude († 659) sera la première abbesse.

L’abbaye double – une abbaye d’hommes et une abbaye de femmes, toutes deux sous l’autorité de la mère abbesse – et royale devient le lieu d’un culte important, tant sainte Gertrude fait l’objet d’une grande vénération durant le Moyen Age. L’abbaye est le moteur du développement de Nivelles qui se transforme peu à peu en une importante ville marchande du duché de Brabant, atteignant son apogée au XIIIe siècle avant de subir les aléas de l’Histoire.

Sa collégiale romane est aujourd’hui inscrite au patrimoine exceptionnel de Wallonie. Les fouilles archéologiques ont mis au jour plusieurs édifices successifs. L’église actuelle, devenue collégiale au IXe siècle avec un chapitre d’hommes et un autre de femmes, est reconstruite à partir de l’an mil. Consacré en 1046 par Wazon, évêque de Liège, en présence de l’empereur Henri III, le nouvel édifice présente toutes les caractéristiques du style ottonien : imposante nef accostée de deux bas-côtés, double transept surbaissé à l’est et à l’ouest, vaste crypte coiffée d’un chœur surhaussé et un avant-corps monumental qui n’acquit sa physionomie actuelle qu’à la fin du XIIe siècle, voire au XXe siècle pour son clocheton.

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Une curiosité anime la tour sud : un jacquemart, c’est-à-dire un automate, frappant une cloche. ©Guy Focant

De manière générale, les bas-côtés, le transept oriental et ses chapelles, ainsi que les murs latéraux du chœur oriental et l’imposant pignon Saint-Pierre (mur sud du transept oriental) trahissent une architecture romane plus récente que celle de la nef et du transept occidental. Le bombardement du 14 mai 1940 détruisit, par l’incendie qui s’ensuivit, l’ensemble des toitures et une grande partie du cloître, anéantissant du même coup la superbe châsse gothique en argent doré (1272-1298), dont il ne demeure plus que quelques fragments. Deux campagnes de restauration ont néanmoins permis de rendre à la collégiale son lustre d’antan.

L’intérieur impressionne encore davantage par ses dimensions spectaculaires : 100 m de long d’un chœur à l’autre, 25 m de large au vaisseau, 44 m dans le transept oriental et 20 m entre le plafond de la nef et le sol. Un élément rappelle qu’avant de connaître son état actuel, le sanctuaire a fait l’objet de différents aménagements au cours des siècles : la très belle chaire de vérité de Laurent Delvaux, en marbre et chêne, représentant Jésus et la Samaritaine (après 1734).

La collégiale abrite un carillon de concert composé de quarante-sept cloches dont certaines portent les charmants noms de Bechette, Nonette, Stillet, Gertrude… Il existe vingt-trois carillons de concert en Wallonie, dont deux dans le Brabant wallon. Une curiosité anime la tour sud : un jacquemart en laiton doré, automate de 2 m de haut et pesant 350 kg, y frappe une cloche. A voir et à entendre toutes les heures.

La nef aux proportions majestueuses.©Guy Focant

Organisez votre visite

L’office du tourisme de Nivelles vous propose des visites de Sainte-Gertrude et de la ville, ainsi que des forfaits combinant la visite de la collégiale et une attraction touristique majeure de la région. L’église est accessible tous les jours de 9 h à 17 h, à l’exception du dimanche, où elle est ouverte de 14 h à 17 h. Des visites guidées de l’église, de la crypte, du sous-sol archéologique et de la salle impériale sont organisées tous les jours à 14 h. Durée : 1 h 30.

Prix : 6 €/adultes ; 5 €/seniors et étudiants ; 2 €/enfants de 6 à 12 ans ; gratuit pour les enfants de moins de 6 ans.

La Collégiale et ses illustres défunts

La collégiale abrite plusieurs sépultures de personnalités, dont notamment l’abbesse sainte Gertrude, décédée en 659 : elle est inhumée dans la chapelle funéraire dédiée à saint Pierre. Himiltrude, la première épouse de Charlemagne, repose dans la nécropole sous la collégiale. On y trouve aussi la princesse Ermentrude, décédée à l’âge de 2 ans, vers l’an 1000 : elle était la petite-fille d’Hugues Capet, roi des Francs. Citons enfin le mausolée d’Albert-François et Ferdinand-François de Trazegnies.

La double abbaye, vue du ciel. ©Guy Focant
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